‹ Un empereur byzantin au dixième siècle, Nicéphore PhocasChapitre 216 sur 237 · Le a Calliniquc · texte numérisé non relu

Le a Calliniquc

AU DIXIÈME SikCLE.

tumulte, a rapidement cliauss*'^ les Ijottine» de poar])ri; ■-.: .vêtu Ich principaux attributs du costume imp^'rial, assis sur le trAne des Basileis dans le Chrysotriclinion splendide, est imni/'diatetiieiit acclanit' par les conjurés et par la foule de ses nouveaux prtisans, qui a envahi de toutes part le Palais. Hyzance a changé de maître! Ceux-là in(^me qui étaient accounis pour prêter main-forte A Nicéphore sont les plus ardents i\ crier : « Longue vie i\ Jean autocrator, notre auguste maître! Longue vie à Basile et i\ Constantin, nos augustes maîtres. » Car, la fiction se continuant, c'étaient toujours les deux |)etits princes, fils de Romain, qui étaient censés régner, Jean succédant simplinnnt a\ Nicéphore dans la tutelle de ces deux héritiers légitimes.

Cédrénus raconte, sans cependant garantir l'authenticité du fait, que Nicépliore, troublé par le message mystérieux qui lui avait été remis dans la soirée, avait mandé à son frère le curopalate d'accourir au plus vite au Boucoléon avec une troupe de soldats fidèles. Léon, en ce moment fort occupé à jouer (c'était un joueur passionné), négligea de lire la missive impériale, qu'il posa sur le bord du lit. Une fois le jeu terminé, il en prit connaissance. Épouvanté de ce retard, il se précipita vers le Palais avec un de ses tils, le vestis Nicéphore, et tous les hommes qu'il put assembler. 11 n'était plus temps. Comme la petite troupe atteignait cette extrémité méridionale du Cirqn< minée en hémicyle, qui portait le nom de Sphendoné, on entendit à travers l'ouragan de neige des passants disant que le Basileus venait d'être massacré ! En même temps éclataient dans les cours du Palais et par toutes les rues et places avoisinantes les cris de ceux qui, torches en mains, proclamaient au milieu des ténèbres de la nuit le nouveau maître de l'Orient. Les deux princes, terrifiés, au lieu de tenter une partie suprême, coururent se réfugier à Sainte-Sophie '. Léon, avec ses immenses richesses, aurait peut-être encore réussi à ce moment à enlever le pouvoir k Tzimiscès.

1. Le curopaUte fut exilé à Lesbos et «on flU Nioéphore à Imbro*. L'snir» U» de Won. BardM, qni était duc ou «tmtigo* de» deux pctiU thèmes MUtiqoM d« ChaUà» et Colonie, fut rèroqoé de «ea fooctions et relégué à Amasia du Pont. Le trouième, le bimre ttimtopédarque Piene, le rainquear d'Antioche et d'AIep, était un enfant naturel.

Toute la journée du lendemain, le samedi 11 décembre, par un temps sombre et brumeux d'une horrible tristesse, le corps décapité de l'illustre vainqueur des Sarrasins, précipité d'une fenêtre dans les jardins du Palais, demeura gisant sur la neige. Vers le soir seulement, le nouveau souverain donna ordre de faire disparaître ces restes importuns. On ne pouvait songer, dans la confusion du moment et après cet assassinat presque public, à faire au Basileus défunt des funérailles solennelles. L'inhumation fut honteusement clandestine et précipitée. On mit à la hâte ce pauvre corps sur un brancard improvisé avec des morceaux de bois ramassés çà et là, et, la nuit venue, une nuit noire et profonde, on le transporta presque en courant, sans pompe aucune, dans le plus grand secret, aux Saints- Apôtres. Il y fut aussitôt enseveli dans un des grands sarcophages de l'héroon de Constantin '.

