‹ Un éclair avant la foudre; ou, Le communisme et ses causesChapitre 39 sur 111 · TOUTES LES AUTRES · texte numérisé non relu

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V enseignement cPétatj ou le Monopole unwer-

sitaire. — Suite : Panthéisme et

Matérialisme.

Si mutavit gens deo$ suos, et eerie ip$i non sunt dii; populus vero meus mutavit glO' ^1 riam suam in idolum,

La gentllité a-t-elle changé ses dieux , et certes , ses dieux n'étaient pas des dieux ? Mais mon peuple a troqué sa gloire contre une idole. {Jérémie^ cA. 2, v. 11.)

De la souveraineté de la raison humaine à Tathéisme ou au panthéisme, au matérialisme et à toutes les erreurs anti-sociales qu'ils enfantent, il ïî y a qu'un pas , et l'enseignement d'état l'a fait Sans hésiter et dès le commencement. Voici comment un de ses grands-maîtres les formulait , dans le Cours d'histoire de la philosophie et dans la préface de la première édition des Fragments :

I Le genre humain croit à la raison, et il ne peut « pas ne pas y croire, à cette raison qui apparaît « dans la conscience en rapport momentané avec

le moi , reflet pur encore , quoique affaibli , de cette lumière primitive qui découle du sein même de la substance éternelle... La raison est donc, à la lettre, une révélation , une ré^e/af ion nécessaire ei unii^erselle, qui n*a manqué à aucun homme, et a éclairé tout homme à sa venue en ce monde. La raison est le médiateur nécessaire entre Dieu et r homme j ce logos de Pythagore et de Platon; ce Yevbe/ait chair^ qui sert d'interprète à Dieu et de précepteur à l'homme , homme a la fois it Dieu tout ensemble. Ce n'est pas sans doute le Dieu absolu dans sa majestueuse indivisibilité, mais sa manifestation en esprit et en vérité ; ce n'est pas l'être des êtres , mais c'est le Dieu du genre humain. • ( Cours dhistoire de la philos<h phie , pag. 54 et 55, et Fragments, tom. i , pag. 78.) c Donc 9 notre intelligence, ou plutôt celle qui c fait son apparition en nous, est un fragment de f la raison universelle, absolue, infaillible, delà c raison éternelle. • {Cours de Vhist. de la philosophie , 5« leç.pag. 12.)

Ailleurs , dans l'Introduction à l'histoire de k philosophie , page 27 et a8, après avoir afBrmé que Dieu n'avait pu tirer l'univers du néant, le grandmaitre de la philosophie d'état se résume ainsi: « Dieu, s'il est une cause, peut créer; et s'il est une < cause absolue , il ne peut pas ne pas créer; et en « créant l'univers, l'Z/ze le tire pas du néants il le tire t de lui-même. Il y a plus, Dieu crée avec lui-même; t // crée avec tous les caractères que nous lui aiH)ns

PBEHIÈRE PARTIE. I29

econnus , et qui passent nécessairement dans ses réations. » Or , comme notre raison n'est pas la lie création de ce monde; que l'homme n'est ^ seulement composé d'une intelligence, mais ne volonté et d'un corps , et que, dans cette voité et ce corps, sont des penchants de toutes sor- ; que, dans l'uniyers , il y a des créations multi- §es à l'infini , depuis l'hysope de la vallée jus- 'au cèdre du Liban , depuis le serpent qui ram- ^ le tigre qui rugit, jusqu'à l'aigle qui plane au it des cieux ; la raison humaine ne découle donc \ seule de Dieu , n'est donc pas seule tirée de -même , mais notre volonté, notre corps et ses achants, les plantes , les animaux, aussi bien que m du ruisseau et la pierre de la montagne , it une émanation de son être. Tout est donc tiré Dieu , partie et fragment de Dieu , possédant îs les caractères de la Divinité , qui passent nésairement dans ses créations.

Donc, plus d'autre règle pour l'homme que ses usions et ses appétits , puisqu'ils sont divins ; ne, toutes ses pensées, tous ses systèmes, toutes imaginations, tous ses enseignements , étant de même nature, sont infaillibles et nécessaires; ne , plus de lois , plus d'autorité quelconque. A s DIEUX, de quoi serviraient-elles? A une raisonsu, qui a le droit d'en imposer?

