‹ Un éclair avant la foudre; ou, Le communisme et ses causesChapitre 28 sur 111 · II. Preuves tirées des enseignements de l'histoire d*état · texte numérisé non relu

II. Preuves tirées des enseignements de l'histoire d*état

Après les philosophes, viennent, proclamant les mêmes doctrines, les professeursd'histoire, conduits par le plus célèbre des grands-maîtres et le plus hypocritement hostile à toute religion révélée.

a II n'y a point, » a enseigné M. Guizot , u de gou- « vernement spirituel , visible , constitué , réclac mant et exerçant le droit de dicter les opinions.... « Tel est à peu près aujourd'hui l'état du monde....

C)4 l'E COMMUNISHB ET SES CAUSES.

c C'est par le développement naturel de Tambi — «tion, de l'orgueil humain, que TÉglise a tent^ « d'établir l'indépendance du pouvoir spirituel... - « Deux mauvais principes , dans elle , nuisent au:a « respect des libertés légitimes : le premier, c'est Ism « dénégation des droits de la raison individuelle... ; « le second , c'est le droit de coàction qu'elle s'ar— « roge.... Son clergé favorisa le despotisme; il conte sacra des principes généraux à cette cause , et déa duisit du droit divin la ruine de tous les droits.» Absurdité communiste ! comme s'il était possible d'établir un droit quelconque qui ne fût une conséquence du droit divin y et que la négation des droits de Dieu ne fut pas la négation et la destruction radicale de tous les autres droits.

« Dans les premiers temps , tout à fait dans les c premiers temps , la société chrétienne se présente « comme une pure association de croyances et de tf sentiments communs ; les premiers chrétiens se « réunissent pour jouir ensemble des mêmes émoa tions, des mêmes convictions religieuses. On n'y « trouve aucun système de doctrine arrêté , aucun c ensemble de règles , de discipline , aucun corps de « magistrats. »

« Comment s'est accomplie la transition du goua vernement partagé par les fidèles au gouverne- « ment du clergé seul ?.... On a fait, dans celte ré- « volution, Messieurs, une large part à l'ambition a du clergé , aux intérêts personnels, aux passions « humaines. Je ne prétends pas la réduire ; il est

l>A£BIi£a£ PARTIE. Qj

c i/ro/ , toutes ces causes ont contribué au résultat c qui nous occupe, et pourtant, s'il n'y avait eu que K de telles causes, c'est-à-dire, des causes illégitimes^ c jamais ce résultat ne serait arrivé.... »

a C'est, je crois , un principe certain et mainte- « nant établi dans un grand nombre d'esprits, que « la participation au pouvoir suppose la capacité « morale de t exercer. Où la capacité manque réel* c lement, la participation au pouvoir périt naturelc lement. Le droit continue de résider virtuelle- « ment dans la ifature humaine ; piais il sommeille, c ou plutôt il n'existe qu'en germe, attendant que « la capacité se développe , pour se développer avec c elle et paraître au jour. Or, c'est là , Messieurs, c quand on a fait la part de toutes les passions bu« « maines, de tous les^ntéréts personnels, c'est là « la véritable cause qui a fait passer la société reli-» « gieuse sous l'empire de la société ecclésiastique, c qui a exclu du pouvoir les fidèles , pour le livrer c au clergé.... »

N'est-ce pas là, et dans toute son étendue , le grand principe du saint-simonisme ?

« Le fait caractéristique, il faut le dire, le vice c radical des relations de l'Église avec les peuples, « c'est la séparation des gouvernants et des gouver- « nés, l'indépendance du clergé chrétien à l'égard n des fidèles.... Il y a, dans la nature même de la « société religieuse , une forte pente à élever les « gouvernants fort au-dessus des gouvernés , à c attribuer aux gouvernants quelque chose de

g6 LE COMAIUNISME ET SES CAUSES.

