VIII INTRODUCTION
ténèbres, des flots de sang et des budjets d'un milliard et demi ; nous avons tout exploré , tout usé 9 et le mal n'a fait que grandir. De chacun de ces régimes, nous avons attendu la paix , et le bien n'en est pas sorti ; le remède, et voici répouvante.
Nous avons eu un duc d'Oiléans et la régence , Louis XV et la marquise de Pompadour, le duc de Choiseul et M. de Voltaire ; Louis XVI, M. Turgot, et M. Necker , et Barnave, et Mirabeau, et Lafayette, et les Lameth ; puis, les citoyens Vergniaud etMarat, Grégoire et Robespierre ; puis , des directeurs et des consuls, et Barras, et Sièyes , et Bonaparte. Nous avons eu un empereur des Français, Napoléon, deux rois de France, Louis XVIII et Charles X, un roi des Français, Louis-Philippe P*^, et sous eux et avec eux y des ministres sans nombre , de tous les partis , de tous les caractères , de tous les genres d'esprit, de toutes les nuances d'opinions ; toutes les combinaisons gouvernementales et ministérielles ont été parcourues , et tous les problèmes sociaux sont restés les mêmes. Tous, plus que jamais, se dressent sur nos têtes , et menaçants , formidables , demandent une solution , tandis que les mille échos de la presse sonnent le glas de mort, et répètent pour la centième fois et sur tous les
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tons : Où allons-nous ? à l'entier anéantissement du travail , à Textinction du erédit , à la ruine du commerce , à la misère, à la banqueroute, à la guerre civile, au pillage, au massacre, au despotisme, à la mort!
Que dis-je ! au nom de la souffrance et de la fraternité , une solution est jetée aux gouvernements, comme un défi , par des masses innombrables, lasses d'attendre; et cette solution devient elle-même la plus vaste , la plus profonde , la plus effrayante des questions , celle qui semble les résumer toutes , et vouloir, à la lueur des incendies, à travers le sang et les ruines , ramener à l'état sauvage les sociétés les plus civilisées ; cette question , cette solution , c'est le communisme. Son nom seul , comme un levier terrible, soulève et secoue les nations ; sa discussion fait trembler le sol , comme une terre qu'un volcan travaille ; un doute universel semble la précéder et la suivre, confondant et effaçant toutes les notions du droit et du devoir, du juste et de l'injuste , arrachant tous les appuis moraux de l'ordre et de la confiance ; et , pour en hâter ou en repousser les formidables conséquences , travailleurs et bourgeois , riches et pauvres, le désespoir et l'épouvante en appellent également partout, et sont obligés d'en appeler à la force