‹ Un éclair avant la foudre ou Le communisme et ses causesChapitre 84 sur 162 · PREMIERE PARTIE. ] - I · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE. ] - I

lion d'agir en vertu de nos sentiments. Donc , lout ce qui est conforme à la sensibilité , ou cause des sensations agréables ; tout ce qui flatte nos instincts physiques et satisfait nos appétits naturels, est moral ; tout, ce qui les contrarie est immoral ; voilà le bien que nous devons aimer , voilà le mal que nous devons haïr ; telles sont les notions du juste et de l'injuste, du bien et du mal. Qu'on trouve, si Ton peut, chez les peuples les plus barbares, chez les communistes les plus avancés, des principes de morale plus immoraux , plus destructeurs de toute vertu, de tout devoir, de tout dévouement réel , de tout ordre social.

« En présence du désert et de la belle vallée du Nil , » dit aussi l'historien des classes de sixième et des écoles normales primaires , « la pensée reli- « gieuse conçut le dualisme des principes : le bien « et le mal , la richesse et la fécondité.... » Et plus loin : a L'Asie soumet l'homme aux influences les « plus diverses, et détermine, on aura beau le nier, « son rôle historique et moral. La liberté humaine « proteste vainement contre ces lois fatales , il lui « faut plier le genou. Dans cette vaste partie du « monde , les hommes relèvent et dépendent du « sol. » (Burette, Cahiers d'histoire naturelle. Cours de sixième, ie cahier, pag. 97 et 98.) On y voit même notion matérielle du bien et du mal que dans MM. Damiron et Matter, même fatalisme que chez MM. Cousin et Jouffroy. Ce sont bien là, et dans les mêmes termes, les doctrines de Proudhon et du com-

niunisme: le mal , le péché , c'est la misère , et la véritable vertu, c'est le bien-être, l'égalité, la lutte contre la religion, ou le socialisme.

« Le bien, disent les Entretiens sur la morale , de maître Pierre , approuvés pour toutes les écoles d'adnltes-hommes, et par conséquent , pour toutes les écoles normales primaires , « le bien a son exis- « tence substantielle en Dieu : c'est donc ce qu'il y a « de plus positif, puisque c'est l'être par excellence. « Au contraire, ce triste phénomène que nous ap- « pelons le mal, est une négation : c'est l'absence « du bien , c'est la ruine du bonheur, de la liberté , « de la science. Ce n'est point un être, ce n'est point « un principe , c'est un simple phénomène dépourvu « de toute réalité substantielle (ainsi que l'homme, « les animaux, les plantes, les lois et les gouver- « nements, comme a dit plus haut le grand-maître « Cousin....) L'acte réalisé n'est ni eon ni mau- « vais; il flotte au milieu des agitations de la ma- « tière, laisse sur son passage un désordre acciden- « tel, et se perd dans le monde phénoménal ; le mal « n'est que dans ï intention de l'agent.... » (Pag. 62 et suiv.)

Or, dans le communisme, l'intention est bonne: le désir de se rendre heureux et d'affranchir le monde des servitudes de la propriété; les moyens, assassinat, vol, incendie, guerres civiles, ne sont rien , tout au plus un désordre accidentel qui se perd da/is le monde phénoménal. Qif avez-vous donc, hommes de l'état, magistrats île l'étal , d'après

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