a distinct, de divin. Un tel effet cependant est plus <x fâcheux dans la société religieuse que dans toute « autre.... C'est une tyrannie , remploi illégitime « de la force y un despotisme qui Hure les croyants à « un pouvoir étranger , un véritable suicide moral, « une servitude cent /ois pire que celle de la glèbe, p

a Du VP siècle au ViII«, le fait général, évident, « c'est la domination exclusive , et, on peut le dire, cf despotique des évêques.... De cette époque (VIII* « siècle , Ciiarlemagne), date véritablement la domio nation intellectuelle du pape, source de toutes « les autres. » ( Guizot , Histoire de la civilisation en Europe. 5« leçon. a« leçon. Civilisation en France. tora. i. 3® leçon. Civilisationen Europe. 5 et 6« leçon. Civilisation en France , tom. i. 3« leçon , lom. ii. i'® leçon, pleine d'outrages et d'imputations calomnieuses contre le pape et les évêques ; tom. m. 27* leçon. )

Ce tissu de calomnies , où l'ignorance le dispute au défaut de logique , et que nous avons relevé dans le Monopole destructeur de la religion et des lois, l'Évangile et tous les monuments traditionnels et historiques à la main , a formé, comme il fallait s'y attendre , le fonds de tous les cours d'histoire de l'université, à peu d'exceptions près. Nous n'en rapporterons que quelques témoignages, renvoyant, pour les autres, à notre grand ouvrage.

« Jésus-Christ , » dit le professeur d'histoire de Strasbourg, inspecteur-général de tous les collèges de France y le grand apologiste des gnostiques de

PEEUIEHE PABTIE. 9^

tous les noms , » Jésus-Christ fonda une œuvre « immense , mais il ne put ou ne voulut point « l'achever ; il ne put , ni exposer tout son sys- « tème,ni réunir en association^ ou église, ses par- « tisans épars en plusieurs provinces , dans tous les « rangs de la société.... On voit bien les diverses c communautés s'organiser peu à peu , mais aucune c théorie ne préside à cette organisation. On a ex- « primé quelquefois le désir que Jésus-Christ eut < tracé lui-même la constitution de l'Église , comme « il a tracé son dogme et sa morale. Mais Jésus- • « Christ, qui /l'a donné que les éléments d*un sjs^ « tème de dogmes et d'un système de morale, sans « vouloir donner ce système ,- a bien moins encore « voulu léguer à ses disciples une théorie de goui vernement. Les apôtres étaient des envoyés , mais « ce titre ne leur conférait aucun droit de gouver- « ner. » (Matter. Hist. de V Église chrétienne, pag. 61 , 126 et suiv. ) Ainsi, les paroles de Jésus-Christ à saint Pierre: Paissez mes agneaux , paissez mes brebis , et celles dites , et à lui seul encore , et aux autres réunis avec lui : Comme mon Père m'a envoyé , ainsi je vous envoie ; tout ce que vous lierez ou délierez sur la terre, sera lié ou délié dans le ciel, et les péchés seront retenus ou remis dans le ciel à ceux à qui vous les remettrez ou retiendrez sur la terre , etc. tout cela ne leur donnait aucun pouvoir'de gouvernement!... Mais continuons.

V De nos jours, » dit M. Michelet, professeur d'histoire et de morale, et chargé, pendant de longues

gS LE GOMMUiriSME ET 8B8 CAUSES.

années» en compagnie de MM. Cousin, Jouffroy^ Damiron , etc., de la formation de tous les professeurs à l'École normale , « de nos jours , les amis d^ « la liberté se recommandent volontiers du fataliste a Luther. Cela semble bizarre au premier coup « d œil.... C'est que leurs doctrines , quelque oppo- « sées qu'elles paraissent , se rencontrent toutefois K dans leur principe d'action : la souveraineté de la « raison universelle , la résistance au principe tradi-^ « tionnel^ à l'autorité... »