Ce fut là le dernier acte de ce drame sanglant, un des plus tragiques de la tragique histoire de Byzance '. Le pieux Léon Diacre note avec émotion qu'aucun des meurtriers de Nicéphore ne jouit paisiblement

1. Les chroniqueurs nous ont conservé les beaux vers iambiques composés en l'honneur du héros par le métropolite Jean de Mélitène, qui vécut vers les premières années du siècle suivant. Ces vers furent gravés sur- la tombe même de Nicéphore, En voici la traduction libre, empruntée à M. Brosset, dans son édition de Lebeau :

a Cet homme, naguère plus redoutable que le glaive, est tombé sous le fer du vil agent d'une femme. Maître tout à l'heure du monde entier où il n'occupait cependant qu'une petite place, celui que semblaient respecter les êtres les i^lus farouches, son épouse, cette autre moitié de lui-même, l'a massacré. Spectacle douloureux, il est condamné à l'éternel sommeil, celui qui connaissait à peine le repos des nuits. Lève-toi, prince, aujourd'hui I Eveille tes fantassins, tes escadrons, tes archers, ton armée, tes phalanges, tes bataillons; des nuées de Russes, les nations de la Scythie, avides de carnage, se précipitent sur nous ; ils désolent ton peuple, ta capitale, ceux qu'autrefois faisait trembler la vue seule de ton nom sur les portes de Byzance. Non , tu n'y seras pas insensible : arme-toi de la pierre qui te couvre, pour écraser ces sauvages agresseurs; et qu'ensuite elle serve d'inébranlable soutien à nos pieds affermis. Mais si tu ne veux quitter la tombe pour un moment, fais-leur entendre un seul des éclats de ta voix ; à ce bruit seul ils se disperseront. Si cela même t'est refusé, reçois-nous tous dans ton asile ; car du sein de la mort, tu suffiras pour sauver le monde chrétien, toi qui vainquis tout, hors une femme, 'Çl 7t/^v yw(xiy.ôi, Ta 5'àXXà Nixriçôpo;. 7>

2. Mathieu d'Edesse, très favorable à, Nicéphore Phocas comme tous les Arméniens, donne des détails a.ssez différents et quelque peu fantaisistes sur la manière dont il fut assassiné. Selon lui, un soir que Nicéphore, assis sur son trône, lisait à la lueur des flambeaux de cire l'Écriture sainte, l'infâme impératrice Théophano, étant sui-venue, attacha fortement autour de lui l'épée qu'il avait h son côté. Puis elle alla trouver son complice Tzimiscès et lui remit de sa propre main le glaive destiné à trancher la vie du juste. Tzimiscès étant entré furtivement dans la chambre de l'empereur, celui-ci, en le voyant, lui dit : « Chien enragé, que viens-tu faire ici ? » Puis, s'étant levé résolument, il cherchait son épée, mais il s'aperçut qu'elle était liée solidement à sa ceinture. Aussitôt Tzimiscès se précipite sur lui avec la férocité d'une bête sauvage, massacre ce vaillant prince et coupe son corps en trois morceaux... On découvrit alors que le pieux empereur portait sur la chair vive un cilice que dissimulait la pourpre dont il était revêtu. Le sang de l'homme de Dieu rejaillit sur la ligure des meurtriers, etc.

A KME SU 769

du fruit de son forfait. Jean Tziuii8c68, aï>^^g un rè^e glorieii \ bien court, |)érit, lui aussi, de mort violente et my8t^»rieu«e. Th^phano, chassée presque aussitôt du Palais par sou amant < inplice di*

la veille, qui refusa de l'épouser, traîna de monast^*re en monastère et jusqu'au fond de l'Arménie une existence lamentable *. Les autres conjurés, sans une exception, eurent une fin malheureuse. La justice divine atteignit chacun d'eux. Le seul Léon BaIant^8 fut exécuté aussitôt connue ayant porté le premier coup i\ Nicéphore. Ce fut le bouc émissaire qui paya d'abord pour tous, .loan Tzimisers iw put ou ne voulut le sauver \

Ainsi finit, dans une misérable intrigue de palais, ce règne, un des plus glorieux de l'empire byzantin. Lorsqu'il tomba, Agé de cin<{uantesept ans, sous les coups de ses njeurtriers , Nicéphore avait de toute.s parts relevé , fortifié et agrandi la vaste monarchie confiée i\ ses soins. Il avait définitiveiiient et pour longtemps abattu la puissance sarrasine, le plus grand danger de l'empire; il avait reconquis plusieurs provinces et restitué aux thèmes byzantins d'Asie Mineure une frontière sûre et redoutable. Il avait reconstitué les armées impériales et les avait portées à un degré de force et de perfection inconim jusqu'à ce jour. Du côté du Danube seulement il avait été moins heureux, et pour se défaire d'un ennemi déjà défaillant, il avait attiré sui frontière de l'empire un orage redoutable. Mais, comme lui triomphé des Arabes, ainsi son successeur allait savoir triompher de^ Russes.

