‹ Un empereur byzantin au dixième siècle, Nicéphore PhocasChapitre 82 sur 237 · SOI · texte numérisé non relu

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acclamait le général heureux qui

estauré la gloire de la très

Ci-lèbrc (Ulmatiqoe impériale du trésor de Saiut-Picire du Vatican. Ce ipieodide rlttOMBt d'origiaa bjraatiiM c4 fait d'un tissu de soie bleu sombre rehaussé d'or et d'argent. On rappelle «noore, tort à tort,, te cba|Nda paya «tel Léon III. Cette gravure est la copie très exacte du bean drarin colorié inédit que poertdt Ift IWWIotbèn— MlJonale. La représentation qui figure sur le devant de la dalmatiqae, et qui (*t ici repradidta, «A «M Taate mIm symbolique ob figurent cinquante-quatre penonnagea : érangéliste*, patriarcbce et sainta groupéa aatoar dn Chriat entre la Vierge et saint Jean. C'est le triomphe même dn Christ. Lm loacriptiona grecqpaa lnodéi» tn eaUe éri* matiqoc en indiquent nettement la provenance. La date est moins ceruine. La baaoté da OMtdBai flgnm nnNto les meilleure)) œnvres des peintres bysantins dn x* oa du xi* siècle. Ce TttemtBt mpaita m/t otttalwiol m des plus remarqnablea produite de l'habileté dca artisans byrantias.

sainte Mère des Byzantins, la divine Théotokos, qui avait châtié l'orgueil de TAgarène impie et fait fuir cent fois le Hamdanide et ses ca-

valiers rapides devant les bataillons orthodoxes. On acclamait le mâle et vigoureux capitaine qui remplaçait le faible Basileus défunt et allait donner à l'empire force et repos.

Le cortège éblouissant s'avançait avec une peine extrême, emprisonné entre deux murailles vivantes, à travers l'immense kampos, longeant le 'parateicMon par la longue voie dallée de plaques de pierres colossales qui borde extérieurement la Grande Muraille, celle même qu'on suit encore aujourd'hui pour la visite des murs.

Nicéphore, avant de traverser le kampos, avait dû probablement, comme nous savons que le fit Basile le Macédonien lors du triomphe de Germanikia, entrer dans l'égHse de Saint- Jean de l'Hebdomon, y dire la prière et y allumer des cierges. Sa première véritable station fut à ce même monastère des Abramites de l'Achiropoiétos , auprès duquel il avait débarqué quelques moments auparavant. C'était maintenant la troisième heure du jour. Le Basileus, descendant de cheval à la porte de l'église , y fit une courte prière suivant les rites, puis revêtit par-dessus sa casaque militaire le sagion de pourpre et le scaramangion aux fourrures précieuses, ce vêtement byzantin éclatant et somptueux si souvent mentionné par les chroniqueurs, qui ne nous ont jamais dit exactement en quoi il consistait *.

Remontant à cheval, le sceptre crucigère ayant remplacé l'épée dans sa main, Nicéphore, suivi de l'infini cortège, se remit en marche. Enfin il atteignit la porte Dorée et s'arrêta court sous cette voûte fameuse qui avait déjà été le théâtre de tant d'entrées pareilles. Bâtie par Théodose II dans la région du Cyclobion en souvenir de la défaite de Maxime, elle avait, depuis, vu passer tous les triomphes byzantins de tant de siècles. D'admirables sculptures la décoraient. Gyllius et d'autres voyageurs au dix-septième siècle en ont encore distingué des traces. Aujourd'hui ce qu'il en reste est caché dans les constructions du château turc des Sept-Tours, le vieux Cyclobion médiéval. La porte Dorée était un véritable arc de triomphe à trois baies, dont une cen-

1. Suivant im des récits, c'est seulement de ce monastère des Abramites que Nicéphore aurait expédié au-devant de lui les personnages désignés pour prendre officiellement en son nom possession du Palais Sacré et y préparer son installation.

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traie plus élevée. Ce qu'on montre sous ce nom aux touri>i< > a n, \:\d'hui est tout autre chose.