a A moitié de l'histoire romaine , je l'ai rencon» « tré vieillissant et affaissé ( le catholicisme ) ;ye « n ai pas voulu jr toucher (tout le monde connaît « la fureur de ses cours, portée jusqu'à la déraison, « contre la religion catholique, ses dogmes, son sa- 9 cerdoceetses institutions), car je me rappelle les « nuits où je veillais une mère malade: elle souffrait c d'être immobile ; elle demandait qu'on l'aidât k « changer de place , et voulait se retourner. Les « mains filiales hésitaient : comment remuer ces « membres endoloris ? Pauvre vieille mère du monde c moderne, reniée > battue par son fils , ce n'est pas c nous qui voudrions la blesser encore en montrant « ses plaies. Sa faiblesse , c'est d'avoir voulu satis- ^ faire à la fois les principes contradictoires.... Elle « a reçu de toutes parts une foule de croyances &- € cales; ayant embrassé l'humanité entière i elle • ena subi les misères et les contradictions ; elle a « reçu les souillures du monde.... » (Mémoires de Luther j introd., pag. 1 1. et suiv.) Plus haut pou^

• PREMIÈRE PARTIE. gg

tant, on vient de dire que son mal est dans Vauto^ rite , t immobilité et le principe traditionnel.

0 Au IV< siècle , l'universalité impériale est dé- K truite f mais Tuniversalité catholique apparaît. La « primauté de Rome commence à poindre, confuse «et obscure.... C'est dans le monde carlovingien « que Taristocratieépiscopale échoue ; il faut qu'elle c s'humilie, et devienne , pour être efficace , la mo- «narchie papale, n ( /c/e/Ti. Hist. de France jtom. i, pag. 1 la et 433.)

ce Jusqu'au concile de Sardique,» enseigne M. Desmichel , professeur , puis recteur de l'académie de Rouen, dans son Cours d'histoire adopté par le G>nseil autrefois royal de l'instruction publique, 9 le pape, au moins dans la pratique, n'avait « joui que d'une primauté d'ordre et d'honneur, et « non de pouvoir et de juridiction. »

« Jean Huss (le communiste dont presque tous < les professeurs d'histoire de l'université font l'é- « loge), enseignait que la dignité papale devait son « origine aux empereurs romains. Il n'y a rien dans t cette erreur de bien radical. » (François, professeur d'histoire à Lyon, puis doyen de la Faculté. Son cours de 1840.)

» Dans le 4^ concile œcuménique de Latran , la c violence et la fraude l'emportèrent sur la justice, « dans la cause des albigeois, » communistes condamnés par le concile, et dont la plupart des professeurs d'histoire chantent également les louanges. (Fauriel, professeur d'histoire à la Sorbonne.

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100 LE COMMUNISBfE ET SES CAUSES.

Reme des deux mondes, tom. viii, pag. 453.) Ses cours , intitulés Histoire de la Gaule méridionale j sont un tissu d'insultes et de grossières calomnies contre les papes et les plus saints évêques.

a Le christianisme avait élevé immédiatement,» enseigne M. Tex-diacre Bouchitté, professeur dliis* toire au collège de Versailles , président des commissions d'examen des maîtresses d'école , inspecteur maintenant de l'académie de Paris , « le tx christianisme avait élevé immédiatement jusa qu'aux vérités les plus hautes, des esprits que l'é- R puisement et l'afféterie d'une littérature en décaa dence dégoûtaient de l'étude des lettres , et des « intelligences grossières qu'aucune préparation c antérieure n'y avait disposées , mais que séduisait a une grandeur cachée sous de mystérieuses for- « mules et de poétiques symboles. Cependant, cette « première expression du christianisme naissant « dans les légendes , à l'aurore de nouveaux empi- « res et d'un monde nouveau , ne pouvait pas toua jours satisfaire les esprits , et la réflexion tôt ou « tard devait se faire jour (^^2x l'hérésie) au sein « même du dogme révélé. Ce n était pas toutefois la « réflexion dans toute son indépendance^ telle qt£elle « avait déjà paru dans les hérésies orientales « f le gnosticisme et l'arianisme), telle qu'elle dece vait reparaître, quelques siècles plus tard, dans la « réformé et la philosophie. » {Rationalisme chré' tien, pag. 17.)

i Le catholicisme, » enseigne M. Joguet, professeur

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