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contestablement de l'enseignement de l'état. Proudhon et tous les communistes du monde vont-ils jusque là? tirent-ils toutes les conséquences des doctrines que, vingt-cinq ans durant, on a forcé, au nom dé l'état, avec les budgets de l'état, toute la jeunesse française, de recevoir et d'adopter sous peine d'ilotisme ?
Voici encore une conséquence morale des principes de l'enseignement d'état , que le communisme saura apprécier : « Le corps tient à l'âme par des « rapports trop intimes; il lui est trop nécessaire, « comme instrument d'action, pour être traité avec « indifférence, non qu'en lui-même il ait des droits « à des soins qui lui soient propres ; en lui-même « il n'est que physique. Effet de l'ordre, partie du « monde , il y aurait sans doute de la folie , et par « conséquent, quelque mal h le détruire sans raison, « à le mutiler par caprice ; cependant, après tout., « il n'y aurait pas crime et injure; ce serait une « atteinte à la nature, et non à un être moral. » (Essai sur t histoire de la philosophie au 19e siècle, tom. 11. pag. ^57.) Or, comme le corps ne change pas de nature pour appartenir à un autre que moi , à la bête même, il suit très-clairement, très-nécessairement que l'homicide, l'incendie, tous les attentats sur les corps ou sur les fortunes, ne sont pas plus crime ou injure que le suicide, le meurtre d'un oiseau, la flétrissure d'une fleur. Bien plus, comme les communistes croiraient avoir d'excellentes raisons pour se permettre toutes ces choses, savoir , la con-
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quête de légalité dans la communauté des biens et des femmes, il suit très-clairement encore qu'il n'y aurait pas même quelque mal pour eux à en venir là. Aussi M. Cousin faisait-il à ses élèves, dit M. Pierre Leroux, l'éloge de Robespierre et de g3, et était-il sans scrupule un des chefs du carbonarisme français sous la restauration.
« Est-ce donc un si grand crime , » dit le premier professeur après M. Cousin, et son premier disciple, « d'avoir pensé d'une manière plutôt que d'une « autre? Nous voudrions que ceux qui prodiguent « la haine ou la proscription , à propos d'opinions (même communistes), « réfléchissent un peu sur « la manière dont une opinion s'adopte, et cher- « chassent avec un peu d'exactitude jusqu'à quel « point celui qui l'embrasse est responsable de l'a- « voir embrassée.... On arriverait bien vite à voir « tout ce qu'a d'absurde et d'injuste l'intolérance.... « Y a-t-il quelque chose de plus ridicule que d'en « vouloir aux philosophes du 18e siècle , d avoir « pensé ce qu'Us ont pensé? C'est comme si on se « fâchait contre la toupie qui tourne sous le fouet « de l'enfant : ce n'est pas la toupie qui est coupa- « ble, c'est l'enfant.... Ce n'est donc point Voltaire « ni ses amis qui sont coupables , c'est leur temps. « Ce n'est point eux que leurs opinions compro- « mettent , mais leur époque. »
— Il y a bien plus, car il ajoute : « Les siècles ne « sont pas plus coupables de leurs opinions que « les hommes des opinions de leur siècle. » ^Jouf-
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froy , Mélanges philosophiques : De la Sorbonne et des philosophes.)
Plus loin il dit encore : « Le mal pour la force (plante , animal ou homme) , « c'est l'imperfection « du développement qui est la conséquence de sa « nature.... Il y a mal pour elle, parce quelle lutte..., « que son développement est borné et fini.... Le « mal n'est point quelque chose de positif, c'est « V imperfection du bien ou de V ordre; ce qu'on doit « dire de lui , c'est qu'il est imparfaitement bon..., « que son ordre n est point complet. »
Voilà la morale enseignée au nom de l'état, vingt ans durant , à tous les candidats-professeurs de l'École normale , ce qu'ils ont enseigné à leur tour d'une extrémité à l'autre de la France. Blanqui , Proudhon , Cabet, Barbes, le communisme tout entier a-t-il fait pire , en a-t-il fait autant?
Ces doctrines, jointes à une profession d'athéisme rédigée par l'auteur lui-même avant de mourir, comme fruit des enseignements de l'état, ont reçu pourtant de M. le grand-maître Villemain , dans la personne du professeur défunt, la plus haute approbation , et il n'a pas craint d'assurer que l'enseignement des autres professeurs ressemblait, dans toute la France, autant qu'il dépendait de lui, aux enseignements de celui-ci.
Le célèbre ministre de l'Instruction publique , après avoir fait le plus magnifique éloge du professeur Jouf froy, dans son discours pour la distribution des prix de concours de 1 842 , termine en effet par
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le vœu solennel que tous les collèges soient pourvus, « par une succession constante, s'il est possible, uY « maîtres tels que celui qui fit entendre, dans l'en- « ceinte de la Sorbonne , de si pures leçons, et que « le conseil de l'Instruction publique , ('académie « et la tribune , regrettent si justement pour sa sa- « gesse et ses lumières. » (Almanach de l'université, i343. pag. 24 j.)
« Machiavel est le chef de cette école politique « qui croit tout permis pour la délivrance de la « patrie», enseigne à son tour le professeur favori de M. le grand-maître Guizot, M. Guillaume J.ibri de Bagnano. « S'il était né au milieu d'une dé- « mocratie puissante , il aurait prêché r insurrection « et de nouvelles vêpres siciliennes ; venu dans de « temps de décadence et de servitude, il a voulu « confier à un chef hardi et astucieux les destinées « de son pays. Il ne s'est pas proposé de former un roi < bon, mais un despote fort et propre au combat; et « les hommes qui aiment le plus f Italie sont encore « à se demander s'il reste d'autre espoir. » (Histoire des mathématiques , lortJ. 111. pag. 4- Ouvrage envoyé par l'état, aux frais des contribuables, à toutes les bibliothèques de France.)
Chacun interprétant et devant interpréter à son gré le bien de la patrie, tous les crimes, tous les genres de forfaits des communistes , l'assassinat même du général Bréa et de son aide-de-camp, ne sont-ils pas justifiés par de telles doctrines '
<r L'amour de soi est donc nécessaire, » enseigne à