PREMIÈRE PARTIE. I
« organique dont les divers membres sont comme la « véritable physiologie des totalités bien réelles qui « ont leur vie à part, et qui en même temps se pénè- « trent si intimement , qu'ils conspirent tous à « l'unité de la vie générale. » (i)
Ainsi, nous sommes bien expressément les membres du Dieu-tout, et le communisme et tous les forfaits qui l'accompagnent , sont des vertus ordonnées et accomplies par Dieu même. C'est une chose sublime , quelques massacres qui accompagnent son triomphe; et ceux qui, par le meurtre, le vol et l'incendie, le font réussir, sont des grands hommes.
M. le grand-maître, premier directeur de tout
(1) M. Proudhon, dans ce discours fameux qui a jeté tant d'émoi dans la Chambre, a dit: « La révolution de février a été un « fait, le 16 mars a été un fait, les ateliers nationaux un fait, le « 1 7 mars un fait , le 16 avril un fait , le 15 mai un fait , le suffrage « universel un fait, l'insurrection de juin un fait. Tous ces faits, « unis entre eux , se légitiment dans l'histoire et au point « de vue de la Providence. (Oh! oh! violents murmures!) Au « point de vue du droit, de la légalité , tout cela est incohé- « rent, contradictoire, sans principe; il ne s'y trouve que de « la force. Nous pouvons aujourd'hui restreindre le droit au « travail, faire une constitution comme nous l'entendrons, aucun « principe ne nous rallie, pas même la propriété ! Que nous reste- « t-il donc ? la force ! Notre autorité ne vaut que tant qu'elle n'est « pas contestée et que nous sommes les plus forts. » (Murmures.) {Moniteur, 1er août 1848.)
Nous demandons à tous les hommes de bonne foi si ces doctrines ne sont pas identiquement les mêmes que celles de M. Cousin et de ses professeurs. On les condamne, on les flétrit à la tribune, et l'état force tous les enfants de la France à les adopter dans les écoles! Voyez encore les bases du fouriérisme, plus haut, pag. 61.
l'enseignement philosophique et moral de l'état, va plus loin encore, si possible : Fragment. Préface de la ire édit. pag. 69-70. « La liberté est « V idéal du moi; le moi doit y tendre sans cesse, « sans y arriver jamais ; il en participe, mais il n'est « point elle ; il est la liberté en acte, non la liberté « en puissance ; c'est une cause , mais une cause « phénoménale et non substantielle.... Il implique « que rien de substantiel ne se rencontre dans quoi « que ce soit de phénoménal; — \i\ faut donc ad- « mettre) une activité substantielle , antérieure et « supérieure à toute activité phénoménale, qui pro- « duit tous les phénomènes. » Or, cette activité substantielle , c'est le fond de toute la philosophie de l'état; c'est ce qu'elle appelle la force à l'absolu, Dieu , nature et humanité. D'où il suit que l'homme et toutes ses œuvres n'ont rien de réel, que ce sont autant de phénomènes de la force-Dieu, que toutes sont dignes de louanges et d'adoration comme œuvrer divines: vol , spoliation , massacres, impudicités de tout genre, communisme, en un mot; et que les tribunaux et les législateurs quels qu'ils soient, inséraient que des monstres d'absurdité et de cruauté, s'ils ne trouvaient une excuse dans la même fatalité , ou plutôt, leur fatale raison d'être dans le même Dieu-tout.
Absurdités sans nom , anarchie sans limites, despotisme sans frein, avec la fatalité pour principe' et tous les crimes pour moyens! voilà donc les vertus et l'ordre social résultant logiquement , in-