Journal asiatique, IV« série, t. V, pp
\ 1 l'IXIÈME SIÈCLE.
tiaiU' luit biou ^sic•étas duiaiit ces Jetix aiiin-c- «n- i<( ju.mou, «-i (|u n le rendit i\ la liberté sans exiger de lui aucune rançon. Il dut en être de même pour les autres captifs de marque, dont le retour î\ Byzam ( fut célébré par des réjouissances publiques.
Revenons un instant encore à l'ambassadeur Nikolaos. Ibn Al'i Dinar nous raconte comment le légat impérial, déjt\ fort vivcin» m impreësionné par le bel état de la puissance sarrasine en Sicile, par le nombre des troupes qu'il y vit rassemblées, après avoir également admiré les forces imposantes réunies dans le port de Soussa par les
Dinar on pièce d'or «lu Khalife fatimlte d'Afrique Mouizz ( El Mo'ezz lé-dln Allah), l'adversaire pul* l'allli de NlcéphorePhocas. Ce dinar a été frappé au Kairc en l'an 365 de l'Hégire, quelques années après la conquête de VÈgypi» par Mouizz. Les légendes inscrites sur les deux faces de cette monnaie sont ainsi conçues : Il n'j^ a d« Dieu que Dtem, Mohammed est l'enwyé de Dieii. — El AU est le plu* éminent de* léçalalrei et le vUir du meilleur de$ enroféi. — Mohammed est l'encofé de Dieu. Il l'a eti voijé a vec la direction et la reli^on de rérité pour lui donner le detsiu iur toutes les religions, dussent (les polythéistes) en avoir du dépit. — El Mo'ezt lé-din Allah, commandeur detCrojfanu, — L'imnm Ma'add appelle à la reconnaissance de F unité du Dieu éternel — Au nom de Dieu, ce dinar a été frappé à Mitr, t'mnHée trois cent soixante-cinq.
soins du Khalife, qui dès cette époque se préparait à la conquête de l'Egypte, perdit complètement la tête au spectacle des splendeurs du palais de Méliédia. Conduit, à travers la foule des soldats, des courtisans et des dignitaires, devant le trône splendide sur lequel siégeait majestueusement le Khalife, il crut voir Dieu même environné de sa gloire. (L On m'aurait dit, racontait-il plus tard, que cette éblouissante apparition allait quitter la terre pour remonter aux cieux, que j'aurais crié au Khalife : (( Ce prodige ne me paraît pas croyable, innis. si tel est ton désir, il s'accomplira. »
De ce côté les événements devaient se précipiter ; j'en achève le bref récit pour ne plus y revenir. Par l'épée de son fameux vizir Djauher (le Joyau) et de ses cent mille cavaliers, Mouizz, dans le courant de l'an 069, fit la facile conquête de l'Egypte. La capitale de ce beau pays fut de suite déplacée par son ordre et transportée t\ quelque distance au delà de
l'antique Fostat, à Kaliira, la Triom;pliatrice, où s'éleva comme par enchantement la belle mosquée d'Azliar. Mouizz, quittant alors Méliédia, partit vers l'est pour aller avec une lenteur magnifique, toute orientale, établir sa résidence définitive dans cette cité nouvelle. En juin 973 seulement, il y fit son entrée triomphale au milieu d'une pompe inouïe, apportant avec lui les ossements de ses pères. Il devait fonder en Egypte une dynastie qui y régna deux siècles durant. Ce fut un prince prudent et sage entre tous '.
En Sicile, la paix de 967 se maintint avec les Byzantins tout le long du règne de Nicéphore, l'île continuant à être administrée, sous la suzeraineté de Mouizz, par l'émir Ahmed. 11 y eut entre ce dernier et les autorités byzantines, tant d'Italie que de Constantinople, de fréquents échanges de relations amicales. Il semble même que les contingents arabes aient combattu en 968 et 969 côte à côte avec les troupes impériales contre les forces d'invasion d'Othon de Germanie; même cette union impie des Byzantins avec les infidèles leur valut les vifs reproches de la chrétienté ; nous trouvons du moins l'écho de ces faits dans les chroniqueurs occidentaux.
En l'an 358 de l'Hégire ^, peu avant le départ du Khalife pour l'Egypte, Nowairi signale encore l'arrivée à la cour de Méhédia d'une ambassade byzantine. L'envoyé de Nicéphore, probablement toujours le même Nikolaos, était cette fois aussi porteur de présents magnifiques ; et, comme ce fut à ce même moment que Mouizz expédia en Sicile l'ordre très inattendu de démanteler les fortifications de Taormina et de Rametta, qui venaient à peine d'être relevées, l'initiative de cette mesure, fort pénible pour l'orgueil des musulmans de l'île, fut généralement attribuée par eux aux intrigues des Grecs. Ils ne doutèrent point qu'en donnant ces instructions, Mouizz n'eût voulu faire acte agréable au Basileus. C'était là, paraît-il, une erreur de leur part ^ L'émir Ahmed obéit du reste aux injonctions de son maître et fit abattr les défenses des deux cités. Cette même année, lui-même fut relevé