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Dans un jour moins agité , moins plein de sa fille , les injures du valel eussent fait une douloureuse impression sur le cœur de la pauvre mère ; mais , à cette heure , que lui importait d être insultée, battue même?
Elle savait en quel lieu Gustave avait emmené son enfant î... et insensible à tout ce qui se passait autour d'elle, elle répétait tout bas, avec ardeur, et comme si elle eût craint de ne plus s'en ressouvenir : (( Le château de Baroy, par Landrecies (Nord). »
Tout le long de la rue, qu elle descendait précipitamment , elle n'eut que des pensées de bonheur. Plus loin, rin([uiétude 1^ prit : comment aller là? qui lui indiquera son chemin?
qui donc, dans le fond de cette pro-
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viiice où elle ne connaît personne , la défendra contre Gustave , si Gustave refuse de lui rendre sa fille?
Elle pensa que le jeune avocat, dont elle avait éprouvé la bienveillance au Palais de Justice, Faiderait une seconde fois de ses conseils. Elle chercha le bout de papier sur quoi il lui avait écrit son adresse; mais ce papier, elle ne le trouva point : il était perdu. Peut-être lui était-il échappé pendant sa lutte avec le domestique.
Cet accident ne la désespéra point : au contraire. L impossibilité d être secourue doubla son énergie. Sans guide et sans conseil , réduite à ses propres forces, elle se sentit tout autre que si elle eût compté sur une pro-
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tection étrangère. Elle fut presque coiileiite d'être seule , elle qui , une minute auparavant , s'inquiétait de n'avoir pas d'appui. Je suis mère , se dit-elle , ma fille est à moi : je la prendrai partout où elle sera. Puisqu'on m'a dit que les lois peuvent me la refuser, eli bien L je me passerai des lois. Je sais où est mon enfant, il ne me reste plus qu à demander mon chemin.
Par malheur pour l'impatiente mère , 1 argent nécessaire au voyage lui manquait; et ])uis , son cor[)s usé de fatigues et de privations avait besoin de forces avant d'entreprendre ce voyage. La 'nature épuisée lui en Ht une impéi ieuse loi.
Elle resta deux jours entiers sans
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pouvoir quitter sa petite chambre de la rue des Fossés-Saint-Victor. Outre la faiblesse de soa corps , la pénurie d'argent était un empêchement à son départ. Les meubles de sa chambre lui appartenaient ; mais ils étaient si rares et si chétifs , qu'à peine un miroitier, son voisin, lui en offrit trentecinq francs. Avec cette somme , il lui fallait payer le loyer courant et faire sa route. Elle se désespérait.
Enfin, possédée du désir d'aller chercher sa fille, elle vendit à vil prix tout ce qu'elle possédait, paya vingt francs pour trois mois de loyer, pas même échus, et, après avoir demandé à Dieu de ne point l'abandonner, elle se mit en voyage avec quinze francs pour toute fortune.