II
— Rue Poissonnière, maison du notaire, répondit le cocher : je stationne là; on donne un bal.
— Pouvez-vous conduire cette jeune lille rue Montmartre?
— Tout de suite.
Et il descendit de son siège. Gustave l'aida à porter Louise dans le fiacre. Cependant le cocher ne put retenir une exclamation d' é tonnement à la vue de cette femme transie de froid, n'ayant ni bonnet ni schall.
— Je la connais, dit Gustave; je ne sais comment elle se trouve en cet étatàune pareille heure; il faut qu'elle ait été volée , frappée peut-être , et elle se sera évanouie... Pauvre créature ! c'est une bonne oeuvre que de la ramener chez elle.
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Jl lui ordonna de conduire ses chevaux le plus doucement possible , au pas. Le cocher obéit. Parvenu au haut de la rue Montmartre , Gustave lui fit signe d arrêter.
La maison devant laquelle ils se trouvaient avait pour entrée une petite porte bâtarde. Ce n'était pas là la demeure de Gustave, mais il y régalait ses amis , et quelquefois il y logeait ses maîtresses.
Il court prévenir le portier, à qui il donne cinq francs , comme indemnité de son sommeil interrompu, bien que le bonhomme ne dormit pas , car Gustave lui avait expressément recommandé de l'attendre une partie de la nuit. Gustave espérait sans doute rentrer avec une femme; etsansdoute
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cette femme était Louise. . . On la descendit de voiture. Elle commençait à donner quelques signes d'existence; mais r engourdissement causé par le froid suspendait encore F usage de sa raison .
A Taide de son domestique , qui l'attendait aussi , et du portier, qui souriait en disant que monsieur avait fait faire un peu trop copieusement les Rois à cette demoiselle , Gustave transporta Louise jusqu au premier étage.
— Déposez -la doucement sur le canapé, prenez garde de lui.faire mal. . .
Prosper, dit-il ensuite à son domestique , il faut vite aller clierclier le docteur Tliévenot. Qu'il se lève et vienne sur-le-champ, entendez-vous? Puis ,
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se tournant vers le portier : — Vous , bassinez ce lit , et de bon matin , sur les six ou sept heures , courez dire à madame Lefebvre qu'on a besoin d'elle ici pour femme de chambre.