Forteresse byzantine
mixte arménienne et grecque sous les ordres d'un châtelain ou castropliylax. Une station de navires pyrophores lui fut en outre attachée.
Eu même temps Nicéphore, probablement fort encouragé par la présence à ses côtés de son directeur bien-aimé le fameux saint Athanase\ veillait à l'organisation de l'île, dont la chute de Chandax avait contribué à amener rapidement la soumission complète. De toutes parts arrivaient les députations des communautés sarrasines demandant F aman au nom des populations frappées de terreur. Partout l'administration impériale fut rétablie. Partout les mosquées furent abattues, les chaires à prêcher et les alcorans livrés aux flammes et leurs cendres dispersées. Un stratigos fut placé à la tête de la province reconquise. Un corps de troupes considérable fat mis à la disposition de ce fonctionnaire, car Crète, redevenue sentinelle avancée de l'empire, demeurait, par son rivage méridional principalement, gravement exposée aux incursions des flottes sarrasines d'Afrique et d'Asie. De très nombreux esclaves chrétiens, arméniens et grecs furent expédiés dans l'île.
Les résultats de cette campagne étaient considérables : Crète définitivement reconquise ', la mer pacifiée, purgée des terribles pirates qui l'avaient si longtemps désolée. Le progrès était immense ; il fut durable. Grâce à la multiple anarchie dans laquelle se débattait le monde sarrasin, Crète ne devait plus jamais retomber aux mains des Arabes. Les Byzantins la conservèrent encore près de deux siècles et demi. Saint Nicon, surnommé Metanoite^ jadis moine au couvent paphlagonien de Chrysopetra, puis missionnaire en Arménie, fut l'apôtre de l'île reconquise, releva partout les églises renversées ou transformées en mosquées, et, soutenu en songe par les encouragements de la bienheureuse sainte Photine, ramena au christianisme les descendants des anciens habitants auxquels les Agarènes avaient imposé leur rehgion\ Après la catastrophe de 1204, lorsque les croisés latins eurent dé-