TION MORALE
« Quant à la morale dans l'université (ou l'enseignement d'état, « écrivait Le National, un peu avant septembre 1842), « l'exemple et les paroles « des hauts dignitaires ne tendent qu'à inculquer :c une seule maxime : chacun pour soi. »
« On continue bien , quoiqu'avec réserve, à donce ner pour sujet de lecture ou d'amplification les « traits de dévouement et de patriotisme qu'offre ce l'histoire de nos pères; mais ce n'est pas la faute ce des maîtres, si quelques jeunes têtes prennent ces ce belles leçons au sérieux et songent à les appliee quer. On leur inculque la pensée qu'il faut, avant
« tout, faire de bonnes affaires et le plus prompt e- « ment possible. Les enfants de nos campagnes ap- « prennent à mépriser le travail lent et honorable « de leurs pères , pour se jeter tous dans les grands « centres de population , où, pourvu qu'ils aient « quelque facilité d'élocution et peu de conscience , « ils sont à peu près sûrs de faire fortune. »
« Nous renonçons à tracer ici le sombre tableau « qui est malheureusement sous nos yeux. Mais « que nos lecteurs songent un instant à ce que le « régime où nous vivons a fait d'une grande par- « tie de la jeunesse française, et ils pourront trop « aisément suppléer à ce que nous taisons. Ils com- « prendront que si, dans l'armée, dans l'adminis- « tration , dans le barreau , dans les professions « appelées libérales, dans l'industrie, on voit tant « d'hommes n'avoir souci que de leur intérêt per- « sonnet, et fouler aux pieds tout ce qui fait obsta- « de à leurs passions, c'est que V éducation première « dont l'université est responsable y a fait place chez « nous à une école d'égoisme et de corruption pré- « maturée.... »
Ainsi parlaient le Siècle, le Globe, la Presse, presque tous les journaux. Mais l'enseignement d'état ne s'est pas contenté de poser seulement tous les principes du communisme, il a tiré et enseigné souvent les conséquences mêmes de ces principes.
Citons encore.
« Le bon sens , enseigne M. le grand-maître Gui- « zot, veut le succès, et l'intérêt public ne s'atta-