1 . Lu patriarche Polyeucte, tonjonrs intrépide et fidèle malgré le* ans (il monrat un mot» aprui le drame du Boucoléon), refusa de procéder an couronnement de Tiiiiiiaoèa araat que Théophaao, qoe la voix publique désignait nmuiimenient comme rin«tigatrice du crime, «At été«cp«Me dn Palak. Jeu sacriiia sa maitreiwe à sa couronne. L'impératrice fut enfermée daai an monaetMra de Ille de Proti. Vw aprùs elle i^iuwit. à rentrer aeovtement à Conatantinoplc et se rèfogia à Seiate-SopUe. Le noareM pi»micr ministre Basile l'en fit sortir de force et l'exila à nooTeao, maie cette foia ao loin, «o Anaéoia, dan» un monastère fondé précisément par Xicéphore Pbocas. Antat qne de repartir pour cee terrée loiataiae». Théopbano obtint une audience de Tximieoéa. A peine l'ent-elle aperçn qa'elle éclata contn hd en fnrienses injure*». Ce fut une seine terrible. Voyant ton fils Baaile aaprée de aoo amant, elle M jeU snr le panvre enfant et lui meurtrit le risage à coupe de poings, l'appelant Sejtbe et bartiare: die faillit l'étrangler et l'on dut lamicher en toute hâte de m« main*. A U mort de TximiHèa, en f7«, elle fut rappelée au Palais. Sa mère avait été également, k l'avcnement de Trimiecàe, exilée à Maatinée.

2. Voyez dans le si intéressant mémoire de M. Syritow, malhenrewemeat écrit en kngw rwac, )m pages si pleines de renseignements sur les diverses souroea auxquellee ont pobé lee Bonlmneei ironiques qui Dons ont laissa' !• * ' meurtre de Nicéphore.

On dit qu'à la nouvelle de la mort de Nicéphore, qu'on avait justement surnommé le marteau des Sarrasins , il y eut de l'allégresse jusque dans la moindre bourgade de l'Islam , et que les émirs musulmans tant de fois battus poussèrent des soupirs de soulagement. De même Sviatoslav et ses Ross se crurent certains de la victoire sur le Danube. Cette allégresse de tous les pires ennemis de Byzance était prématurée. Certes la disparition de ce grand homme était pour l'empire un deuil cruel, mais la Providence avait voulu que son meurtrier fût aussi son émule et comme son continuateur. Les campagnes de Tzimiscès en Syrie et jusqu'en Mésopotanie, ses luttes formidables contre les Russes, duel gigantesque de deux nations , constituent pour l'histoire de Byzance un chapitre non moins superbe que les guerres de Nicéphore. Et même, après la mort préluaturée du brillant usurpateur arménien, le succès des armes et de la politique de Byzance ne devait pas faillir encore, et l'aîné des fils de Romain, Basile, devenu enfin seul maître de l'empire, devait, par l'anéantissement définitif de la vaste monarchie fondée par le czar Syméon, mériter le surnom glorieux du Bulgaroctone. Peut-être un jour me sera-t-il donné de poursuivre cette dramatique histoire de la lutte de l'empire byzantin aux dixième et onzième siècles contre ses éternels ennemis du nord et du midi, par l'attachant récit des exploits de ces deux princes guerriers , Jean Tzimiscès et Basile II, fils de Romain, dignes successeurs de l'immortel Nicéphore Pliocas, le plus grand souverain militaire du dixième siècle oriental ' !

l.<( On ne peut contester à ce prince, ditLebeau, d'avoir été le plus grand guerrier de l'empire depuis Théodose, et ses conquêtes sur les Sarrasins donnent lieu de conjecturer que, s'il eût vécu plus longtemps, il aurait rendu à l'empire, du moins du côté de l'Orient, toute sa gloire et son ancienne puissance. » — Voyez encore le jugement si favorable que porte sur Nicéphore et sur les résultats brillants de son règne trop court M. Paparrigopoulos dans son Histoire de la nation hellénique, t. IV, p. 193.

