‹ Un éclair avant la foudre; ou, Le communisme et ses causesChapitre 41 sur 111 · PREMIÈRE PARTIE, iSq · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE, iSq

i dans rhomme j pour le racheter ^ retranchant ifer et réduisant tout le reste de la religion au Ue^ produit de F enthousiasme où F homme adore qui n'y est pas.

Ce sont les Entretiens sur la morale de maître ^rre , déjà ci lés , où M. Delcasso enseigne qui! il \a qu'un seul Dieu , substance et cause unii^erte.... (pag.6a.) ^

C'est le livre approuvé pour les écoles d'hommes de garçons , ayant pour titre Instinct et mœurs ; animaux, dont près de i5o exemplaires furent tribués en prix dans la seule année i843, et dans seules écoles de Paris, (i) On y lit que l'âme de omme est de la même nature que celle des anilUx; qu'il n'y a entre elles quune différence du is au moins ; que l'intelligence et les instincts it formulés parles nerfs, qui, en se réunissant au veau, constituent l'intelligence. On y trouve des apitres où l'on raontre,pour l'édification de l'homî sans doute, la perfectibilité, l'éducabilité j la ^rale, les amours fidèles (il y a là des choses abonables), la probité et la charité des animaux , où l'on enseigne la conduite amicale que les mmes doivent tenir à leur égard. (Chap. a, 3, 4 9 6» 7»9> ïo> II ,ia, i3, 15,17, 18, etc.) C'est le matérialisme dans toute sa crudité. A^insi, du haut en bas de l'enseignement d'état ns les Facultés comme dans les collèges , dans les

I) État des ouvrages à distribuer en prix dans les écoles comoales de Parte, lithographie pour être mis au concours.

l4o LE COMMUIilSME ET SES CADSES.

collèges comme dans les écoles du peuple , le panthéisme et le matérialisme sont enseignés; tous les liens sociaux, tous les liens de famille sont radicalement dissous ou brisés I et le communisme en sort comme la sueur découle goutte à goutte d'un corps travaillant au milieu du jour, sous les rayons brûlants du soleil du mois d'août , sans qu il soit possible au rationalisme de le repousser autrement que par la tyrannie et par l'oppression de la force brutale.

— Edgar, disait naguère un père à son fils qui venait de terminer ses études dans les hauts cours de Paris , tes discours et ta conduite affligent profondément ta vertueuse mère....

LE FILS

Pourquoi aussi s'infatuer, comme elle fait, des vieilles superstitions du catholicisme, et vouloir les imposer aux autres ?

LE PiRE.

Les croyances d'une mère sont toujours , mon ami , respectables pour un fils.

LE FILS

Le fanatisme et l'absurdité, mon père, ne sontres* pectables pour personne , et je ne puis m'avilir jusqu'à honorer ce que je méprise et abhorre.

PA£M1ER£ PARTIE^ ]4t

LE PÈRE

Mais au moins faudrait-il laisser vos sœurs tranquilles, et ne pas travailler du matin au soir à les tourmenter et à les pervertir.

LE FILS

Les pervertir , en leur répétant les enseignements de l'état, ceux-là mêmes que, pendant douze ans , vous m'avez fait recevoir? C'est leur apprendre au contraire à jouir de la vie; et ne savez-vous pas mieux que moi qu'hommcj nature ^ toute existence ^ comme dit dans ses Origines du droit (Introduct. pag. 64.) notre premier professeur d'histoire et de morale au Collège de France , est traifaillé dHun m- Fiif I CA.PTIF qui veut se révéler par la génération ,

-par V action et par Vart Je ne puis résister à ces

penchants les plus naturels y les plus divins que nous portions en nous-mêmes. Les femmes jusqu'ici n'ont puisé ces enseignements que dans les romans et les théâtres; elles les recevront bientôt, comme nous, d'une manière régulière et obligatoire, dans les écoles de l'état.

