‹ Un empereur byzantin au dixième siècle, Nicéphore PhocasChapitre 215 sur 237 · Voyez page · texte numérisé non relu

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au-dessous des images du Clirist, (îe la Thcotokos et du IVécurseur. Pour la première fois, dit Ilui . I-Ailm. Xic(:»pliore «ï'tait livré nu sommeil sans avoir ses armes à 8«

Le gnomon a indiqué la tinquii-me heure de la nuit. Vu veut violent soulève les vagues de la Propontide, le froid est vif, il neige abondamment. Jean Tzimiscès, parti de ('lialc/Mldine avec trois hommes sur un.petite barque , longeant la rivr, .iIh-kIc .niin derrière le palais du lî..u-

Toiubcaa de Yoroelav, graud-dnc de Ruagic au commcnoauciii Uu XI' ai«^ CéUwdikîa <i« Ki«v. D'après l'ouTraj^c lii«toriqne de Polevol.

coléon ', près d'un groupe de ni.n ii< ivj m .'sentant le combat d'un taureau et 'd'un lion; c'est le fameux juh de ce nom. Les conjunglaive en main, anxieux, cherchaient à deviner son arii\ '- . Tu df ceux (jui avaient été placés en vedette sur les terrasses à riti ouvert Avs parties les plus élevées du nouveau kastron impérial, aperçoit cnliii l<s quatre hommes dans l'affreuse obscurité, l^e signal convenu, un coup de sifflet, se fait entendre, et, au moyen d'une échelle de coi des jetée de l'appartement de l'impératrice, les assassins du dehors vont rejoindre leurs émissaires. Cédrénus » t d .lutn > ne parlent point d'é»chelles et disent que Tzimiscès et ses trois compagnons fnr( nt liis^'s un à un

l. Nicéphore, paraît-il, serait venu coucher jwur la prcinicrc foi-* c<* »oir-là dan* celte nouvelle «Icmour»» du Boncoléon. Certainement les conjurés avaient attentln cette occasion farorabic. Ce bÂtiuait, tfui roiâin de la mer, offrait de grands avantages pom i^'icmcnt du crime.

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dans le gynécée au moyen de ces paniers d'osier ou couffins d'un usage si général dans tout l'Orient à toutes les époques. Tzimiscos pénètre le dernier dans le Palais.

Après avoir ainsi réussi contre toute espérance dans cette entreprise d'une fîibuleuse audace (le Palais, on le sait, est, il est vrai, plein de traîtres), les conspirateurs, quittant la plateforme du kastron, entrent tous ensemble, l'épée nue à la main, dans le cubiculum impérial. L'historien arabe Aboulféda afnrme que Tliéopliano en personne les précédait et que ce fut elle qui leur ouvrit la porte dérobée qu'elle avait dans la soirée négligé de refermer. Le fait semble peu probable. Jean Tzimiscès fut ici encore le dernier à entrer dans la chambre de son ancien compagnon d'armes. Comme ils s'approchaient du lit, ils le trouvèrent vide ! Ignorants des habitudes de Nicéphore, ils se crurent trahis. Comprenant comme il leur serait impossible de fuir, une affreuse panique les saisit.

Déjà quelques-uns parlaient de se jeter à la mer du haut des murs et de gagner le large à la nage. Un petit eunuque qui les guidait les tire d'embarras. Il leur montre du doigt dans un angle de l'appartement le Basileus sommeillant profondément sur sa peau de tigre. Aussitôt tous, pareils à des bêtes de proie, l'entourent. Comme il continuait à dormir, ils se jettent à la fois sur lui, le frappant à grands coups de pieds. Lui, réveillé en sursaut, se soulève accoudé sur un bras. Alors Léon Balantès, d'un terrible coup d'épée, lui fend la tête qu'il avait nue, son bonnet étant tombé à terre dans l'effort qu'il avait fait pour se dresser. Fou de douleur, car l'arme avait tranché toute la face, coupant profondément le front, le sourcil et la paupière et pénétrant jusqu'à l'os, sans cependant atteindre le cerveau, le malheureux s'écrie à plusieurs reprises : « Théotokos, viens à mon secours ». Sa face ruisselait de sang ; on lui attache les jambes ; on l'entraîne au pied du grand lit où Jean Tzimiscès s'est assis ; on veut le mettre de force à genoux devant son ancien frère d'armes , mais lié comme il l'est, étourdi par le coup terrible qu'il vient de recevoir, il ne peut se tenir droit et roule à terre. Jean l'accable des plus furieuses invectives ; tous les conjurés l'imitent ; chacun lui jette son injure ou sa vengeance à la face '. (C Ré-

1. Cédrénus cite expressément comme ayant pénétré dans la chambre impériale, outre Tzimiscès

AU DIXIÈME SifeCLK.

