‹ Un empereur byzantin au dixième siècle, Nicéphore PhocasChapitre 119 sur 237 · Villes et districts du Yémen, berceau du peuple arabe · texte numérisé non relu

Villes et districts du Yémen, berceau du peuple arabe

— Je laisserai toutes ces contrées désertes, ruinées, vides d'habitants, fréquentées seulement par les autruches. — Puis je me dirigerai vers Jérusalem avec ses colonnes (?) rendues illustres pour nous par l'Être puissant, ferme et sûr (?).

Nous vous donnerons pour maîtres ceux qui ont abaissé votre puissance et contre qui vous avez commis les actions les plus infâmes ; — car vos cadis vendent ouvertement leurs décisions de même que le fils de Jacob fut vendu pour quelques pièces de monnaie; — tous vos sheiks font de faux témoignages, alors que la bonne foi et la justice régnent dans tout le monde. — Je conquerrai tout l'Orient et l'Occident, et je répandrai en tous lieux la religion de la Croix. — Jésus a son trône qui s'élève au-dessus des cieux, et, au jour de la Résurrection, il planera au-dessus de tous, — alors que votre Prophète a été enfoui dans la terre, que ses ossements tombent en poussière au milieu des autres ossements , — et que ses enfants, depuis sa mort, sont éprouvés par la mort, la captivité et le déshonneur.

Le ton insolent et hautain de cette missive qui dut certainement être remise au Khalife en mains propres par quelque hardi messager, ce parti pris évident de menacer à la fois toutes les terres de l'Islam, bouleversèrent littéralement les esprits à la cour de Bagdad; tout le monde sarrasin en conçut une impression profonde. Divers chroniqueurs arabes font allusion à cet incident extraordinaire. El-Aïni* cite un long [)assage d'Ibn Kethîr ainsi conçu : « Ce Nikfour envoya au Khalife Almothi lillah une pièce de vers composée par un de ses secrétaires maudits. Dans cet écrit l'auteur chantait les louanges de ce maudit (Nicéphore), et ne craignait pas d'injurier l'Islam et les Musulmans. Il menaçait tous les habitants musulmans, affirmant que le Basileus irait s'emparer d'eux jusqu'au dernier, même qu'il se rendrait maître des deux villes saintes (la Mecque et Médine) ; il affirmait que Nikfour allait procurer la victoire au vrai Messie, — la paix soit avec lui, — et osait même s'attaquer au Prophète divin, — la paix soit avec lui. »

Dans le conseil du KhaUfe, il fut résolu de ne pas laisser pareil document sans réponse. On chargea de ce soin délicat un des plus célèbres lettrés de l'Islam, grand écrivain, grand voyageur, le premier des maîtres d'alors en fait de droit musulman. C'était le sheik et imam chaféite Abou bekr Mohammed ben Ali, dit Elqaffâl, de Tachkend. Ce haut et savant personnage- était accouru avec ses pieux coreligion-

1. Manuscrit n° 524 du Musée asiatique à Saint-Pétersbourg. Voy. Notices sommaires des manuscrits arabes au Musée asiatique, 1881, p. 120, n» 177.

Page 1