‹ Un éclair avant la foudre; ou, Le communisme et ses causesChapitre 17 sur 111 · PREMIÈRE PARTIE. 6l · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. 6l

«plus de réprouvés , plus d'adoration servile de « l'homme à l'égard de l'homme , plus d'exploitation a despotique ; chacun de nous vit de la vie de dieu^ et c tous nous communions en lui ; donc , plus d'an- « tagonisme entre l'individu et la société^ entre l'inté- « rét et le devoir. — Harmonie , égalité , fraternité^ « voilà les trois vastes idées sociales qu'embrassait la ff définition donnée par Enfantin de la Divinité. Et f l'on accusait les saint-simoniens de n'être pas une f société religieuse , de n'avoir sur Dieu d'autres « notions que celles d'un panthéisme confus ! (i) » a Le génie de Fourier , dit M. Victor Considéff rant, dominant le temps et l'espace, a conquis et c livré à l'homme la connaissance de la constituât tion analogique des choses, laloicosmogonique de « l'unité du monde. L'idée de tunité universelle est cr adéquate à la raison^ et les manifestations supé* « rieures de cette idée ont constitué, dans tous les « temps, les manifestations supérieures de l'intelli- « gence humaine.... I^a solidarité de toutes les vies « indiifiduelles , successives et hiérarchiquement as-

^ sodées y CONSTITUE LA VIE UNIVERSELLE, l'iÊTRE-

« VIVANT-ABSOLU.... L'étudc dc l'unité universelle ff pour l'homme se divise en trois branches : unité « de V homme avec lui-même , unité de Vhomme « avec Dieu y unité de t homme avec T univers, (a) • Enfin, M.Proudhou,un des principaux chefs du

(1) Histoire de dix ans, tom. m, pag. 355.

(2) Exposition abrégée du système phalanstérien de Fourier, pag. 61 , 62 et 64.

socialisme, s'exprime ainsi lui-même, avec une franchise qui exclut toute équivoque : « Oubliez votre « foi , et par sagesse, devenez athée.... On a dit : Si «c Dieu n'existait pas , il faudrait l'inventer. — Et a moi , je dis : Le premier devoir de l'homme intel- <K ligent et libre est de chasser incessamment l'idée a He Dieu de son esprit et de sa conscience. Car a Dieu, s'il existe, est essentiellement hostile à notre « nature, et nous ne relevons aucunement de son a autorité.... Ma raison, longtemps humiliée, s'élève « peu à peu au niveau de l'infini ; avec le temps, elle « découvrira tout ce que son inexpérience lui dé- « robe.... Je me purifierai, j'idéaliserai mon être, et « je deviendrai le chef de la création , l'égal di a Dieu.... »

c Ton nom (le nom de Dieu), si longtemps le dera nier mot du savant, la sanction du juge, la force a du prince , l'espoir du pauvre , le refuge du cou- « pable repentant , eh bien ! ce nom incommuni- « cable , désormais voué au mépris et à l'anathème, « sera sifflé parmi les hommes', car Dieu, c'est sot- « tise et lâcheté.... Dieu, c'est le mal. Tant que l'hu- « manité s'inclinera devant un autel, l'humanité, « esclave des rois et des prêtres, sera réprouvée; « tant qu'un homme, au nom de Dieu, recevra le « serment d'un autre homme, la société sera fondée « sur le parjure; la paix et l'amour seront bannis « d'entre les mortels. Dieu, retire-toi , car dès aua jourd'hui, guéri de ta crainte et devenu sage, je € jure, la main étendue vers le ciel, que tu n'es que

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« le bourreau de ma raison, le spectre de ma con- « science.... »

ff La propriété , par principe et par essence , est < donc immorale. Cette proposition est désormais a acquise à la critique. Conséquemment , le code , « qui , en déterminant les droits du propriétaire, n'a a pas réservé ceux de la morale, est un code dMm- « moralité; la jurisprudence, cette prétendue science tdu droit, qui n'est autre que la collection des t rubriques propriétaires, est immorale; et la justice, « instituée pour protéger le libre et paisible abus « de la propriété, la justice, qui ordonne de prêter « main forte contre ceux qui voudraient s'opposer « à cet abus , qui afflige et marque d'infamie qui-

> conque est assez osé pour prétendre réparer les

> outrages de la propriété, la justice est infâme....» « Le socialisme, en pénétrant les masses, est défi venu tout autre ; le peuple s'inquiète peu de « l'honneur des écoles; il demande le travail, la « science , le bien-être , l'égalité. Peu lui importe « un système , pourvu que la chose s'y trouve....»

«c Que le prêtre se mette enfin dans l'esprit que « le péché , c'est la misère, et que la véritable vertu, « celle qui nous rend dignes de la vie éternelle, c'est « de lutter contre la religion et contre Dieu. » (i)

Ainsi, le panthéisme, ou l'athéisme, est le grand principe du communisme.

(1) Système des contradictions économiques^ ou philosophie de la misère. Citation extraite par Y Ami de la Religion^ 12 juillet 1848, pag. 114.

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Quand donc les masses populaires, saturées d'impiété et des vices qui en sont la conséquence, se lèvent de leur poussière divine , en brandissant leurs armes et demandant à grands cris l'égalité absolue à laquelle elles ont droit comme portion intégrante et substantielle delà Divinité, aux mêmes titres que la bourgeoisie et les fonctionnaires; quand, rencontrant, sur leur chemin, leur proposant la servitude , la misère ou la mort , ceux-là mêmes qui les ont poussées par leur enseignement dans ces horribles doctrines , elles hurlent en frémissant le refrain qui les résume :

Aux armes , citoyens ! formez vos bataillons. Tuons, rusons.

A la victoire et terres et maisons»

Quand le fer, et le feu, et de longs ruisseaux de sang, les accompagnent et les suivent, et qu'au milieu d'affreuses collisions et d'une dissolution universelle , on s'écrie de toutes parts avec effroi :

C'EST LE COMMUNISME

La logique a-t-elle tort de dire au panthéisme et à ses enseigneurs : Cette guerre impie est votre ouvrage :

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