PREMIÈRE PARTIE. l
de la souveraineté de la raison , de la négation de toute religion positive et de toute révélation, dit Tabbé Maret, professeur de théologie universitaire à Paris , est , à peu d'exceptions près, l'enseignement dés professeurs d'état, du haut en bas de la hiérarchie universitaire. « La matière a donné naissance à tous « les êtres corporels , enseigne M. le professeur t Quinet; sa puissance de transformation, qui est
< Dieu , a passé dans l'homme ; par elle , il créa les
< religions et les sociétés qui naissent les unes des
• autres.... » (Son cours de littérature à Lyon, imprimé par lui sous le nom de Génie des religions , et vanté par M. Pierre Leroux, dans sa Revue indépendante, pag. a etsuiv.)
« Toute création est une distinction, » dit M. Michelet; « nous ne nous représentons pas aisément a aujourd'hui l'amour de l'homme pour la nature « dans les premiers âges, où il était encore à peine c dégagé de son sein : en chaque créature de Dieu, c il voyait une sœur , une amante, i
« Faisons aujourd'hui, si nous voulons, les fiers,
• mais n'oublions pas notre éducation sous la « discipline de la nature. Les plantes et les ani- € maux, voilà nos premiers précepteurs. Tous ces « êtres que nous dirigeons , ils nous conduisaient
• alors mieux que nous n'aurions fait nous-mêmes; i ils guidaient notre jeune raison par un instinct « plus sûr.... Nous profitions à contempler ces irré- « prochables enfants de Dieu, m Et encore : a Dans « les âges plus voisins de la création , l'homme
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dont se moqueraient les plus vieilles femmes et les plus petits enfants, t^ {Éléments philosophiques , pa§. 39 et suiv.)
A Lyon, c'est M. Souiller, proclamant hautement, avec son grand-maitre M. Cousin , a que Spinosa €( n'a eu d'autre tort que de s'être laissé trop absor* ce ber par le sentiment du souverain être ; que son a livre est un des plus beaux hommages rendus i a la souveraineté de la raison ; qu'il n'en renie ni « l'esprit ni les principes. » ( Théorie de Kanty ou Catéchisme populaireypréhce f pag, vu, et sou cours cité par V Univers y n^ 576.)
C'est le professeur de Législations comparées ajoutant : (c Voilà pourquoi Spinosa est si grand; « il n'a pas hésité à rivaliser avec Jésus: le Nazaréen a avait annoncé Dieu-homme , le Hollandais pro* a clama le monde-dieu. rt^Rei^ae des deux mondes ^ tom. VII. )
C'est à Rouen , à Paris et dans toute la France», le professeur M aliet , enseignant encore , dans son Manuel de philosophie , autorisé pour tous les collé» ges royaux et communaux, que « l'esprit dans lequd son livre est écrit , est celui de la philosophie éclee* tique, quun illustre professeur, M. Cousin, aux opi* nions et aux jugements duquel il aura V occasion de faire de fréquents appels, est venu proclamer^ et qui était déjà dans tous les esprits, n c'est-à-dire 1 le panthéisme , qu'on retrouve en effet presque à chaque chapitre. {Préface et Manuel, passim.) Si l'opinion publique et nos citations pouvaient
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laisser quelques doutes sur ce fait, le témoignage d'un disciple et collègue de M. Cousin suffirait pour les dissiper, a La doctrine de M. Cousin , dit M. Gac tien-ArnouIt , sa doctrine du panthéisme , fàta- « liste et optimiste , ne tend à rien moins qiCà tuer « la vertu dans son principe...* Trop de gens ont « cru apprendre de M. Cousin à la regarder comme « une chimère et une niaiserie : ils agissent en conc séquence. Enfin, sous le point de vue religieux, « il nest parifenu qt£à faire des athées , parlant c mal chrétien et parodiant le catholicisme. Beau- « coup de ceux qui avaient été ses disciples, se sont fn faits SAiNT-siMOKiENS. » {Doctrinc phdosophiquc, pag. 17a et suiv. )
C'est enfin dans les classes de 5^ et 6® , ainsi que dans les écoles primaires , M. Burette, enseignant dans ses Cahiers, que, « placé, à l'enfance du monde, « sur cette terre miraculeuse de l'Egypte , l'homme, « frappé du spectacle des phénomènes physiques , a se prosterna devant la nature et l'adora....; que, « dans le point de vue d'une mystérieuse unité , I le Dieu suprême et l'univers se confondent....; que 1 tout vit dans l'univers, que tout vit d'une seule « vie, et que cette vie, c'est Dieu....; qu'il est le tout, « dans le tout et par le tout. » ( Cahiers d'histoire universelle , à l'usage des collèges et des écoles normales primaires , a* cah. pag. 97 et 98. )
C'est , dans tous les collèges, le Voltaire classique, ou Siècle de Louis XI F, présentant, dans le catalogue des écrivains , d'après des vers cités avec
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éloge (art. Chaulieu), les châtiments de l'autre vie comme de vaines superstitions , des fantômes^ enfants de la peur ^ imprimés dans les cœurs par de faibles nourrices , avec les contes de loups-garous ; y louant et y justifiant tous les impies et les athées eux-mêmes ; y accusant, ainsi que dans les chapitres Sa et 38 , Bossuet d'être secrètement marié ^ Fénélon , d'être un ambitieux à l'imagination romanesque , tous les deux d'être incrédules et sceptiques^ » On dirait qu'obligé de louer ces deux grands hommes pour leurs talents littéraires, et de mettre quelques-uns de leurs ouvrages entre les mains des élèves, l'enseignement d'état a voulu paralyser^ par ce livre de Voltaire, ce que l'autorité de ces immortels écrivains aurait pu produire dans l'esprit de la jeunesse en faveur de la religion, en les pré- 3entant comme n'y croyant pas eux-mêmes.
C'est M. le professeur et recteur Laroque, prononçant, dans la dernière édition de son Cours de philosophie^ que rien n'est plus véritablement im^ pie que le dogme de V enfer.
C'est M. Auguste Comte , enseignant , dans ses Cours pour le peuple^ que ce même dogme est un conte comme celui de Croquemitaine.
C'est M. Cousin, dans son livre d'instruction morale et religieuse^ approuvé pour toutes les écoles, ne reconnaissant pour dogmes que la Trinité, Vln^ carnation et la Rédemption , comme pouvant être plus tard expliqués par la substance unique: Dieu nature et humanité j et par f incarnation de la rai-