‹ Un éclair avant la foudre ou Le communisme et ses causesChapitre 94 sur 162 · PREMIERE PARTIE. IQI · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE. IQI

Or, dix pages plus loin (69) , il dit: « Connaître « le bien, ce n'est pas l'aimer; l'homme n'en a pas la « connaissance innée : mais sitôt que sa raison le lui «■fait connaître , sa conscience le porte à l'aimer ; « c'est ce sentiment qui est inné. »

Ainsi, voilà la conscience, ce guide infaillible naguère, placée maintenant dans la dépendance absolue de la raison trompeuse , récusée tout à l'heure, à toutes sortes de droit. La conscience, par elle-même , est aveugle ; elle ne connaît le bien , et par conséquent le vrai, et ne peut les aimer qu'autant que la raison les lui fait connaître. // (l'homme) choisit le bon, comme il a jugé le vrai; s'il juge faux, il choisit mal. (pag. 46.) La conscience est donc aussi sujette à s'égarer que la raison même. Ailleurs , et presque à chaque page, il déclare de nouveau que la règle souveraine des croyances dogmatiques et morales, c'est cette même raison, qui si souvent nous trompe et que nous avons trop de droit de récuser. Mon entendement borné ne conçoit rien sans bornes , dit-il; tout ce quon appelle infini m'échappe; QUE PUIS-JE NIER, AFFIRMER? QUELS RAISON- NEMENTS PUIS-JE FAIRE SUR CE QUE JE NE PUIS CONCE- VOIR ? (pag. 5a.)

Il dit encore (note de la page 60): « La philoso- « phie moderne, qui n'admet que ce qu'elle expli- « que , n'a garde d'admettre cette obscure faculté ap- « pelée instinct, qui paraît guider sans aucune con- « naissance acquise, les animaux vers quelque fin. » Et il s'efforce de prouver que ce guide doit être

admis , quoiqu'on ne puisse ni l'expliquer ni le comprendre.

Donc, à la base de toute doctrine, de toute recherche de la vérité , contradiction absolue, scepticisme inévitable et qui va tout diriger. Suivons , dans ses détails, la profession de foi.

— Dieu : « Cet être qui veut et qui peut, cet être cf actif par lui-même, dit-il (pag. 37.), cet être enfin, « quel qu'il soit, qui meut l'univers et ordonne tou- « tes choses , je l'appelle Dieu. Je joins à ce nom les « idées d'intelligence , de puissance , de volonté, que « j'ai rassemblées, et celle de bonté qui en est une « suite nécessaire: mais je n'en connais pas mieux « l'être auquel je l'ai donné ; il se dérobe également « à mes sens et à mon entendement; plus j'y pense, « plus je me confonds : je sais très-certainement

« qu'il existe et qu'il existe par lui-même , mais

« sitôt que je veux le contempler en lui-même, sitôt « que je veux chercher où il est, ce qu'il est, quelle « est sa substance, il m'échappe, et mon esprit trou- « blé n'aperçoit PLUS RIEN. »

Il ajoute encore (pag. 58.) : « Que si je viens à «découvrir successivement ces attributs, dont/e « n ai nulle idée absolue, c'est par des conséquences « forcées , cest par le bon usage de ma raison : mais a Je les affirme sans les comprendre , ET DANS LE « FOND, C'EST N'AFFIRMER RIEN. J'ai beau me « dire : Dieu est ainsi tje le sens , je me le prouve ,je « n'en conçois pas mieux comment Dieu peut être « ainsi. Enfin, plus/e m'efforce de contempler son

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