‹ Un éclair avant la foudre; ou, Le communisme et ses causesChapitre 52 sur 111 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

tion dagir en vertu de nos sentiments. Donc , tout ce qui est conforme à la sensibilité, ou cause des sensations agréables; tout ce qui flatte nos instincts physiques et satisfait nos appétits naturels, est moral; tout ce qui les contrarie est immoral; voilà le bien que nous devons aimer , voilà le mal que nous devons haïr ; telles sont les notions du juste et de l'injuste, du bien et du mal. Qu'on trouve, si Ton peut, chez les peuples les plus barbares, chez les communistes les plus avancés, des principes de morale plus immoraux , plus destructeurs de toute vertu, de tout devoir, de tout dévouement réel , de tout ordre social.

« En présence du désert et de la belle vallée du Nil , 9 dit aussi l'historien des classes de sixième et des écoles normales primaires , « la pensée reli- « gieuse conçut le dualisme des principes : le bien ff et le mal y la richesse et la fécondité.... » Et plus loin : a L'Asie soumet l'homme aux influences les a plus diverses, et détermine, on aura beau le nier, a son rôle historique et moral. La liberté humaine ff proteste vainement contre ces lois fatales , il lui a faut plier le genou. Dans cette i^aste partie du a monde , les hommes relèvent et dépendent du « sol. » (Burette, Cahiers d histoire naturelle. Cours de sixième, a* cahier, pag. 97 et 98.) On y voit même notion matérielle du bien et du mal que dans MM. Damiron et Matter, même fatalisme que chez MM. Cousin et Jouffroy. Ce sont bien là, et dans les mêmes termes, les doctrines de Proudhon et du com-

l'J2 LE COMMUNISME ET SES CAUSES.

inunisme: le mal , le péché , c'est la misère , et la véritable vertu, c'est le bien-être, Tégalité, la lutte contre la religion , ou le socialisme.

Cl Le bicD, disent les Entretiens sur la morale , de maître Pierre, approuvés pour toutes les écoles d'adultes-hommes , et par conséquent , pour toutes les écoles normales primaires , « le bien a son exis- « tence substantielle en Dieu : c'est donc ce qu'il y a c( de plus positif, puisque c'est l'être par excellence. « Au contraire , ce triste phénomène que nous ap- «c pelons le mal, est une négation : c'est l'absence « du bien , c'est la ruine du bonheur j de la liberté , a de la science. Ce n'est point un être, ce n'est point « un principe , c'estun simple phénomène dépourvu (c de toute réalité substantielle (ainsi que l'homme, « les animaux, les plantes» les lois et les gouver- « nements, comme a dit plus haut le grand-maître « Cousin....) L'acte béalisiê n'est ni bon ni mau- « vais; il flotte au milieu des agitations de la ma* « tièrcj laisse sur son passage un désordre accident « tel, et se perd dans le monde phénoménal; le mal « n'est que dans l'intention de Vagent.,.. » (Pag. 6a et suiv.)

Or, dans le communisme, l'intention est bonne: le désir de se rendre heureux et d'affranchir le monde des servitudes de la propriété; les moyens, assassinat, vol, incendie, guerres civiles, ne sont rien , tout au plus un désordre accidentel qui se perd dans le monde phénoménal. Qu'avez- vous donc, hommes de l'état, magistrats de l'état, d'après

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les enseignements obligatoires pour tous les Français, sous peine d*iIotisme , à y reprendre et à y punir, sans la plus monstrueuse contradiction?

« La morale^ à notre avis y » dit le livre : Instinct et mœurs des animaux , donnés par letat pour modèle aux écoles primaires d'hommes et de jeunes garçons, comme il donne aux collèges la conduite des boucs et des chèvres, dans la V^ idylle de Théocri te, prescrite pour le baccalauréat, « la morale ^ à « notre avis , est la traduction du grand principe : « L'AMOUR DE SOI à Image des sociétés. » {^Fexte et développements , pag. 4o3 et 498 et suiv. Voyez aussi plus haut y pag. iSg.) Le communisme ne peut trouver nulle part de meilleurs modèles et de plus grandes autorités, et ses écoles sont celles de Tétat.

Aussi , un des premiers magistrats de nos Cours d'appel rapportait-il, il y a quelques années, à la Chambre des pairs , et plusieurs journaux ont-ils répété, en développant son récit , le témoignage suivant, qui corrobore admirablement tous les autres :

« Un ancien condisciple de M.yillemain lui aurait c amené ses enfants, et lui aurait demandé , avec « cet abandon que donnent la con6ance et Tamitié, a de vouloir bien lui indiquer le collège de Paris « où ils pourraient être placés avec plus de sûreté « pour leurs mœurs , et plus de profit pour leur in- <c struction. Touché d'une aussi franche ouverture, « et aussi de la fraîcheur, des grâces et de Tair « d'innocence de ces enfants , M. le grand-maître

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« aurait répondu : Si tu m'eo crois , mon ami , to « placeras tes enfants chez M. Tabbé *** ; les élises « de nos collèges , passé la troisième , N'ONT PLUS « LE SENS MORAL! i» {Union desprouinces , juin i844- Les dialogues sur la liberté d* enseignement citent le texte même du discours de M. Séguier, pag. II 3.)

Aussi, un autre grand-maître a-t-il dit, dans une grande solennité : a Vous savez qce s'il arrive a

« UNE GéirilRATION DE FAIRE FAUSSE ROUTE , ON DE- « MANDE QUELS HAFIRES LA FORMÈRENT. » (DisCOUrS

pour la distribution des prix de concours , 1837.) Mais c'est assez. Ces témoignages partout répétés sont plus que suffisants pour démontrer jusqu'à l'évidence, à quiconque n'est pas lui-même associé au complot de détruire le règne de Dieu sur la terre , quelles sont les vraies et les plus efficaces causes doctrinales du communisme , si surtout l'on veut bien réfléchir sur les développements que ces causes , une fois posées dans les écoles par douze ou quinze ans d'enseignemenis, prennent ensuite dans les récits et dans les faits appréciés et commentés en conséquence par la presse de tous les jours, dramatisés sous mille formes, par les romans et les pièces de théâtre. Mais laissons parler sur ces développements une autorité non suspecte aux partisans de l'enseignement d'état.

a Dans cet intervalle (depuis i83o) ,dit M. Charles Dupin {Discours sur les rapports de la morale^ de renseignement et de V industrie) y o combien peu

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