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ponds-iiioi, misi lal.lo tvraii >., lui trie 1 Aiimiii.-ii lioi^ de lui, le loulani <lu pied, 4 rcponds-moi : dis si ce n'est pas grâce à moi que tu e« inont/^ sur le trône, que tu es devenu un toufc-puisaant emiKireur. < )ublieux de tous mes bienfaits, aveugU' par la plus basse envie, tu m'a» fait tomber en disgrâce, tu m'as enlevé le commandement de l'armée, tu m'as envoyé vivre aux champs dans un misérable exil avec des ])aysans et des valets, moi qui vaux cent fois mieux que toi, moi que tous aiment et vénèrent alors que tous te haïssent. Maintenant tu es en mon pouvoir, nul ne t'arrachera di* mes mains. Toutefois, si tu as quelque chose à dire pour ta défense, parle, je t'écoute d.

Cependant, le Basileus défaillant, se sentant perdu, ne répondait rien à tant d'outrages ; seulement il continuait à invoquer A hante voix le secours de Dieu et de la Théotokos. On s'acharne sur l'infortuné. Jean lui arrache des touffes de barl)e. Ou lui fracasse la mâchoire ; on lui fait

sauter les dents î\ coups de pommeau a « p« »-. .Uan, ii.n'p.uii u< > {«k <i> le corps déji\ presque inerte, lui détache en pleine figure un nouveau coup d'épée qui lui pourfend le crâne. C'est à qui le frappera parmi ces hommes féroces éperdus de haine. L'un venge un long exil, l'autre sa disgrâce et les dédains du maître pour la prise de la grande forteresse syrienne. Enfin, au bruit du Palais qui s'éveille et se r» in-

Michel Boartzè«, Léon Balantès, AUypotbéodorM, et deaz MtrM dont Ton était probablcaert i/on Pédiaaimos.

|)lit de rumeurs menaçantes, ils comprennent qu'il faut en finir. Un conjuré, de sa longue épée recourbée à la pointe, transperce Nicéphore de part en part. Le Basileus expire aussitôt. Ainsi périt misérablement le grand empereur auquel ses triomphes innombrables avaient valu le nom de vixtitt;'?, le Victorieux '. Théopliano devait être derrière la porte qui écoutait.

(d Cependant cette scène affreuse a duré trop longtemps. Des rumeurs vagues font soupçonner aux serviteurs restés fidèles le péril de leur maître ; ils accourent. Les soldats, des Varangiens peut-être, qui sont cette nuit de garde aux portes du Palais Sacré, se précipitent la liaclie en main dans l'espoir que le Basileus n'a pas encore succombé. Ou s'efforce d'enfoncer les portes de bronze; un combat furieux s'engage; Aboulfaradj parle de soixante-dix gardes tués. Un moment même on peut croire que c'en est fait des conspirateurs, quand, sur l'ordre de Tzimiscès, qui déjà s'est précipité dans la grande salle du Glirysotriclinion pour s'y faire couronner, Atzypothéodoros tranche la tête de l'empereur mort et, la brandissant par une fenêtre, la montre à la lueur des flambeaux au peuple accouru en foule avec les soldats aux alentours du Palais. )) Ce dut être une scène dramatique que cette sanglante exhibition en ce lieu, par cette nuit noire, dans cet ouragan de neige. La multitude épouvantée, levant les yeux de toutes parts vers la masse sombre des bâtiments du Boucoléon, n'apercevait qu'un point lumineux qui attirait tous les regards ; c'était ce groupe d'hommes vivement éclairés par les torches fumeuses , agitant par ses longs cheveux encore noirs la tête méconnaissable et ruisselante de sang du grand Basileus Nicéphore. (( A cette vue, les soldats mercenaires accourus pour déhvrerleur empereur qu'ils croyaient encore vivants s'arrêtent brusquement ; hommes d'une autre race, animés d'un sentiment d'honneur militaire tout à fait éteint chez les Grecs du Bas-Empire, ces guerriers du nord, haïs d'un peuple qu'ils n'aiment point, savent que maintenant tout est terminé, que personne ne les suivra s'ils cherchent A contrarier une révolution déjà faite ; ils auraient vaillamment défendu Nicéphore, ils ne le vengeront pas. » Jean Tzimiscès, qui, durant ce

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