Pour un temps seulement
2, Cette marche frontière de Cilicie avait été remise dès 047 par le Khalife à l'émir d'Alep. et cela libre de tout tribut, à la seule condition qu'il la protégeât contre les attaques des chrétiens. Le Khalife ne pouvait confier à de meilleures mains la garde de cette précieuse conquête des armes musulmanes.
KMPEIIEUR BYZANTIN. 18
jusqu'en pleine Arménie, jusqu'à Khelât, sur le lac Van, avec les villes de Raffikali et de Rakkah, les territoires de Rolias, qui est Ourfa ou Edesse, et de Harran, et la vaste province de Diâr Bekir, dont Mayyafarikin était une des villes principales '. En outre, le Harndanide possédait encore, sur la rive droite du moyen Euplirate, tout au nord de la Syrie proprement dite, cette bande de territoire qui séparait ce fleuve des petits thèmes byzantins de Sébastée, de Charsian, de Lykandos, bande étroite et mouvante de terres montagneuses désignée à cette époque sous le nom d'Al-Djezirali ", et qui s'en allait jusqu'au plateau d'Arménie; c'était alors moins une province véritable qu'un éternel champ de bataille uniquement hérissé de forteresses puissantes qui avaient nom : Marasch ou Germanikia, Mélitène ou Malatya, Samosate sur l'Euphrate, Hisn Mansour, Roum Kalaat, Hadatli, forteresses qui, chaque année, parfois plusieurs fois en une seule année, passaient des mains des soldats de Seîf à celles du ]5asileus suivant les chances diverses de cette lutte incessante. Mais dans ces dernières années toutes ou presque toutes ces cités guerrières, sauf Marasch qui venait d'ctre reprise par les troupes alépitaines, étaient tombées définitivement aux mains des Byzantins. Ils avaient à plusieurs reprises franchi l'Euphrate et occupaient même, on vient de le voir, Amida sur le Tigre lointain ^ Au nord de la Cilicie, la masse puissante du Taurus séparait les terres du Hamdanide des provinces asiatiques centrales demeurées jusqu'ici entièrement byzantines. En Syrie, une ligne allant de l'est à l'ouest et passant à mi-chemin entre Dolouk et Marasch, marquait à peu près, à l'avènement de Romain II, la limite septentrionale des territoires qui relevaient encore entièrement de l'autorité du prince d'Alep.
« De grands événements, dit M. Rambaud, s'étaient donc accomplis en Orient sous le règne de Constantin VII, sinon par son bras. La prise de MéHtène, de Marasch, de Théodosiopolis \ de Samosate, la soumission d' Edesse avaient transporté la frontière romaine jus-
1. La capitale de cette province, Atnida, venait, on l'a vu, de retomber aux mains des Byzantins.
2. Les anciennes provinces de moyenne Euphratèse et d'Arménie troisième. .3. Cette occupation même fut du reste bien momentanée.
•1. Erzeroum.
qu'au delà de l'Euplirate. Tous les échecs anciens étaient vengés : la route était ouverte vers Tarse, vers Antioche, vers Chypre, vers Jérusalem. Les propres généraux de ce Basileus, Nicéphore et. Tzimiscès, empereurs à leur tour, allaient pousser jusqu'au bout la fortune de Rome; et lorsque Constantin VII, malade au retour de son pèlerinage à l'Olympe, reçut les derniers sacrements de l'Eglise grecque, il put se réjouir de ce que, sous son règne, tant de grandes choses avaient été faites pour la cause du Christ. Cet empereur sédentaire, mais bien servi par d'habiles généraux, avait bien inauguré pour l'Orient comme pour l'Occident, pour les Hellènes comme pour les Francs, l'ère des croisades \ »
Revenons à l'expédition de 960 menée par Seîf Eddaulèh sur les terres de l'empire durant que Nicéphore commençait le siège de Chandax, c'est-à-dire durant la première année du règne de Romain II.
A la tête de trente mille cavaliers ", l'émir d'Alep franchit la frontière. D'abord tout alla bien. Léon Phocas, attardé dans le sud, à la tête de forces fort diminuées, ne put s'opposer à l'irruption de ce torrent dévastateur. Il dut se contenter de remonter vers le nord et d'occuper fortement les principaux passages du Taurus par lesquels l'émir et son armée devaient repasser plus tard ^
Les Sarrasins, pillant et brûlant, s'avancèrent, au dire d'Aboulféda et d'Aboulfaradj , jusqu'à la forteresse de Charsian \ capitale du thème de même nom, dans le voisinage de Mélitène. La garnison fut massacrée ; toutes celles des places avoisinantes furent également enlevées ou détruites. On fit d'innombrables prisonniers sans ren-