PREMIÈRE PARTIE. 1 Gf
« des souffrances inutiles. En disant ceïa , il de- « manda de l'opium avec instance. Comme on le « lui refusait , il l'exige avec sa violence accoutu- « mée ; pour le satisfaire, on le trompe, et on lui « présente une coupe , en lui persuadant qu'elle « contenait de l'opium ; il la saisit , avale le breuvage « qu'il croyait mortel, et paraît satisfait. Un instant « après, il expire. »
Or, tous ces enseignements , comme les précédents, sont descendus des écoles supérieures et secondaires aux écoles normales des maîtres des écoles du peuple, avec une partie des livres qui les contiennent et les journaux qui en font l'éloge ; ils sont descendus par eux jusqu'à ces dernières écoles elles-mêmes avec la souveraineté de la raison.
« Nos sentiments , » dit le Manuel des écoles primaires , moyennes et normales, de M. l'inspecteur Matter , celui qui a si artistement loué les gnostiques , sans excepter ceux mêmes qui font consister la morale dans la communauté des biens et des femmes (plus haut, pag. 56 et suiv.) « nos sentice ments sont, les uns, physiques, les autres, moraux : « la douleur que nous cause une blessure est phy- « sique, la douleur que nous cause la mort d'un « ami est morale: il ne s'agit, dans l'éducation mo- « raie, que des sentiments moraux.... Nos senti- « ments moraux émanent, d'un coté, de dispositions « primitives, de facultés naturelles dont notre âme « a été douée par le Créateur, et se développent , « d'un autre côté, par les sensations physiques de
« la. douleur kt du plaisir. Dès les premiers jours « de la vie, nos sensations révfii.tint et fois mi m « nos sentiments. Nous aimons ce qui nous cause « des sensations agréables , ce qui satisfait nos ap- « petits naturels , ce qui flatte nos instincts piiv- « sfques; nous /laissons tout ce qui les contrarie; « nous regardons le plaisir comme un bien, ta doi- « LEUR comme un mal. »
« Le plaisir et la douleur sont ainsi nos premie- « T'es sensations , l'amour et la haine nos premiers « sentiments, LES NOTIONS DU RIEN ET Dl « MAL, NOS PREMIÈRES IDÉES. Ces idées, ces « sentiments, ces sensations, se rapportent au plry- « sique; mais telle est dans lliomme la liaison du « physique et du moral, que, du physique, ces pre- « mières leçons s'appliquent bientôt au moral. »
« Ces sentiments viennent d'un principe ou d'une « faculté de l'âme que nous appelons sensibilité. « Elle nous est donnée avec notre nature. Elle vient « du Créateur ; elle est conforme aux lois morales « qu'il a tracées pour tous les êtres raisonnables. « Ces lois ne sont autre chose que la volonté di- « fine , et c'est parce que notre sensibilité morale « vient de Dieu, que notre volonté doit être con- « forme à celle de Dieu. On appelle volonté la re- « solution que nous prenons d'agir en vertu de nos « sentiments. » (De l'éducation morale, chap. vin.)
Ainsi, les lois morales sont la volonté divine, et la volonté divine est la sensibilité , et lu volonté humaine conforme à la volonté di\ ine, est la résolu-