Né en 903, mort en
naires du Cliorassaii et de Traiisoxiane ', pour i)reDdre part à la guerre sainte contre les Grecs lors du grand mouvement national que les premières victoires de Nicéphore avaient suscité dans tout le monde oriental. Seul, parmi tous les lettrés et les poètes du Chorassan, de l'Irak, et de la Syrie, disent les chroniqueurs, ce haut personnage fut jugé digne de répondre à la missive inii>énale qui tant avait troublé les cervelles à Bagdad. La lettre rédigée par lui pour le Khalife nous a de même été conservée dans le précieux manuscrit de Vienne. Elle est également rédigée en vers'' et compte soixante-quatorze distiques'. Elle est conçue en termes très fins, très dignes, empreints d'une grande noblesse. La voici tout entière sous sa forme poétique. Je n'ai pas cru devoir raccourcir d'une ligne un document contemporain aussi précieux :
J'ai reçu un discours émané d'un homme qui ignore les règles du discours quand il s'agit de dialectique. — Il s'est forgé des surnoms comme un imposteur, et s'est attribué nombre de mérites purement imaginaires. — lia accumulé des menaces qu'il ne saurait réaliser, et il a épuisé en sa faveur des arguments sans valeur. — Il dit qu'il est a pur », alors qu'il est le plus impur des polythéistes, et que ses vêtements sont souillés par des impuretés. — Il se dit « chrétien »; or il n'en est pas ainsi, car c'est un homme féroce, incapable d'un acte de clémence. — Il n'est pas chrétien ; c'est un ignorant, un trinitaire, qui dit que Jésus défie toute description humaine. — Un prince pur et chrétien ne saurait être un homme perfide, on scélérat qui ne commet que des iniquités.
Calme-toi, et que Dieu te dirige si tu recherches la vérité : se démener n'est point le fait de gens sensés. — Ne te vante pas de ce que tu n'as jamais fait ; ne sois pas comme celui qui revêt le mensonge au milieu de gens sincères. — Tu énumères des victoires qui ont eu lieu depuis bien des années, dans les siècles précédents. — Ces victoires qui ont eu lieu il y a longtemps, tu te les attribues sans consentir à en partager l'honneur.
Il n'y a pas à se faire gloire de la prise d'Altall^ ni (de celle) de Dara'', lorsqu'il s'agit à'ex-