LE PÈRE

Jusque là, je vous dispense de les leur donner, et vous prie de chercher à satisfaire ailleurs les passions qui vous pressent.

LE FILS

Tirés du sein de la nature 9 de la substance uni-

l4a LE COMMUNISME ET SES CAUSES.

verselle , ne sommes-nous pas tous frères et soeurs, comme les animaux? et n'est-ce pas se rapprocher de la vraie vertu que de prendre pour modèles ces irréprochables enfants de Dieu , comme dit encore notre professeur?... Pour chercher ailleurs, il faut de l'argent, et vous répétez sans cesse que nos revenus sont insuffisants....

LE PÈRE

Écourtés surtout par des procédés qui annoncent chez vous des idées peu nettes sur le droit de propriété.

LE FILS

Que voulez-vous dire ? je ne comprends pas.

LE PÈBE.

Interrogez votre conscience, et le jour se fera. a

LE FILS

Ma conscience ne me reproche rien ; ma raison me dit, au contraire, qu'étant tous également^ra^ment et portion de Dieu^ comme me l'ont enseigné tous les maîtres detat que vous m'avez donnés, tous également nous avons droit à tout.

LE PÈRE

Mais c'est le communisme..^.

LE FILS

Cest l'enseignement d'état, que vous pratiquer

PllhMlKilE PARTIE. l43

vous-même. Votre traitement de fonctionnaire ne sort-il pas de la poche des contribuables ? et la place à laquelle il est attaché , n'est-elle pas une de ces sinécures accordées en récompense de vos services électoraux , aussi bien que la bourse du collège où vous m'avez fait étudier , et à laquelle je n'avais pas plus de droit que tout autre ?

LE PÈRE

C'est un étrange et bien insolent langage que vous tenez là, Monsieur!

LE FILS

C'est celui de la vérité.

LE PERE

Vous me prenez sans doute aussi , comme votre roérei pour un fanatique absurde , mais dans un autre genre.

LE FILS

Non I mais pour un tyran égoïste qui vous souciez fort peu des droits de vos enfants.

LE PÈRE

Devant l'autorité d'un père, il n'y a pour un fils que des devoirs.

LE FILS

autorité vient d'auteur , et il n'y a plus d'auteur depuis que Dieu lui-même ne crée rien de rien, et

j/j4 LE COMMUMSBIE ET SES CAUSES.

qu'il est nécessité par sa nature elle-même de nous tirer de sa substance, et nous, et tout ce qui existe, et de mettre ainsi sous des formes diversifiées à l'infini, son infinie activité. Ces formes elles-mêmes , c'est-à-dire, tout ce qui existe, c'est son être, c'est lui-même ; elles n'ont point , elles ne peuvent point avoir d'autorité les unes sur les autres, appartenant toutes également, forcément, partout et toujours, à la même substance, qui est tout et que nous appelons Dieu. Me formant d'elle , non librement, mais nécessairement par nature et sous peine de cesser d'être , ne pouvant pas plus être elle-même sans moi, que moi sans elle, elle n'a pas pu et ne peut pas plus avoir d'autorité sur moi et sur les autres êtres phénoménaux qui me ressemblent, que moi sur elle et sur les autres êtres , ses semblables et mes égaux , quelque nom qu'on leur donne , qu'ils s'appellent état ou église , pères, mères, frères, sœurs, hommes ou femmes, rois ou préfets, plantes ou bêtes. Ainsi l'enseigne encore tout l'enseignement philosophique et historique le plus officiel de l'état. Est-ce que le soleil a quelque autorité sur ses rayons, et la source sur les gouttes d'eau qui en jaillissent? Est-ce que ces rayons et ces gouttes d'eau ont quelque autorité les unes sur les autres? Est-ce que Thirondelle qui est sortie de son nid et qui a effleuré le fleuve ou plané au haut des airs, s'incline et renonce à ses instincts devant l'hirondelle qui l'a nourrie? Est-ce que le lionceau, devenu bon, et qui rugit et déchire librement sa

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