Les glorieux exploits de Nicéphore ont inspiré même ses adversaires irréconciliables, les Sarrasins, <iui ont chanté la bravoure du terrible Nikfour. Combien plus ont-ils inspiré les poètes byzantins ! Mais, hélas, tout ce cycle de chants épiques grecs et de poésies et kasidas arabes, fruit de tont d'événements guerriers de cette époque, nous est malheureusement encore presque totalement inconnu. M. Polychronios Syrkow, un écrivain slave, aux pages 2 et suivantes de son travail intitulé : I^ récit byzantin de l'assassinat de l'empereur Nicéphore Phocas, d'après une ancienne version bulgare, a relevé les passages des quelques chansons populaires grecques venues jusqu'à nous dans lesquels figure la mention du nom de Nicéphore. Je citerai parmi elles le poème sur les exploits de Digénis

\ r DIXIÈMK SIKCLK.

Acritan (voyes p. 8ô8), la chAïuon «ur Poritbjrio», celle iinr le fila d'Andronk, tUM etuMUOn de l'Ile *lo ''•'">> tlonie. Ce «ont là le« lointainn écho* dn cycle épi({ne qai • dû m former npULnor-'

- du grand ennemi de* Samuiim et remplir dn bmit de aon non la monde orietiUl Apn-H le* Grec*, leun voi«in« les plus proches, les Bulgares eux-méme> populaire, cluinté Nioéphore, M* exploits et ses malheurs. Le |>etit roluii; dont j'ai di>i ' quelques lignes plus haut a précimi.

l'étude trvK d'un ancivii ré<>it hulgiiro de la mort '

récit, où le t mêle & dos •:

ti''ti!nrit«''H ti' iito» qu'on :

t:»le, et tjui ^olll peul-f-tre rfxpiv-i^iou uit-uiv <i>

■. nou* est parvenu incomplet. 11 <l;itr Af b fin du siiccio; son auteur a vlîlêtroun moine hr nit d'un couvent proi'

DU son successeur Tzimixcèi». hln voici la tri 're : Dit du czar Phocat »

fureut mis <i mort i>ar unf caùaretière Hommre Thiophano. « Il existait une fois un c*ar l'bocas ; il arail huit frc-res tou.s plcin.s de vaillance. Lorsqu'il était «(uestioude guerre, ils ne rassemblaieut pa« leurs arm(.-«s, niali chacun s'en allait tout seul battre les trou{>es des princes étrangers; c'est ainsi qu'ils {taroouraictit 1« monde, attendant que quelqu'un les atta<iu&t par goût des aventures ou par tout notre motif et ne songeant qu'A se rassasier de combats ; mais iwrsonne ne se montrait pour les combattre. Ainsi donc la terre se reposait du temps du czar Phocas et il n'y avait dan* son ro\'aumc ni scbastocratore», ni armées, ni autre autorité souveraine, mais la terre vivait en silence. Et les boïars, les princes et les primats et le patriarche et les évcques s'assemblèrent et tinrent conseil, se disant : a Ces czars sont des «aiiit< et ue savent ya» prendre femme, et cependant nous n'aurons pas toujours des czars de même souche et le monde ne se reposera pas toujours dans le silence. MaLs quand Nicéphore aura atteint le terme de sa vie, nous aurons de nouveau de.s cznrs comme aupanivant et la paix s'en ini de ce monde. Assemblon»nous donc, frères, et allons supplier le czar ({u'il prenne femme i>our en avoir uo enfant, et nous aurons alors un gouvernement paciti<(ue pour l'éternité. S'étant donc tous réunis, ils vinrent chez le c/^r et lui dirent : « Prends pitié de noits, Mcssirc le czar; nous avons une seule prit-re k t'adres«er; iccorde-nous-la. » Et comme le czar les voyait l'implorer avec soumission, il leur dit : a Je jure par le l>.aréternel qui m'a créé ainsi que tout l'univers, de faire selon votre prière. ]> Alors ils lui dirent : <« Monseigneur le czar, ])rends une femme et procrée des enfants, des fils et des tilles, et que ton nom so maintienne jusque (Lins l'éteniité. 9 Le czar, les entendant lui adresser cette demande et ne voulant pas se parjurer, fit faire de petits souliers et leur dit : a Prenez ces souliers, cherchez celle au pie«l de la- (juelle ils iront et amenez-la-moi, et elle sera maczarine. 9 Ils prirent les souliers et {wrcoururent les ]>rovinces et les villes, mais nidle part ils ne trouvèrent personne qui pût mettre les souliers. Entiu ils arrivèrent à Xicomédie, et ayant été chez la tille d'une certaine cabaretière, appelée Tbéophauo, il se trouva que les souliers lui allaient. Les ]>atriarches, les primats, tout le peuple assemblé* là amenèrent Théophano au czar avec de grandes manifestations de joie. Le czar l'épousa par égard pour les vœux de ses sujets, mais il n'eut avec elle aucun mpport charnel. Le czar était accoutumé à lire ^an s cesse dans sa chambre le livre des Psaumes. Quand il voulait reposer, il dormait sur une couche do cailloux tranchants comme des couteaux, tandis que le lit im|>érial ne figurait que pour la montre. Théophano grandit et sa beauté devint éblouissante; et elle dit un jour au czar :a Mcssire le czar, tes i>omraes sont mûres et ton cerisier est déjà tout empourpré ; il est temps pour toi de récolter. » Le czar lui répondit : <£ Tais-toi, Théophano, attends un jkîu que j'aille à Jénusalem prier pour nous deux, et (|nand je serai de retour, je me ferai higoumène et je te créerai également abbesse et ainsi nous sauverons nos Ames ; quant i^ ce r^ue tu me proposes, quel bien i>ourrons-nou« en tirer? 9 Depuis ce moment, la maudite Théophano conçut dans son coeur son projet criminel et se mit en quête d'un amant. Le czar avait un seigneur du nom de Tzimiscès, qui était en grand honneur auprès de lui. Th(!-ophano vint le trouver et lui dit : « Viens avec moi. 9 Mais Tzimiscès l'évitait, lui disant : < Je no ferai pas cet outrage à mon seignetir. » Mais elle, s'étant fardée, vint le trouver dans ton lit, et de cette façon il la poss(['da. Aussitôt après, lui s'éveillant comme d'un rêve, se mit à pleurer amèrement et s'écria : € Malheur à moi, où finirai-jc? » Théophano dit : a Silence, Tzimiscès. Je te conduirai auprù* du czar, ta le tueras et tu deviendras czar l'i sa place. 9 Et elle le fit entrer dans la chambre du czar, où celui-ci lisait les Psaumes. Elle s'approcha de lui par derrière et, s'em]>arant de son épt-c dont le fer pouvait n.i;; r sur l'eau, elle le passa à Tzimiscès, s'écriant : « Frapiw-le, n'aie pas i>eur. » Et il le fnip)>a par dcrr ■ ' t le fendit en deux du haut en bas. Le czar ainsi blessé jeta le livre '!■ . »in«

