PREMIÈRE PARTIE. ic
a C'est avoir, dit-il , une vanité bien folle de s'ima- « giner que Dieu prenne un si grand intérêt à la « forme de l'habit du prêtre , à l'ordre des mots a qu'il prononce 9 aux gestes qu'il fait à l'autel et n à toutes ses génuflexions. Eh! mon ami, reste de <r toute la hauteur , tu seras toujours assez près de «c terre. » (page 82.) Et quelques pages plus loin (i i3.) on lit : « Autrefois (quand je croyais) , je « disais la messe avec la légèreté qu'on met à la lon- « gue aux choses les plus graves, quand on les fait « trop souvent; depuis mes nouveaux principes (de- « puis que je ne crois plus), je la célèbre avec plus « de vénération ; je me pénètre de la majesté de « l'être suprême, de sa présence, de l'insuffisance de ce l'esprit humain , qui conçoit si peu ce qui se râper porte à son auteur. En songeant que je lui porle « les vœux du peuple sous une forme prescrite , je « suis avec soin tous les rites ; je récite attentive- « ment; je m'applique à n'oçiettre jamais ni le moin- « dre mot, ni la moindre cérémonie; quand j'appro- « che du moment de la consécration, je me recueille « pour la faire avec toutes les dispositions qu'exigent a l'Église et la grandeur du sacrement ; je tâche cf (Tanéantir ma raison devant la suprême intelli" « gence; je me dis : Qui es-tu pour mesurer la puisc sance infinie ? etc. »
Il nie la philosophie , il nie la foi , il nie toutes les religions comme fausses et inventées par les hommes; et il admet tous les cultes, toutes les superstitions , et veut que chacun suive celui ou celle de son pnys.
« pourquoi l'un de ces mystères a paru plus expli- « cable que Tautre. Quant à moi, soit quand je sois c passif, soit quand je suis actif* le moyen d'union « des deux substances me paraît absolument incom- « préhensible.... (pag. 3o.) » Or,« <\\x^ puis-je nier ^ a affirmer? Quels raisonnements puis-je faire suf ce « que je ne puis concevoir ? (pag. 5a. ) 9 II affirme pourtant qu'il a une âme, sans savoir quelle est son essence y ce qui ne Tempéche pas de la dire spirituelle, et d'ajouter immédiatement : a Je ne puis « raisonner sur (ce que je ne conçois pas), sur des « idées que je n'ai pas.... » Et un peu plus loin: c Quand j'entends dire que mon âme est spirituelle « et que Dieu est un esprit, je m'indigne contre cet c avilissement de Fessence divine^ comme si Dieu et • mon âme étaient de même nature! d (pag. 56.)
Il semble admettre l'enfer; il semble en douter; il s'écrie enfin : « Qu'est-il besoin d'aller chercher a l'enfer dans l'autre vie ? il est dès celle-ci dans le « cœur des méchants. » (pag* 5f . 54 et 55.) Il n'y a qu'un petit inconvénient à cette croyance: c'est que les méchants s'accommodent de ce châtiment sans trop se plaindre, car il n'y en a pas un presque qui ne désirât de le voir, ainsi que leur vie, durer toujours.
Il nie le péché originel, et il dit qu'il y a dans nous des combats inexplicables; il nie la prière , et il prie ; il nie la présence réelle et toutes les cérémonies du culte, et il dit la messe et observe ses cérémonies avec k plus scrupuleuse exactitude.
