‹ Un éclair avant la foudre; ou, Le communisme et ses causesChapitre 86 sur 111 · DEUXIEME FAIT, OU DEUXIEME EXEMPLE DE COMMUNISME · texte numérisé non relu

DEUXIEME FAIT, OU DEUXIEME EXEMPLE DE COMMUNISME

Uétat j en usurpant la direction suprême de la religion et du culte , a par là même porté la hache à la racine de tous les liens sociaux, et posé le fondement du communisme dans les consciences.

Attendite vobis et unlveno gregi in quo vos Spiritu» SanctuM poiuit Eplseopoi regere BeeUêiam DeL

Prenez garde, et à tous » et à toat le troupeaa sar lequel le Saint-Esprit tous a établis étèques pour régir et gouTemer l'Église de Oieo. iàctes (Ut Ap&tre$,e/u 20,v.28.)

Il est évident que si la souveraineté des états vient de Dieu, elle est limitée au gouvernement des choses temporelles, et que, dans ces limites mêmes , elle a une règle supérieure qui est le but pour lequel elle est donnée : le bien du peuple , la justice et les lois de Dieu. Contester cette vérité, c'est livrer à l'état comme sa chose, la religion, le culte, la morale , les consciences, l'homme tout entier ; c'est faire l'état Dieu , et proclamer avec M. Cousin que la justice constituée ^ c'est tétat.

H non j ayant ou non la même source, est inadmis* K sible »

a La souveraineté ne peut s'exercer que par uirc X DÉLÉGATioir directe , temporaire , et sous la res- 8 ponsabilité des délégués » Quelle responsabilité peut-on avoir, quand on est Dieu par procuration , et qu'on exerce une souveraineté inBnie et indivisible ? (i)

Reconnaître donc à l'état le droit de diriger, le droit d'administrer souverainenaent la religion , la morale et le culte, le droit de limiter , de régler, de définir et de surveiller les ministères et les enseignements du sacerdoce ; défendre et étayer par sa coopération une usurpation si impie , c'est venir s'agenouiller devant la pierre fondamentale du communisme 9 et en lui livrant, avec les doctrines et la religion , tous les liens sociaux , proclamer son empire sur les âmes et sa souveraineté infinie.

Or, ce lamentable exemple, cette absurde et impie usurpation , soixante ans durant, tous les états qui se sont succédé en ont donné le spectacle aux peuples , ont forcé les peuples de le contempler , de se courber devant lui, de l'adorer en quelque sorte, comme si l'on eût craint que leur droite et pratique intelligence n'en tirât pas assez tôt les dernières conséquences.

Donnons-en des preuves légales, palpables» à l'abri de toute contestation.

(1) Voyez plus haut, 1^ partie, pag. 33 et 33.

La religion catholique, apostolique et romaine consiste essentiellement , i® dans le pouvoir divin que lui a donné le Fils de Dieu, son souverain législateur, d'enseigner jusqu'à la fin des temps toutes les nations, et de leur apprendre à observer tout ce qu'il lui a ordonné : Data est mifU omnis potestas in cœlo et in terra ; euntes ergo docete omnes génies .... docentes eos sen^are omnia quœcunque mandavi vobis : et ecce ego vobiscum sum omnibus diebus , usque ad consummationem secuU.

n^. Dans l'union des fidèles avec leurs évéques, et des évéques avec le pape , successeur de S. Pierre , et vicaire de Jésus-Christ, qui a fondé sur lui son Église , comme sur une base inaccessible aux portes de l'enfer et de l'erreur: Tu es Petrus^ et super hanc petram œdificabo Écclesiam meam^ et portœ inferi non prœifalebunt adversus eam. {S. Matth. ch, j6. V, i8.) Vous êtes Pierre, et sur cette pierre j'édifierai mon Église, et les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre elle. C'est là qu'est le centre , dont l€s rayons doivent aboutir à chaque point de la circonférence, et ne faire de l'Église universelle qu'un tout spirituel dans une indissoluble unité ; ce qui demande la plus libre correspondance du chef avec les membres et des membres avec le chef, le droit et le devoir d'enseigner et de commander dans l'un, le droit et le devoir de recevoir l'enseignement et d'obéir dans les autres : Pasce agnos meos , pasce oves meas. {S. Joan. ch.ai.v. 1 6. eti'j.) Credo in unam, sanctam^ cathoUcam et apostoli'^

