‹ Un éclair avant la foudre; ou, Le communisme et ses causesChapitre 3 sur 111 · VI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VI INTRODUCTION

Le nier serait substituer à Dieu un mot vide d'idée : le hasard ; ce serait briser la raison et la logique qui en est la règle suprême , et , arrachant à leurs fondements Tordre , l'esprit humain , la conscience , jeter l'homme , la famille , les sociétés et les mondes , à tous les vents et à tous les caprices d'une anarchie ou d'un despotisme éternels. Ainsi le joueur jette sa fortune aux chances aventureuses d'un coup de dé , et les enfants , à tête ou pile , l'objet de leurs différends.

Cette légèreté ou cette folie , quoi qu'on fasse pour se le dissimuler , est moins rare qu'on ne pense ; elle n'est pas la cause la moins efficace des alarmes qui nous agitent et des maux que nous déplorons , ni le moindre obstacle aux remèdes qui pourraient les guérir ou les faire cesser. Il est si peu d'hommes , par le temps qui court , et parmi ceux mêmes qui croient penser, qui demandent à la raison ou à la foi , cette raison souveraine de Dieu , la cause ou le principe des révolutions qui soulèvent le monde et inclinent vers les abîmes toutes les sociétés !

Cependant , c'est maintenant ou jamais le temps de réfléchir , de se rendre compte , de laisser loin , bien loin derrière soi les préventions et les préjugés, et, s'élevant au-dessus

INTRODUCTION. Vit

d'intérêts et de plaisirs , dont il ne restera bientôt qu*un souvenir amer, d'interroger avec suite et fermeté le passe et le présent, si l'on veut avoir encore un avenir , et ne pas voir s'engloutir dans le gouffre béant devant nous, nos familles, nos cités, et la France, et l'Europe elle-même.

Les questions de personnes, de gouvernements même n'ont jamais rien résolu chez nous , ne peuvent rien résoudre. Toutes ont été épuisées et en vain. Nous avons eu la monarchie tempérée par des parlements , la république sous toutes les faces ^ l'empire et les formes absolues du sabre , la monarchie constitutionnelle et les pouvoirs pondérés, des constituantes, des conventions, un conseil des anciens, un conseil des cinq-cents, un tribunat, un corps législatif, un sénat, des pairs,, des député^ , des chambres muettes et des chambres parlantes , des chambres intègres et des chambres corrompues , des chambres de monopole et de bon plaisir, et des assemblées nationales et du suffrage universel. Nous avons eu la Montagne et les Girondins , les clubs et les comités de salut public , des droites , des gauches, des centres de toute façon , régnant tour à tour avec omnipotence , et faisant jaillir de leurs conflits quotidiens les lumières ou les

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