PREUIÈRB PARTIE. IC^
« C'est avoir, dit-il , une vanité bien folle de s'ima- « giner que Dieu prenne un si grand intérêt à la « forme de l'habit du prêtre , à l'ordre des mots « qu'il prononce, aux gestes qu'il fait à l'autel et « à toutes ses génuflexions. Eh! mon ami, reste de a toute ta hauteur , tu seras toujours assez près de « terre. » (page 82.) Et quelques pages plus loin (i i3.) on lit : a Autrefois (quand je croyais) , je « disais la messe avec la légèreté qu'on met à la Ionce gue aux choses les plus graves, quand on les fait « trop souvent; depuis mes nouveaux principes (de- « puis que je ne crois plus), je la célèbre avec plus « de vénération ; je me pénètre de la majesté de « l'être suprême, de sa présence, de l'insuffisance de a l'esprit humain , qui conçoit si peu ce qui se râper porte à son auteur. En songeant que je lui porte « les voeux du peuple sous une forme prescrite , je « suis avec soin tous les rites; je récite attentive- « ment; je m'applique à n'o^nettre jamais ni le moin- €t cire motj ni la moindre cérémonie; quand j'appro- «I che du moment de la consécration, je me recueille €c pour la faire avec toutes les dispositions qu'exigent a l'Église et la grandeur du sacrement ; je tâche o d'anéantir ma raison devant la suprême intelli-- « gence; je me dis : Qui es-tu pour mesurer la puis- « sance infinie ? etc. »
Il nie la philosophie , il nie la foi , il nie toutes les religions comme fausses et inventées par les hommes; et il admet tous les cultes, toutes les superstitions , et veut que chacun suive celui ou celle de son pnys.
aoa LE COMMUNISME £T SES CAUSES.
a vant rien , se moquant les uns des autres ; et ce a point commun à tous me parut le seul sur lequel a ils ont tous raison. Triomphants quand ils attao quent , ils sont sans vigueur en se défendant. Si a vous pesez les raisons , ils nen ont que pour dé- « truire; si vous comptez les voix , chacun est réduit ta à la sienne; ils ne s'accordent que pour disputer.... « Je conçus que l insuffisance de l'esprit humain « est la première cause de cette prodigieuse divera site de sentiments, et que l'orgueil est la secon- « de. » (pag. 16 et 17.)
Et en finissant son exposition la plus dogmatique, il s'exprime ainsi : « Pour être de bonne foi, a je ne me crois pas infaillible : mes opinions ^ qui me a semblent les plus vraies , sont peut-être autant c DE MENSONGES , Car quel homme ne tient pas aux c siennes, et combien d'hommes sont d'accord en « tout? » (pag. 78.)
Quant au prétendu Vicaire savoyard, que tout le monde comprend bien n'être autre que le cynique Genevois dont l'immoralité est devenue proverbiale, on lui fait dire dès le commencement, que, fils de pauvre paysan et destiné à labourer la terre, il n'a voulu faire le métier de prêtre que pour manger , qu'il s'est laissé ordonner sans savoir ce qu'il faisait, par bêtise; qu'il avait bientôt été interdit par un évêque intolérant, à cause de son incontinence publique , défaut qu'il a toujours conservé et entretenu comme vertu de nature ; qu'il est revenu à la messe par hypocrisie , et qu'il désirerait
PREBIIERB PARTIE. ao3
devenir curé dans une paroisse où il y eût des protestants , pour le plaisir de leur dire qu'ils ne sont pas damnés, (pag. i3,i49 9)ii3et suiv.)
Tel est l'impur et absurde fatras , le cours de scepticisme et de panthéisme, que le plus célèbre professeur de Tétat , après en avoir , au nom de l'état, saturé pendant vingt ans la jeunesse de toutes les écoles, vient de nouveau, et toujours au nom de Fétat, jeter en pâture au communisme, pour lui inspirer le respect de la famille et de la propriété.
C'est de l'eau fangeuse opposée comme digue à une inondation qui monte toujours ; des amas de soufre lancé pour l'éteindre, au foyer de l'incendie.
C'est un tissu de contradictions palpables, de doutes et d'absurdités sans nom , que le représentant le plus officiel de l'enseignement d'état vient présenter à la nation française , comme le triomphe de la vérité , du bon sens et de la vertu.