nave , et Guizot lui-même, v Ce qui appartient i « AVAiîT TOUT, aux sociétés religieuses (ou églises), a dit-il , comme sociétés indépendantes , c'est de se a constituer , de s'organiser , de créer, comme elles « le jugent convenable , le gouvernement qui doit les « diriger. Elles seules connaissant leur but et leni ce volonté ; elles seules savent ce qu'il convient de «faire pour atteindre Tun et satisfaire l'autre.... « Leur constitution arrêtée , c'est encore à elles à « la mettre en pratique , à faire des règlements de 4c discipline , à les appliquer aux cas particuliers a qu'ils prévoient , à pourvoir à leur exécution. « Pouvoir législatif, pouvoir exécutif, pouvoir ju- « diciaire , elles ont sur elles-mêmes une souverai- « neté complète , le pouvoir de contraindre ( maté- <x riellement) excepté...»

« Le pouvoir politique ne peut pas plus interve- « nir (de lui-même) dans l'élection des magistrats (c des églises que dans la création de leur symbole , « à moins qu'il ne se prétende institué pour diri- « ger et éclairer les consciences religieuses, c'esta à-dire , à moins qu'il ne confonde les intérêts du a ciel avec ceux de la terre, et ne détruise la li- « berté. »

«Le ministère religieux est le gouvernement cona stitué d'une société libre; celui qui en est revêtu « est le chef de cette société , le dépositaire et l'a- « gent de sa souveraineté. Il ne saurait donc dépen- « dred'un pouvoir étranger (comme l'état) , sans X qu'aussitôt la société qu'il représente en dépende

^SECONDE PJLhTlE. ^'J

aussi, sans que la souveraineté disparaisse. Dépendance et souveraineté sont les deux termes opposés d'une même idée ; Tune est absolument le contraire de l'autre. Où en serait donc la liberté des fidèles 9 s'ils étaient forcés de choisir leurs guides spirituels parmi les élus du pouvoir ? Ne dépendrait-il pas de celui-ci de ne présenter à leurs choix que des pasteurs, instruments de ses desseins, antipathiques à leur foi ?... »

<xSi les églises seules ont le droit de choisir leurs ministres , ceux-ci ne dépendent que d'elles seules , comme le magistrat dépend de la cité qu'il gouverne. Ils ne sont pas sujets de l'état à un autre titre que le reste des citoyens.... Il n'en est pas de même dans le temple : ils y sont maîtres et directeurs de toutes les cérémonies du culte , de toutes les actions religieuses. C'est à eux , a eux SEULS , à régler l'ordre des sacrifices et des prières , à fixer l'heure de leur consommation , à recevoir au nombre des fidèles ceux qui se présentent avec de justes titres, et à rejeter au contraire tous ceux qui se sont rendus indignes de cet honneur. Ils sont juges de la doctrine et de la foi.» a Dispensateurs des grâces et des châtiments spirituels, ils sont juges suprêmes des faits qui méritent les uns et les autres. Ils font remise des actions coupables, et ils en ordonnent l'expiation par la pénitence ; enfin, ils excluent de la communion : voilà leur droit ; nul ne peut exiger d'eux l'accomplissement d'une cérémonie reli*

•ja LE CpBISfnNISMB ET SES CAUSES.

«bref, rescrit, décret, mandat, provision, signa- (c tare servant de provision , ni autres expéditions (c de la cour de Rome, même ne concernant que « les particuliers, ne pourront être reçus, publiés, <K imprimés , ni mis à exécution sans l'adtorisa-

« TlOir DU GOUVERïEMElf T. »

Donc, l'état est le maître suprême de tous les rapports de l'Église avec son chef , des évéques avec le Pape , des fidèles avec le pasteur souverain que leur a donné Jésus-Christ même ; donc, il est le maître suprême de la juridiction spirituelle, de la mission , de l'enseignement , de la communion et de l'unité de l'Église , et en décide avec uns souveraine AUTORITE.

a Aucun individu se disant nonce , légat , vice caire ou commissaire apostolique, ou se préce valant de toute autre dénomination , ne pourra, « sans la même autorisation, exercer, sur le sol frano çais ni ailleurs, aucune fonction relative aux af- <x faires de l'Église Gallicane.» Donc encore, aucune juridiction, aucun apostolat, aucune mission spirituelle que sous le bon plaisir de l'état. Saint Pierre et saint Paul avaient besoin de l'autorisation de Néron pour venir à Rome, et de celle des proconsuls des Gaules et de l'Espagne pour envoyer des évéques et des missionnaires à ces pays.

« Les Décrets des synodes étrangers , dit l'arer ticle 3, même ceux des conciles giénéraux, vk a pourront :être publiés en France avant que le

Page 1