INTRODUCTION
L'histoire de l'empire byzantin est encore tout entière à faire. Personne en France ne la connaît, à une exception près, toutefois, sur laquelle je reviendrai pliîs loin. Et cependant il n'en est pas de plus curieuse, de plus passionnément attachante. Rien n'est plus captivant que d'étudier l'existence de cette prodigieuse monarchie , formée d'éléments si étrangement divers, héritière du vieil empire romain , à cheval sur les limites de l'Occident et de l'Orient, se défendant durant mille ans et plus avec une énergie sans pareille, toujours renaissante, contre l'effort infatigable des nations barbares coalisées.
J'ai été tenté de faire connaître de plus près au public épris des études historiques un chapitre de ces émouvantes annales. J'ai choisi la seconde moitié du dixième siècle , la plus grande époque de l'empire byzantin au double point de vue de la puissance militaire et du plus parfait développement de la civilisation et de l'art grecs au moyen âge. Et dans cette période j'ai pris pour sujet de mon étude la vie de l'empereur Nicéphore Phocas, un des plus illustres princes guerriers de Constantinople, un de ceux qui ont le plus contribué à maintenir glorieusement l'existence de l'empire, contre ses voisins du Levant comme du Nord et du Couchant, constamment acharnés à le détruire, Dans son court règne de quelques années, comme sous celui bien plus court encore de son prédécesseur Romain II , cet admirable homme de guerre a successivement et presque incessamment lutté contre les