Serait-ce une sanglante moquerie jetée à la face de ce peuple, pour le punir de s'êlre fait le serf d'un tel enseignement? ou, ignorant des premières conditions de la vérité et du bon sens , la philosophie serait-elle elle-même encore à la recherche de l'une et de l'autre ?
Dans tous les cas, nous pouvons aider à la solution du problème ; et comme le style de Rousseau est trop poétique, trop enthousiaste, trop métaphysique même pour être bien compris,quoi qu'on en dise, par un philosophe dont le goût prononcé pour le positif abhorre depuis longtemps la poésie et la
aoa LE COMMUNISME ET SES CAUSES.
a vant rien , se moquant les uns des autres ; et ce a point commun à tous me parut le seul sur lequel a ils ont tous raison. Triomphants quand ils attao quent , ils sont sans vigueur en se défendant. Si a vous pesez les raisons , ils n'en ont que pour déa truire ; si vous comptez les voix , chacun est réduit m à la sienne; ils ne s'accordent que pour disputer,... « Je conçus que l'insuffisance de l'esprit humaih ff est la première cause de cette prodigieuse divera site de sentiments, et que l'orgueil est la secon- « de. » (pag. i6 et 17.)
Et en finissant son exposition la plus dogmatique, il s'exprime ainsi : « Pour être de bonne foi, cr je ne me crois pas infaillible : mes opinions j qui me « semblent les plus vraies , sont peut-être autant cr DE MENSONGES , Car quel homme ne tient pas aux c siennes , et combien d'hommes sont d'accord en « tout? »(pag. 78.)
Quant au prétendu Vicaire savoyard, que tout le monde comprend bien n'être autre que le cynique Genevois dont l'immoralité est devenue proverbiale, on lui fait dire dès le commencement, que, fils de pauvre paysan et destiné à labourer la terre, il n'a yo\x\\x faire le métier de prêtre que pour manger, qu'il s'est laissé ordonner sans savoir ce qu'il faisait, par bêtise; qu'il avait bientôt été interdit par un évêque intolérant, à cause de son incontinence publique, défaut qu'il a toujours conservé et entretenu comme vertu de nature; qu'il est revenu à la messe par hypocrisie , et qu'il désirerait
PREBIIERB PARTIE. ao3
devenir curé dans une paroisse où il y eût des protestants , pour le plaisir de leur dire qu'ils ne sont pas damnés, (pag. i3,i49 9)ii3et suiv.)
Tel est l'impur et absurde fatras , le cours de scepticisme et de panthéisme, que le plus célèbre professeur de l'état , après en avoir , au nom de l'état, saturé pendant vingt ans la jeunesse de toutes les écoles, vient de nouveau, et toujours au nom de l'état , jeter en pâture au communisme, pour lui inspirer le respect de la famille et de la propriété.
C'est de l'eau fangeuse opposée comme digue à une inondation qui monte toujours ; des amas de soufre lancé pour l'éteindre, au foyer de l'incendie.
C'est un tissu de contradictions palpables, de doutes et d'absurdités sans nom , que le représentant le plus officiel de l'enseignement d'état vient présenter à la nation française , comme le triomphe de la vérité , du bon sens et de la vertu.
Serait-ce une sanglante moquerie jetée à la face de ce peuple, pour le punir de s'êlre fait le serf d'un tel enseignement? ou, ignorant des premières conditions de la vérité et du bon sens , la philosophie serait-elle elle-même encore à la recherche de l'une et de l'autre ?
Dans tous les cas, nous pouvons aider à la solution du problème ; et comme le style de Rousseau est trop poétique, trop enthousiaste, trop métaphysique même pour être bien coin pris, quoi qu'on en dise, par un philosophe dont le goût prononcé pour le positif abhorre depuis longtemps la poésie et la
fiction, mettons autrement, pour la logique et pour le français de notre temps , la profession de foi du Ficaire savoyard ^ dans un entretien à Tamiable et sans figures entre l'un et l'autre.