Nicéphore, sous l'arceau médian, lui n joiai par ks chcls Haiiuôin.s prisonniers qui avaient can){>é cette nuit-li\ en dehors de la porte Dorée. Puis il dut longuement subir les acclamations offirifllos de» Factions qui chantaient en mesure, s'entre-ré|)ondaii ilmie

bruyant et bizarre, lanyant au ciel cent formules diverses dont l'ordre se succédait rigoureusement. Voici à peu pr^s ce qu'elles disaient jjar les mille voix de leurs chantres installés au dedans de la porte durant que le Basileus, tête levée, raide et hautain sur son cheval immobile, écoutait, tous autour de lui faisant silence : a Sois le bienvenu! Nict'»phore, Basileus des Romains ; sois le bienvenu, prince très grand, sois le bienvenu, toi qui as mis en déroute les armées aga rênes, toi qui as détruit leurs cités, triomphateur très grand, toujours auguste. Par toi les nations barbares ont été subjuguées; par toi Ismaël vaincu a «lu demander grâce à genoux ; par toi la puissance du peuple romain s'est largement amplifiée. Que ton. règne soit fort et prospère! Dieu a eu pitié de son peuple, Nicéphore, lorsqu'il t'a désigné pour être Basileus et autocrator des Romains. Réjouis-toi donc, cité des Romains, accueille avec transports Nicéphore couronné de Dieu, car voici il vient illuminant de sa splendeur toute la surface de la terre habitable! »

Le cortège s'ébranla à nouveau. Maintenant il s'avançait à l'intérieur même de la Ville, foulant lentement les dalles gigantesques de l'avenue triomphale qui menait à travers toute la cité jusqu'au forum Aiigustéon. C'était là la grande voie de Byzance, la Mesa, comme on l'appelait vulgairement, que toujours les triomphes suivaient depuis la porte d'Or jusqu'au vestibule delà Chalcé, qui était la port^du Palais Sacré sur l'Augustéon. C'est par cette rue superbe, théâtre obligé de toutes les cérémonies, qu'ont défilé durant dix siècles tous les cortèges byzantins. Déjà, en l'an 468, sous le règne de Ix-on P', nous voyons la tête de Denzerichos, le fils d'Attila, tué par Araspastos, transportée solennellement à travers la Mesa jusqu'au Xylokerkos, oii elle fut piquée sur la pointe d'ime épée. En 610, on porta de même l.i lu tyran Phocas fichée sur un glaive.

En ces occasions, la Mesa, bordée sur une grande partie de son parcours de beaux édifices, le palais de Lausos, le prétoire du Préfet de la Ville, etc., était merveilleusement décorée, ravissante à parcourir. Encore aujourd'hui, du sommet de la plus haute des sept tours du cluiteau turc délabré qui a remplacé le Cyclobion hellénique et le Pentapyrgion des Byzantins , on reconnaît facilement la direction de l'ancienne voie triomphale. Elle passait d'abord tout près de l'éghse de Saint-Jean de Stoudion, le célèbre couvent des moines akimites, (( ceux qui ne dorment point )), parce que constamment un tiers de la communauté devait être en état d'extase. Cette église est devenue la mosquée de l'Ecuyer, Imrahor-Djami '. La Mesa traversait ensuite ce qui de nos jours est devenu le lointain quartier de Psammatia, passait par le forum d'Arcadius, qui est aujourd'hui Avret Bazar, puis par le fameux forum de Constantin, dont la Colonne brûlée ' marque encore l'emplacement, et aboutissait enfin à l'Augustéon.

A l'entrée de cette dernière place , le cortège fit halte une fois encore. Nicéphore , descendant de cheval, entra dans le sanctuaire de la très sainte Théotokos du Forum, petite église située en face des bâtiments du Sénat. Cierges en mains, pieusement prosterné, il adora la miraculeuse Icône qui se dressait au fond du temple. Puis, les eunuques le déshabillant à nouveau, le revêtirent du dibétésion, tunique étroite et longue, à vastes manches retombant jusqu'aux talons, avec un capuchon dans le dos, tunique que seuls le Basileus et plus tard le César et le nobilissime étaient en droit de porter. Ils lui ceignirent la tête de la tiare blanche et remplacèrent sa chaussure guerrière par les campagia de pourpre et les campotouba, sortes de jambières et de cuissards d'apparat. Ainsi accoutré, Nicéphore, cette fois à pied, traversant l'Augustéon au milieu d'acclamations nouvelles poussées par cent mille voix, passant sous l'arcade du milliaire d'or, entra dans Sainte-Sophie par l'Horologion, tout le cortège et la foule le suivant. Le patriarche

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