PREMIÈRE PARTIE
— Des propriétés!
— J'ai faim , j'ai soif; la sueur ruisselle sur mes membres brûlés par un soleil de feu ; j'ai besoin de repos. Le monde est à moi aussi bien qu'il est à vous, et la terre est notre mère commune.
— Je possède.
— De quel droit?
— Par droit de naissance.
— Les lapins qui naissent au fond du terrier, et les loups que leur mère allaite à l'antre reculé de la foret, n'ont pas plus de droits les uns que les autres.
— C'est le fruit de mon industrie , des talents que j'ai fait valoir.
— Le Franc bardé de fer en disait autant aux jours de la conquête. Le courage, l'industrie , les talents, sont une force comme une autre; pèsentelles plus dans la balance que celle de la soif, de la faim ou de l'appétit qui veut jouir. Nous allons voir.
— Mais la raison?...
— La mienne vaut la vôtre.
— C'est donc au plus fort ?
— Au plus fort.
— Au plus rusé et au plus fourbe?
— Au plus fourbe et au plus rusé.
Aux armes , citoyens ! formez vos bataillons. Tuons , rusons.
A la victoire , et terres et maisons.
Et il n'y a plus d'autre différence entre la brute et rhorome que la stature.
Et la ruse et la violence, et le vol et l'assassinat, la plus horrible licence, deviennent le chemin de régalité.
Et la liberté , c'est le pillage.
Et la fraternité , c'est la guerre , une guerre inouïe :
C'EST LE COMMUNISME
Et la logique dit au déisme et aux ennemis de la religion révélée :
IL A RAISON