‹ Un empereur byzantin au dixième siècle, Nicéphore PhocasChapitre 54 sur 237 · Historiens arminiens des Croisades, t. I, Introduction · texte numérisé non relu

Historiens arminiens des Croisades, t. I, Introduction

2. Voyez une curieuse description des admirables paysages de cette partie du Taurus cilicien dans un article de M. Elisée Reclus, publié dans la lievue ffermanique sous ce titre : Paysages du Taurus cilicien. — Voyez encore le t. IX de la Nouvelle Géographie universelle, du même auteur, Asie antérieure, pp. 472 seq. Le défilé des Portes ciliciennes est décrit à la p. 473. C'est encore le seul chemin par lequel les chariots de l'artillerie puissent pénétrer de la zone du littoral dans l'intérieur de l'Anatolie. Voyez aussi la très intéressante description du défilé des Portes de Cilicie dans le Bulletin de la Société de Géo-

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l'altitude est de 96G mètres, gorge sauvage creusée dans le roc calcaijre, à cliaque instant traversée par un vent furieux débouchant de la Cappadoce, et par où passait au temps des Achéménides la route royale de Sardes à Suse. Ce sont là les célèbres Portes de Cilicie \ qui franchissent cet inaccessible et géant massif du Bulghar-Dagh, ces Pyrénées de r Asie-Mineure, à la riche végétation, aux (( panoramas de beauté divine. » Cyrus le Jeune les traversa dans sa course de Sardes à Cunaxa; Alexandre y passa en marchant à la conquête du monde. Cicéron arriva par cette route dans son gouvernement de Tarse. Pescennius Niger s'y retrancha contre Septime -Sévère, mais les neiges et les pluies balayèrent les obstacles qu'il avait dressés ; il dut se retirer et s'en alla périr à Issus.

Durant le moyen âge tout entier, les Pylaî Ciliciœ, que les Turcs nomment aujourd'hui Kulek-Boghas, continuèrent à être la grande route d'Occident en Orient. Jamais elles ne furent plus fréquentées qu'au temps des croisades ; mais déjà à l'époque dont j'écris l'histoire elles voyaient presque chaque année passer en foule les bataillons des Phocas ou les légers cavaliers de Chambdas le réprouvé. Des forteresses nombreuses, puissantes, élevées par les Byzantins et plus tard les Arméniens , sur les ruines des kastra antiques, forteresses dont les restes couronnent encore aujourd'hui toutes les hauteurs, commandaient l'entrée et le parcours de ce passage fameux. Sur le revers nord du côté de la Lycaonie, et comme poste d'avant-garde, s'élevait la clisure de Cybistra, position presque imprenable. A l'entrée même du défilé, du côté du sud, et dans la haute vallée du Sarus, se dressait la ville forte de Podandos, si souvent mentionnée par les chroniqueurs et que les gens de la croisade nommèrent Butentroth. Sous les Byzantins, l'importance de cette clisure était telle, qu'elle avait donné son nom au défilé tout entier. C'était une des clefs de l'empire en Asie. La troupe sarrasine qui en avait forcé le passage pouvait impunément se lancer à travers la sauvage Cappadoce jusqu'au cœur de l' Asie-Mineure.

fjra2>hk de 1878, Voi/affe en Cilicie, 1874, par MM. Favre et Mandrot, 2" art., p. 132 seq. Voyez enfin les récits si attachants du Eév. David, dans son livre paru en 1879 sous le titre : Life in Asiatic Turkey, etc. 1. Pylœ Ciliciœ.

Je possMe le sceau de plomb d'un gouverneur ou ^'piskeptit'. Podandos, probablement contemporain de notre récit.

Zonaras cite un autre kastron, celui de Drizibion, comme s'élevaut dans la région de ce même défilé, toujours vers son entrée septentrionale. Nous verrons que, lors de la campagne de 9G5, Nicéphore Phocas y l.iissa l'impératrice Théopbano et ^ • tits Hasilcis «es i\h.

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Sur le parcours même du défilé comme aux environs de sa sortie vers le sud et l'ouest, s'élevaient divers autres châteaux, celui de Goiiglag, celui de Lampron surtout, si célèbre plus tard dans les fastes du royaume chrétien de Petite-Arménie, position redoutable aujourd'hui connue sous le nom de Nimroun, qui seule eût suffi à arrêter une invasion. Non loin de là, la route des Pylœ Ciliciœ bifurquait à droite sur Tarsos, à gauche sur Adan;i

Je laisse de côté divers passa<^L> ><.iwiiu,uiv.-. qui .-^ ou vu, mi |....,- ...i U'trd. A trnvcrs In clinîiio is.'inrîf'inw». jmssages absolument imprati-

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cables pour une année, et j'arrive à l'autre extrémité da Taurus cilicien vers l'est. Là se trouvait le défilé le plus fréquenté au dixième siècle après celui des Pylae Ciliciaî, pour passer du pays de Roum dans celui de l'Islam. c( A l'extrémité orientale du Taurus cilicien, dit encore M. Dulaurier dans la belle étude sur la Cilicie contenue dans son Introduction au premier volume des Historiens arméniens des Croisades, s'ouvre la vallée du Pyrame ou Djeyhân qui met en communication la Cappadoce et par contiguïté la région de l'Euphrate supérieur avec la Cilicie ou Petite-Arménie. Dans le système de routes militaires qui sillonnaient cette partie de l'empire romain, il y en avait une qui reliait les deux métropoles de la Cappadoce, Césarée et Sébaste, avec la Cataonie au sud (le thème byzantin de Lykandos) et les villes d'Arabissus, de Comana, de Cocusus. Elle pénétrait en plein dans la vallée du liaut Pyrame, à Marascb ', et de là, prenant à travers les gorges de la montagne, la voie de l'immense et profonde déchirure, longue de plusieurs kilomètres, au fond de laquelle grondent et bouillonnent au milieu d'un véritable chaos de rochers les eaux du Djeyhân -, elle descendait, toujours dans la direction du sud-ouest, dans la vaste et fertile plaine de la CiHcie champêtre, qu'enserrent de part et d'autre le Cydnus et le Pyrame et où florissaient alors les cités de Tarsous, d'Adana, d'Anazarbe, de Mopsueste. Un imprenable kastron, nommé Gaban à l'époque du royaume de Petite Arménie, défendait ce défilé par lequel semble avoir passé la grande armée des premiers croisés sous Godefroi de Bouillon. Il était la clef de cette entrée de la CiHcie par la Cappadoce orientale ou par le nord de la Syrie ^ »

Un premier et redoutable obstacle se dressait donc en face des ar-

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