Le reste du Symbole jusqu'à la fin
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du nouveau maître du inoude uriental. Sous un pavillon de |)ourpre supporté par des cariatides dor^Ses, s'élevait le trAne d'argent A la proae, se dressait une statue de saint Georges. I^es Hanca et la i)Oupe étaient décorés de spliinx, de lions, de 8ir6ne8. Les matelots impériaux tenaient des rames dorées. Ces tr^8 importants porsoimatrcs étaient de toutes les cérémonies officielles.
Le beau dromon avec son précieux fardeau, convoyé par toute la flotte, eut bientôt fait de traverser le Kospliore à son entrée même dans la mer de Marmara. Puis, longeant la muraille qui défendait Constantinople du côté de la rner et passant devant le port de Théodose, il vint aborder près du très saint monastère des Abramites, vulgairement dit de la Vier^^e Aclnropoiétos, c'est-A-dire « qui n'est pas faite de main d'honmie », parce qu'on y conservait une des plus célèbres parmi ces prétendues images miraculeuses de la Mère du Christ si vénérées en terre d'Orient. Nicéphore, débarquant aussitôt, gagna, suivi de son cortège, le palais de la Magnaure de l'Hebdomon. C'est de h\ qu'il devait partir pour faire son entrée dans la capitale, la majeure partie de l'armée le suivant. Devant lui, des hérauts d'armes furent dépêchés pour aller en son nom prendre possession du Palais Sacré, où il devait coucher le soir même et présider au banquet après la fin de la cérémonie.
L'Hebdomon était un important faubourg de la capitale situé en dehors des murailles, le long de la rive de la Propontide, à une distance de sept milles du milliaire de l'Augustéon, à trois environ de la porte Dorée. On y voyait le palais des Secondiens et le château des Théodosiens, deux belles églises dédiées à saint Jean, surtout le vaste kampos on champ de manœuvre qui s'étendait presque jusqu'à la porte Dorée et oh venaient camper les troupes victorieuses la veille des entrées triomphales ', puis encore le palais delà Magnaure, qu'il ne faut point confondre avec l'édifice plus connu du même nom situé près du Grand Palais et de Sainte-Sophie. C'était presque toujours de là que les Basileis partaient en cortège lorsqu'ils faisaient leur entrée
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dans la capitale par la porte Dorée, soit pour célébrer un triomphe, soit pour se faire couronner '.
La Magnaure avec ses dépendances formait dans l'Hebdomon une petite localité à part, avec son port, son marché, son forum. Sur le kampos s'élevait un autre édifice célèbre, le Tribounalion, d'où on lisait les proclamations à l'armée, d'où le nouvel empereur était d'ordinaire présenté aux troupes assemblées. Pour Nicéphore, cette cérémonie tumultueuse s'était accompHe dès la proclamation du 2 juillet à Césarée. Le Tribounalion était probablement une salle ouverte élevée sur des gradins comme le portique d'un temple antique. Sa façade était certainement figurée sur un des bas-reliefs de la fameuse colonne d^Arcadius, bas-reliefs qui nous ont été conservés par le dessin bien connu attribué d'ordinaire à Gentile Bellini ".
Nicéphore, en éclatant costume militaire, montait un cheval blanc très fougueux, caparaçonné de pourpre et d'or, étincelant des feux des phalères impériales, pierres gravées de grande dimension serties d'or, qui constellaient la tête et le poitrail du noble animal. On portait devant le glorieux cavalier six flamoula ou étendards d'étoffes précieuses de vives couleurs. Une foule infinie l'accompagnait et le précédait, poussant des vivats. Une foule plus prodigieuse encore, toute la population de l'énorme cité, l'attendait à partir de la porte Dorée sur l'immense parcours qui s'étendait de là à travers la Ville jusqu'à la Grande Eglise et au Palais Sacré. Grands et petits, riches et pauvres, ceux de la noblesse comme ceux des Factions, ceux des faubourgs et ceux du port, artisans par centaines de mille, moines innombrables, soldats et marins en congé, paysans de Thrace et de Bithynie, accourus par tous les chemins qui conduisent à Byzance, tous, faisaient la haie, portant, malgré ce grand soleil d'été, des torches allumées, brûlant l'encens, agitant de petits drapeaux. Partout résonnaient les trompettes, les cornes, les nacaires, les tambours, les cymbales. Partout éclataient incessantes les acclamations inouïes de tout ce peuple. On
1. Basile le Macédonien, à son retour de l'expédition victorieuse de Germanikia et de Téplirice, se rendit du palais d'Hiéria à la Magnaure de l'Hebdomon, et de là à la Théotokos des Abramitcs, puis au Palais Sacré par la porte Dorée.