PREMIERE PARTIE. fai
« ment est donné avec une mesure telle, que, bien a que ce soit par un prêtre catholique y les élèves qui a appartiennent aux autres cultes , peuvent , sans
« INCONVÉNIEIfT POOR LEUR FOI , ASSISTER AUX
« LEÇONS.... » Cet enseignement est par conséquent déiste et rationaliste.
Le mal a donc tout envahi, propagé par Tétat , par renseignement de l'état , du haut en bas de Téchelle sociale, et il a été impossible qu'il en fût autrement. Posé le principe de la suppression de toute religion d'état, et par une contradiction inconce'» vable, un enseignement d'état comprenant toutes les branches dHnstruction , la philosophie , l'histoire , et même l'instruction morale et religieuse , on ne peut aboutir qu'à l'anarchie intellectuelle et morale la plus monstrueuse , ou , ce qui est la même chose, comme nous allons le voir de plus en plus, à la plus radicale, la plus universelle impiété: la négation de Dieu même, et la souveraineté ou déification de la raison individuelle. Dans l'un et l'autre cas, c'est la destruction de tous les liens de famille et de société; c'est le levier démolisseur introduit dans les fondements de la propriété ; c'est la force brutale, ou le communisme; et à peine le grand-maître Cousin eut-il proclamé , au nom de l'enseignement d'état , que le Catholicisme rien avait plus que pour trois cents ans dans le ventre (j); à
(1) Les professeurs de philosophie de Paris s^efforcent actuellement, dans une revue, de bâter ce moment suprême, par leurs attaques incessantes contre le dergé el l'Église catholique.
lia LE COMMUNISME ET SES CAUSES.
peiae l'inspecteur Dubois eut-il annoncé , en conséquence, les funérailles d'un grand culte j que le logicien Proudhon proclama à son tour que la pro^ priété aurait le sort du christianisme ; que celui-ci s* usant y elle s'userait ; qu'elle n'aidait plus qu'une certaine durée, trois cents ans peut-être. (Citation de VAmi de la Religion, i8 juillet 1848.)
Cn BOURGEois , OFFICIER de la Garde nationale , grand partisan de renseignement d'état.
Eh bien , Michel ? qu'est-ce qu'on vient de me dire? tu es communiste? toi, mon ami, communiste! je n'en peux revenir.
LE MAÇON
Comment faire autrement? c'est mon intérêt; c'est la conviction de ma raison, et ma raison n'estelle pas souveraine?
LE BOURGEOIS , OFFICIER
J'en conviens. Cependant, l'ordre social avant tout.
LE MAÇON
Quel ordre social ? l'ordre qui donne tout aux uns et rien aux autres ; qui enlève aux pauvres ouvriers, par les octrois , les impôts et les corvées fle tout genre, le peu qu'ils ont ou qu'ils gagnent, pour entretenir des académies , des collèges , des théâ*
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très , des comédiennes , qui ne nous servent de rien ; ou créer des places de toutes sortes , à gros traitements, pour vous et les vôtres? Ma raison me dit que ce n'est pas de l'ordre, ça , mais un effroyable désordre , et que, pour y remédier, il est nécessaire que nous autres, ouvriers et pauvres gens , nous mettions la main dessus, et partagions, ou de gré ou de force , et les biens et les plaisirs.
LE BOURGEOIS , OFFICIER
Mais les choses ont toujours été ainsi ; et quand vous aurez nos biens, nous ou d au très viendrons vous rendre la pareille.
LE MAÇON
Les nobles en disaient autant, sous l'ancien régime. Pourquoi avons-nous donc fait tant de révolutions? Les bourgeois ont pris la place des nobles, et les choses sont allées de mal en pire ; c'est à nous maintenant à prendre la place des bourgeois.
LE BOURGEOIS , OFFICIER
Cependant, la religion^ la conscience....
LE MAÇON
Est-ce que vous y croyez, vous autres » à la reli' gion et à la conscience? Par exemple, on vous voit souvent à la messe et au sermon ! Vous croyez à votre raison , et moi , je crois à la mienne. Autrefois, quand j'étais jeune , je ne dis pas : je croyais
Il4 LE COMMUNISME ET SES CA.U££S.
à la religion de mon père et de ma mère (les braves gens ! Dieu ait leur âme ! ) ; oui , je croyais à la religion catholique et à ses commandements: pardienne! c'était Dieu alors qui commandait... Mais depuis que vous-mêmes m'avez envoyé à la classe d'adultes et aux cours de la mairie , dirigés par votre comité central , je ne sais que trop à quoi m'en tenir! Dieu n'a jamais parlé aux hommes, et tout ce qu'en disent les curés et la théologie, comme parlait M. le professeur d'astronomie , sont des bêtises, des inventions pour faire peur au pauvre monde , et lui gripper ses sous , d'accord avec Charles X et les nobles. Voilà pourquoi , comme vous me l'avez dit vous-même, l'état ne veut plus que les Jésuites et les curés aient l'instruction.
LE BOURGEOIS; OFFICIER
Mais la morale , Michel, la morale!...
LE MAÇON
Oh bah! Monsieur, la morale, c'est de bien boire et de bien manger, suivre ses appétits naturels, avoir beaucoup de femmes et peu d'enfants; mais tout cela demande de l'argent, et quand on n'en a pas , il faut en chercher où il y en a : voilà ce que maintenant me disent , à moi , ma raison et ma conscience.
LE BOURGEOIS , OFFICIER
Mais tu comprends bien , Michel , que, par les