' '. frappa Tzimiscès sur la tête, et dans le même moment tous deux ; ft^r

Il puits très profond était creusé. Théophano, aidée de deux jeunes filk^», yjeU

BMI-RRKLK BYZASTN.

7,;2 UN HMl'KREUK BYZANTIN

cicha autre part celui deTzimiscés. Recouvrant ensuite d'un tapis l'oritiee du puits, elle fit venir successivement les frères du czar, disant à chacun : « Le czar t'appelle. » Ils accouraient, croyant à quelque nouvelle importante. Théophano allait à leur rencontre cierges en main, les reconduisant jusqu'au puits, sur l'orifice duquel ils s'engageaient, croyant que le tapis avait été placé là en leur honneur ; alors ils roulaient dans l'abîme. Ainsi Théopluvuo réussit aies faire péi-ir tous avant l'aube et trouva un nouvel époux, etc., etc. » — Le conte présente ici une lacune considérable, et la suite du récit donnant la fi ii de Théophano n'intéresse plus directement notre sujet.

Revenons aux Byzantins. J'ai déjà parlé des chants composés par le diacre Théodose en l'honneur du vaiuiiueur de Crète (voyez page 84). iiichel Attaliote, qui écrivait sa chronique un siècle après la mort du héros, en rédigeant l'histoire de l'empereur Nicéphore III Botoniate, fait gloire à celui-ci de descendre du grand vainqueur des Sarrasins. « A quoi bon, s'écrie-t-il, conter les victoires de ce grand homme V La littérature et la poésie sont pleines du récit de ses hauts faits. » Dans un recueil anonyme de poésies byzantines conservé au département de la Bibliothèque nationale, M. Cramer a retrouvé plusieurs pièces de vers en l'honneur de Nicéphore Phocas '. Une d'entre elles célèbre ses victoires et sa fin misérable par les mains d'une faible femme. Une autre fait parler son ombre après que ses ennemis triom phants ont partout renversé son image. Ces vers, d'un grand style, d'une très mâle allure, ont été attribués à Jean Géomètre, poète des environs de l'an mille, que M. Wassiliewsky a récemment réussi à identifier avec le métropolitain Jean de Mélitène. Sur la tombe même de Nicéphore, cet évêque, nous l'avons vu, a chanté sa gloire (voyez page 758).

