PREMIÈRE PARTIE^ J ig
Dans le même catalogue de livres expressément prescrits pour la distribution des prix des écoles du peuple, on rencontre, entre plusieurs livres du même genre , les Entretiens sur la morale de maître Pierre f où on lit, comme résumant assez bien tout ce livre composé par un haut professeur : « Une tâche importante est accomplie ; la conscience^ « éclairée par la réflexion, nous a fait connaître la « nature de l'homme: sensible, intelligent et libre, « sa loi est de tendre au bien. Ce bien nécessaire y « universel, absolu, movs est jiév^le par la raisoiv :
« VOILA LE PRINCIPE DE TOUS NOS DEVOIRS. Jc ne COU-
« nais au monde rien déplus sûr, de plus indestruc- « tible que ces hautes vérités devant lesquelles le « genre humain a toujours été à genoux. Les for- « mes extérieures des sociétés changent et se re- <i nouvellent; les institutions civiles et politiques « s'altèrent ou se corrigent; les cultes se corrom» ^pentou s^épurent; mais les principes essentiels « de la morale (révélés par la raison), restent im- « muables au milieu de ces perpétuelles révolu- « tions.... (pag. 66.) » Le but de tout l'ouvrage est d'établir une morale sans religion, et l'on fait, dans les entretiens qui le composent et qui sont dirigés par un maître laïque, intervenir un curé, comme pour sanctionner cette œuvre absurde et impie.
a La raison, » dit également le Manuel des écoles primaires de M. Tinspecteur Matter,a est la loi soua ueraine dans l'homme, et la sensibilité, le prin- « cipe des sentiments et la règle de la morale.
IlO LB COMMUNISME £T SES CA.DSES.
« Tout ce qui fla.ite nos instincts physiques et satis- 9. fait nos appétits naturels^ est bien; ce qui les con- « TRARiE EST MAUVA.ÏS.... Lcs meilleures écoles sont a celles de TÉcosse, de la Hollande , de la Suisse et Œ de l'Allemagne, » c'est-à-dire, les écoles prolestantes, (pag. 48. 45 et 47.)
Enfin , dans le Cours de cinquième (histoire), de M. Burette, on lit que aJéhoi^a (ou Dieu), n'était « (chez les Juifs), que Fexpression sublime de lapa- « trie\ et que, dans le vaste plan de Moïse, la cité de « Dieu n'était pas distincte de la cité terrestre. » (pag. 1 16.) etc. etc. etc.
Mais voici une preuve de l'esprit de l'enseignement d'état plus frappante que toutes les autres , si effrayante pour des cœurs catholiques, qu'il la faut lire deux fois dans le rapport 1840-1841 du comité central de Paris, pour s'assurer qu'il n'y a pas illusion.
a ^instruction morale et religieuse est donnée , » dit-il (pag. 66.), en parlant de la première école primaire supérieure de la ville de Paris, « par un a ecclésiastique, conformément aux vues du comité flt central. Nous mettons sous vos yeux le sommaire « des leçons qui ont été faites. Elles constituent un a cours complet de morale, un exposé de tout ce « qui est devoir envers Dieu , envers les autres « et envers soi-même. Les belles paroles des grands « hommes de tous les temps , même quand ils s^ap* in pellent Caton et Rousseau (deux suicides), sont « rapportées, commentées , présentées comme ob^ 9 jets d'admikation et comme règles. Cet enseigne-