‹ Un éclair avant la foudre; ou, Le communisme et ses causesChapitre 80 sur 111 · AUTRES CAUSES DU COMMUNISME : LES FAITS ET LES EXEMPLES · texte numérisé non relu

AUTRES CAUSES DU COMMUNISME : LES FAITS ET LES EXEMPLES

Justifia etêvat gentem : miseras autem facit populos peceatunu

C'est la Justice, ou la reconnaissance pratique des droits de Dieu , qui élève les nations : et c'est le péché , c'est-à-dire , le mépris ou reuTahlsscment de ces droits, qui rend les peuples misérables. [Pro* verb. tC/uiHy v, ZH.)

L'homme ne vit pas seulement de pain^ mais encore, mais surtout de vérité. L'intelligence a soif de certitude, et les sociétés elles-mêmes ne reposent que sur des doctrines positives. Le doute tue l'énergie et la vie intellectuelles; et le scepticisme, quand il s'étend dans les masses, ébranle le corps social jusque dans ses fondements. Jamais les sociétés ne périssent par des chocs et des révolutions purement matérielles , et toutes les fois qu'on les sent vaciller, comme l'édifice dont le tremblement de terre secoue les bases, on peut dire hardiment que le doute et l'anarchie des idées, comme un levier destructeur, se sont introduits dans leurs assises

a LE COMMUNISME ET SES CAUSES.

primordiales, et que les doctrines de la foi ont péri ou sont près de périr.

Le communisme , ce grand ébranlement des sociétés modernes, est donc la conséquence du scepticisme doctrinal. Le déisme 9 le matérialisme, le panthéisme et l'athéisme , renseignement, pendant près d'un siècle, de ces formidables négations, sont ses premières causes. Les raisonnements de notre première partie ont porté cette démonstration jusqu'à l'évidence , et d'une extrémité de la France à l'autre, aucune voix ne s'est élevée pour contester ces déductions puissantes; toutes, au contraire, y ont applaudi. Mais le scepticisme religieux , l'anarchie intelleotuelle , ne s'en sont pas tenus à la théorie, et les faits et les exemples pratiques les ont siiivis, aussi rapides , aussi étendus , aussi constants que l'ombre, sous un soleil d'automne, suit le char et les coursiers qui se précipitent dans un abîme.

La religion, bannie des sociétés humaines par le déisme et le matérialisme, la souveraineté de Dieu, remplacée par celle de la raiçon , le despotisme d'abord , l'anarchie politique ensuite , ne connurent plus de bornes.

Le despotisme, sous le nom d'état (i), absorba tous les droits, s'arrogea l'omnipotence, et tra-

(1) Nous avertissons de nouveau que, par le mot d'état, nous entendons seulement les gouvernements qui se sont succédé jusqu'à la république de 1848 exclusivenent. Us appartiennent tooi au jugement deThistoire, et de la logique, qui lie et coordonne en^ tre eux les principes sociaux.

SECOKDE PARTIE.

vailla, étendards déployés , à se substituer partout à la divinité elle-même. Religion^ consciences , intelligences, institutions sacrées, institutions populaires, propriétés de tout genre^ rien n'échappa à ses audacieuses usurpations. Il mit la main sur tout, sans règle, sans loi^ sans frein , comme si tout était son domaine, et qu'il en pût user ou abuser selon son bon plaisir.

C'était à qui applaudirait, à qui se courberait devant lui , et en lui livraut l'Église , le boulevart divin de toutes les libertés , en lui livrant les peuples et leurs droits, obtiendrait sa part des dépouilles opiroes. Rois, nobles , bourgeois, abbés de cour, se précipitèrent à l'envi sur cette noble curée, et il y eut des d^radations , des cynismes dont on ne trouvait d'exemples que dans la putréfaction des sociétés païennes.

Alors commencèrent à se dérouler, avec suite et ensemble, une série de faits et d'exemples de communisme, qui, en réagissant sur les causes doctrinales , activèrent plus encore le fléau dévastateur dont les coups menacent de destruction toutes les sociétés modernes.

Le monde moral en fut ébranlé jusque dans ses fondements ; la foi des peuples se prit à trembler comme le mont volcanique d'où la lave va sortir, et par un des plus admirables jugements de Dieu, ce qui paraissait devoir être le comble de la puissance matérielle, en fut le dissolvant le plus actif, la décadence et la ruine. Examinons successivement

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