Aussi la philosophie de l'état n'a-t-elle reculé vaut aucune de ces conséquences; et voici la proision de foi sur Dieu y dictée par elle à tous les

j3o le communisme et ses causes.

professeurs : c Mon Dieu n'est pas t abstraction de c r unité absolue, le Dieu mort de la scolastique c (religion catholique); mon Dieu, le Dieu de la f conscience, n'est pas un roi solitaire relégué par c la création sur le trône d'une éternité silencieuse, « et d'une existence absolue qui ressemble au néant c même... ; c'est un Dieu qui est tout à la fois Dieu, « nature >, humanité. • {Fragm. de philos. 3* édit. pré/, pag. ao et 76. )

M. Damiron, second disciple de M. Cousin, deuxième directeur et professeur de la philosophie d'état à l'École normale , explique plu^ clairement encore l'égale divinité des corps, et des âmes, et de tout ce qui existe :

c La matière venue de rien, cela ne se peut; ve* « nue de l'âme , comment cela se peut-il ? Le système

< qui nous occupe (celui du maître, et que le disciple « déclare de son goût), n'éprouve point d'embar-

< ras pour répondre à cette question : il assimile « entre eux le corps et tesprit , leur prête même a nature^ ne les distingue qu'en degrés, et de la sorte, c explique sans peine le rapport de la filiation du « créé et de l'incréé : l'homme et le monde sont « de même souche , et Dieu , leur père commun , c n'a fait , en leur donnant l'être , que mettre sous « des /ormes diversifiées spN infinie activité. » ( Cours de philos, psig. 437. )

Et ailleurst, copiant son maître , il répète mol pour mot, comme résumé de tous ses enseignements sur l'homme, la théorie des gnostiques communistes

PREBIIKRE PARTIE. l3l

loués par M. Matter : a Toute science n'est que ré- I miniscence. S'il en est ainsi, il faut que nous ayons ff su, avant cette vie ; il faut donc que l'âme ait existé c avant cette forme humaine.... Mais il faut percer « les enveloppes , pour entrevoir les hautes vérités i qui sont dessous. La théorie de la science, consi- « dérée comme réminiscence, neuousenseigne-t-elle « pas que la puissance actuelle (ou Dieu) 5 prise sub- « stantiellement et avant de se manifester sous la « forme de l'âme humaine , contient déjà en elle, ou i plutôt est elle-même le type primitif et absolu du « beau , du bien , de V égalité et de Funité; et que, t lorsqu'elle passe de l'état de substance à celui de « personne, et acquiert ainsi la conscience et la pensée « distincte, en sortant des profondeurs où elle se cac chait à ses propres yeux, elle trouve, dans le sent timent obscur et confus de la relation intime qui « la rattache à son premier état , comme à son centre «et à son principe, les idées du beau, du bien-être, « qui alors ne lui paraissent pas tout à fait des dé- « couvertes , et ressemblent assez à des souvenirs ? » ( Ibid. pag. 65. )

I^ Manuel de philosophie , adopté pour tous les collèges de France, répète les mêmes paroles (pag. a44-) ; et M. Saisset , professeur à son tour de philosophie à l'École normale, parlant de la nécessité de la création par laquelle tout est tiré de la substance unique, s'exprime ainsi, à la suite du grand-maître. « Dans ce système , il est clair que « Dieu n'est pas plus sans le monde que le monde

l3a LE COMMUNISME £T SES CAUSES.

« sans Dieu. Le monde sans Dieu, c'est une séri a infinie d'effets sans cause, de modes sans suh a tance 9 de phénomènes sans ordre et sans raisoi «( Dieu sans le monde , c'est l'être absolument ù a déterminé y sans attributs et sans différence y ù a compréhensible et ineffable , c'est-à-dire , ui

« ABSTRACTION STl^RILE ET MORTE, UN VÉRITABLE NEAl

a d'existence. » ( Rci^ue des deux mondes , sur « philosophie du clergé j i"mai i8440

M. Géruzez , suppléant de M. Yillemain à la F culte des lettres de Paris, professeur aussi maint nant à l'École normale , répète à peu près les m mes choses, dans un Nouveau cours dephilosoph dédié à son patron grand-maître, et approuvé pot tous les collèges de France. Il affirme que « letemi est la durée de Dieu , F espace ^ son étendue ; qi l'âme est autre chose que le moi , ou plutôt, qu'el existe avant d'être moi , alors quelle est enco au sein de la substance universelle ; qu'elle le d vient en se développant , et que c'est la foro c'est-à-dire. Dieu doué de conscience ; que Dieu € la source commune de toute existence ; que 710/

aA/ie EMANE de lui, AUSSI BIEN QUE LA MATIÈRE, q

en est sortie par F inertie et qui y rentre par F ad vité.i^ (pag.a6,8o,86, i4o, i45et2i4)

Ainsi , esprit et matière , âme et corps , tout c l'émanation de la même substance universelle , pr duit de la même souche, également Dieu. Et voi ce que l'on est convenu d'appeler spiritualisme

Or, cet enseignement, conséquence nécessai

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