CINQUIÈME CAUSE DOCTRINALE DU COMMUNISME
L 'enseignement d'état. — Suite : La morale
quil enseigne.
Duo mata fecit populos meus : me dereliquerunt fontem aquœ viuœ, et fodcrunt sibi cisternas, cistcmas dissipatas , quœ continere non valent aquas.
Mon peuple a fait deux maux: ils m'ont abandonné , moi , la fontaine d'eau vive, et ils se sont creusé des citernes, des citernes enlr'ouvertes , et incapables de retenir les eaux. (Jérémie, ch. 2, v. 13.)
Le communisme sort donc, par toutes les voies, de l'enseignement de l'état; il est la conséquence immédiate , nécessaire des doctrines enseignées par la philosophie, par l'histoire, par la littérature, par les sciences , par le catéchisme même de l'état. Pour pouvoir le nier, il faudrait abjurer la logique, briser l'intelligence, ou révoquer en doute les faits de cet enseignement les plus authentiques , les plus manifestes, les plus nombreux, le témoignage de l'opinion publique elle-même.
Voici, en effet , comment elle s'en explique par
les journaux les plus célèbres et les plus dévoués jusqu'ici à l'enseignement d'état.
« L'école éclectique, écrivait, il y a six ans (6 « novembre 1842), le journal les Débats, l'école éclec- « tique, pour l'appeler par son nom, est aujour- « d'hui maîtresse, et maîtresse absolue des généra- « tions nouvelles ; elle occupe toutes les chaires de « l'enseignement.... Le public a donc le droit de « demander compte à cette école du pouvoir absolu « qu'elle a pris et que nous ne lui contestons pas, « d'ailleurs. Elle a beaucoup fait pour elle , nous « le savons; mais qu'a-t-elle fait pour le siècle? Où « sont ses œuvres , ses monuments , les vertus « qu'elle a semées, les grands caractères qu'elle a « formés, les institutions qu'elle anime de son souf- « fie ? Il est malheureusement plus facile de s'adres- « ser ces questions que d'y répondre. Qu'est-ce « que Dieu? Qu'est-ce que lame? Qu'est-ce que « l'univers? Pourquoi y a-t-il quelque chose? Le « monde est-il éternel et infini, sans bornes, dans « le temps ni dans l'espace? L'Ame est-elle ma- « térielle ou immatérielle? Est-elle libre, ou sou- « mise à la nécessité? Survit-elle à la dissolution du « corps, ou périt-elle avec lui? Voilà les problèmes « sur lesquels on se déclare incompétent, et sur les- « quels on propose à l'humanité de se résigner à « l'ignorance , à l'indifférence éternelle. »
C'était déjà, certes, un mal immense que de laisser sans solution toutes ces grandes questions , fondement de l'ordre social; mais nous avons vu