PREMIÈRE PARTIE. lOQ
cîel et de toutes les catégories, toute religion positive, et surtout la Téritable » la religion catholique, apostolique et romaine, est une fiction j un ^ythe^ fruit de Vimagination et de F enthousiasme^ ^ne invention convenable à des peuples enfants^ une '^^urpation^ fruit de P orgueil^ de V ambition y du ^ésir de dominer^ une servitude pire que la glèbe , ^^e simplicité d'âme, un anachronisme, une ab- ^Xardilé ennemie de la liberté, et plus nuisible aux '^dences que l'invasion même des Goths , etc.
Ainsi , plus d'autorité que celle de la philosophie^ f^lus d'infaillibilité j plus de souveraineté ^ plus de ^^ègle des pensées, des croyances et des actions, que la raison de chacun. Donc, plus de rapports obligatoires entre les hommes; plus de droits, plus de «levoirs , que les imaginations , les intérêts et les passions de chacun ; donc, plus de mariage, plus de famille , plus de propriété , plus de gouvernement, plus d'autorité paternelle, plus d'autorité de rois , de chambres , de majorité ; donc , la seule souveraineté de l'individualisme , ou l'anarchie la plus radicale, la plus large, la plus immorale qui ait jamais été conçue ! Voilà l'enseignement d'état , tel qu'il se pratique parmi nous depuis un demi siècle, enseignement forcé , obligatoire, imposé par toutes les forces que les restes de la foi antique et la servitude dans laquelle nous sommes descendus, donnent encore aux gouvernements.
Et ce n'est pas seulement aux hautes classes de la société, aux classes des fonctionnaires , aux clas-
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ses bourgeoises , â la jeunesse arrivée à Tâge de maturité, que cet enseignement a été imposé, pour en faire la plus immorale, la plus violente, la plus égoïste , la plus despotique des aristocraties , c'est i l'enfance, c'est aux classes d'aduites-hommes et d'adultes-femmes, c'est aux hommes et aux enfants du peuple, c'est à toutes les générations et dès l'âge le plus tendre qu'on l'a fait descendre ; c'est par l'eflet d'une conspiration , d'un complot (i) contre
(1) Le rationalisme, ou la souveraineté de la raison, est tellement le but de renseignement d'état , qu*en 1844, M. Guizot, voulant justicier, à la Chambre des pairs, les ordonnances de 1828, et la néeessité.de maintenir , dans la loi , la déclaration de n'appartenir à aucun Ordre religieux , aQn d'exclure de renseignement les Jésuites, s'exprimait ainsi : « Les Jésuites ont été institués pour d^endrt c la foi contre T examen (c'est-à-dire , la souveraineté de Dieu c contre la souveraineté de la raison), Tautorité contre le con-
€ trôle Ils se sont trompés ; ils ont cru que de là , il ne sortirait
c dans les mœurs que la licence , dans la politique que Tanarchie c (ou le despotisme , et ils ne se sont pas trompés; les faits parlent « plus haut que les discours); et voilà que de grandes sociétés se « sont organisées , consolidées , leur donnant ainsi le plus éclatant
« démenti (le monde et M. Guizot peuvent en juger mainte-
« nant.) La société de Jésus reconnatt-elle l'expérience comme ao- « compile? Croit-elle que le libre examen puisse étre|, à côté de la « foi , le contrôle à côté d'uue autorité régulière? Si elle le croit, « qu*elle vienne parmi it$ms , parmi les citoyens , mais comme d- « toyens , et les citoyens la recevront au milieu d'eux , l'accueille- • ront dans leurs rangs pour y vivre de la vie du citoyen, sous Us « auspices de la puissance publique (enseignante) et des libertés « individuelles. Mais il y a des raisons de croire que ces hommes « ne sont pas corrigés par une &i longue expérience ; qu'ils n'ont « pas complètement renoncé à leur pensée première, que l'idée du « contrôle et de l'examen (contre Dieu et son Église) , n'est pas « encore entrée dans leur esprit. Si cela est, le public a raison de
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la religion et I*ÉgUse, qu'on Ta brutalement imposé. Quelques exemples suffiront pour en convaincre.
y. Preuves tirées des enseignements prescrits , imposés par l'état à toutes les classes de citoyens.
Parmi les livres prescrits , imposés à tous les collèges, à toutes les institutions sans exception, à toutes les bibliothèques d écoles normales primaires , ou autorisés pour toutes les écoles , ordonnés pour la distribution de leurs prix, sont les livres suivants, entre cent autres de la même espèce.
Le Siècle de Louis XI F^ V Histoire de Charles XII ^ par Voltaire ; Les Révolutions de Suède j par Vertot , le Livre d instruction morale et religieuse , ou catéchisme de M. Cousin ; le Manuel des écoles primai^ re5, publié sous la direction de M. Matter; Entretiens sur la morale de maître Pierre; Institut et mœurs des animaux ; Histoire de Napoléon ; Les Campagnes d Italie ; F Histoire de France de M. de Bonnechose ; les Cahiers historiques de Burette , etc. etc. etc.
Quelques passages vont en faire connaître Fesprit.
« A peine affermi sur le trône, » dit l'histoire de Charles XII, prescrite, imposée à toutes les clas-
« se méfler , et c'est le Trà! de la situation. Ma convictioD est qoe , « s'ils persistent à méconnaître Texpérience, ils se trompent comme
• ils se sont trompés il y a trois cents ans, et ils seront battus comme
• U y a trois cents ans. > (Séance du 9 Mai, Univers^ 10 Mal 1844.)
lia LE COMMUNISME ET SES CAUSES.
ses de 4^ de la France, a Gustave Yasa tenta une a entreprise plus dilGcile que des conquêtes. Les a véritables tyrans de l'état étaient les iévêques, qui, a ayant presque toutes les richesses de la Suède , <c s'en servaient pour opprimer les sujets et pour a faire la guerre aux rois. Cette puissance était d'auff tant plus terrible que Vignorance des peuples ff Fui^aU rendue sacrée. Il punit la religion catholi- « que des attentats de ses ministres. En moins de « deux ans , il rendit la Suède luthérienne par la « supériorité de sa politique , plus encore que « par autorité. Ayant ainsi conquis son royaume a sur les Danois et sur le clergé , il régna heureux « ET ABSOLU jusqu'à l'âge de 70 ans^ et motif ut plein « de gloire y laissant sur le trône sa famille et sa « EEUG10N. » (^Pag. 18. tom. 1. édit.in-18.)
a La cour de Rome , d lit-on plus loin (pag. 106.) , « qui a toujours songé à augmenter son pouvoir « temporel à la faveur du spirituel , avait depuis « très-longtemps établi en Pologne une espèce de c juridiction à la tête de laquelle est le nonce du « pape. Ses ministres n'avaient pas manqué de proo fiter de toutes les conjonctures favorables pour « étendre leur pouvoir révéré par la multitude , a mais toujours contesté pab les plus sages..,. En a I7a8(à l'aide de la Russie), l'on a retranché ces « abus qui ne sont jamais réformés que lorsqu'ils « sont devenus tout a fait intolérables... » Et pendant que Fétat" Louis ' Philippe -Guizot et compagnie, prescrivait l'enseignement de ces choses