Feu Hase - mentionne encore des strophes en l'honneur de Nicéphore retrouvées dans un manuscrit venu du Vatic:m. Du Cange enfin a été l'un des premiers à citer quatre vers célébrant les victoires de notre héros qui sont gravés sur un reliquaire de la Vraie Croix, aujourd'hui encore conservé à Cortone. en Toscane (voj-ez les gi-avures des pages 689 et 603). Cet ivoire précieux est, avec un sceau et tiuel<iues monnaies, le seul monument encore existant sur lequel j'aie retrouvé le nom de l'immortel capitaine. L'inscription à son nom qui existait jadis à Tarente a, je le crois, disparu.

On le voit, le concert de louanges est quasi universel. Il n'y a guère que Luitprand, l'irascible évêque, qui détonne dans cet ensemble. Dans les vers gravés par lui sur les murailles de son abominable demeure byzantine, il a exhalé contre l'empereur qui le recevait si mal se=; furieuses rancunes de prélat latin et d'ambassadeur des princes d'Occident.

« Nicéphore, dit l'historien arabe Abou'l Mahàcen, était un homme brave, habile dans l'administration et le gouvernement, tel qu'on n'en avait pas vu depuis le temps d'Alexandre le Grand. » Le chroniqueur musulman ajoute ces mots à propos des origines supposées de notre héros : « Il n'appartenait pas à la lignée royale grecque; au contraire, il était, à ce qu'on dit, le fils d'un musulman de Tarsou^ connu sous le nom d'Ibn el-Qassâs. » Ce racontar que rapportent plusieurs autres choniqueurs orientaux est curieux en ce cju'il nous montre quelles légendes s'étaient formées sur ce nom glorieux, Les Sarrasins, dans leur admiration craintive pour ce terrible adversaire qui tant les acc.iblait, se faisaient une gloire de le réclamer pour un des leurs.

1. Voyez Anecdot'i fjrœca e codd. tnanu-Krlptis Bibl. reg., Paris, cd. J. A. Cramer, t. IV, Oxford, 1841, pp. 265, 266. 267, 274, 283, 290, 295, 296, 305, et Syrkow, op. cit., pp. 97 sqq. Voyez encore iligue, Palrologie, Patr. gr., t. CVI 1863 œ«rr« rf* ./«in Géonùtre, col. 805, 901, 903, 910, 920, 927, 932 à 934, 941. - Voyez aussi Wa^iliewsky, Fragments ruuo-bfftanfiHi, IV, clans le Journal du Miniilhe de l'Instruction publique russe, t. CLXXXIV, pp. 167-175.

2. XoUcs des mamiserit», t. VIII, Paii*, 1810, 2<" partie, page 267.

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Aboulfaraiv; (Ob.)» ^>t «"**• BarHrbr:T>ti«.

— Chronican êyriaeum, éd.

Kirsch, Leipeig, 1789.

ABOUl.riOA. — ArmaUt mualtmici, éd. Adler, »■. 1790.

i vcKX. — Anrjftleti^té. .\\\yr\\xA\,

l>eyde,J852-61.

Aï.vi (El-). — Cliroiii,... ;......

tulée : L* Collier de PerUa.

Amaki (M.). — Storia <lei iluêulinint

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AthamtHt {Vie de saint). — Dans le Recnei!

en langue russe intitulé : Viee tle» Péret

de l'Église de l'Athot. Voyez ci-dessous. A thoê ( Viet deji Père* de rÉgline de /')

(éii russe). — Saint ■Pctcrs1)nt;r- 1" ■'

Attaciotr (Michel). — JJiaturia, cU. lioun,

Bakduri (I' perium orientale

sive Antiquitate» ConatantinopolitaMe, Paris,

Bayet (C). — / I / &yain/iffl , Paris.

— Article» Hi/zatilin {Empire). Byzantin (Art), liyzaittiw, etc., dans la (i ronde Encyclopédie,

Hestouj«v-Riodïii.vb. — // .1 Jiutaie,

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