IN MOT DE PRËFAGË
Quelques personnes ont renouvelé contre V Éclair avant la foudre, ou le Communisme et ses causes , les reproches d ardeur et d!im^ pétuosité de style faits au Monopole destructeur de la Religion et des loisj par ceux qui auraient voulu concilier ensemble la liberté, et renseignement d'état, la foi et Tincrédulité.
Voici notre réponse. Elle nous est fournie par M. Villemain, dans le jugement qu'il a porté sur les Lettres de quelques Juifs , par Tabbé Guénée.
ce L'abbé Guénée a beaucoup d'esprit; mais ce il veut trop en avoir : cela le rend parfois ce mondain, subtil et presque de mauvaise foi. c II use de ménagements, de détours^ et ne c sait pas avouer avec force ce qu'il croit. Ce c n'était pas défaut de foi , mais influence du « temps et respect humain. Il n'y a pas d'ar-
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IV UN MOT DE PRiSpACB.
(c deur dans ce livre. C'est une défense habile <c plutôt qu'une confession haute et sincère. <c Par là même, Touvrage plat au siècle qu'il
ce ne heurtait pas » {^Cours de Littérature
française, tom. 1 1. pag. 96. Paris, i84i- )
Nous l'avouons : dans les mêmes circonstances , à peu près , où se trouvait Tabbé Guénée^ en face du scepticisme triomphant et d*une indifférence religieuse presque générale , au milieu de l'affaissement de tous les caractères sous la pression du respect humain et des appétits cupides , nous préférons à cette espèce d'éloge tous les reproches universitaires faits à notre ardeur et à l'impétuosité de notre foi. Nous avons même peine à comprendre qu'en présence des plus horribles blasphèmes , des plus noires calomnies^ et d'une propagande impie qui tue les âmes par centaines de mille , on puisse conserver un calme impassible , et ne pas manifester l'indignation raisonnée et profondément vraie, d'une foi qui ne craint que Dieu seul et n'espère qu'en lui. Une confession haute et sincère de la vérité catholique et de ses droits , sans aucun palliatif mondain , sans aucun éloge donné aux talents impies , nous a paru le plus grand besoin de notre époque , et pour nous , pour notre concience, un vrai devoir, une nécessité.
UN MOT DE PRéPAGE. V
Ainsi ont agi , ce nous semble , aux premiers siècles du Christianisme et en face du triomphe matériel de certaines hérésies, et les Confesseurs de la foi, et les Pères de TÉglise.
Rien , à notre avis , n'a plus contribué à diminuer l'horreur des peuples pour l'impiété , pour l'envahissement des droits les plus saints, et à faire descendre au milieu d'eux l'indifférence religieuse ; rien , par conséquent, n'a plus été contraire à la charité que les éloges et les témoignages d'admiration et d'estime prodigués par les hommes de foi aux envahisseurs des droits de l'Église et aux porte-étendards de l'impiété.
L'AUTEUR du Monopole destrucieur de la Religion et des lois.