AUTRE OUVRIER
Tu ne le connais pas ? C'est ce Billing qui travaille dans le journal d'Aslaksen.
(Le capitaine Horster introduit par la porte du premier plan de droite madame Stockmann et J^étra, suivies de Martin et d'Eilif.)
l52 UN ENNEMI DU PEUPLE
HORSTER
J'ai pensé que la famille serait bien là. Il vous serait très facile de vous éclipser par ici, s'il arrivait quelque chose.
Vous croyez donc qu'il y aura bagarre ?
HORSTER
On ne peut jamais savoir... il y a tant de monde. Gela ne fait rien : asseyez-vous tout tranquillement.
Mme STOCKMANN, s'assied.
Gomme c'est gentil à vous d'avoir offert votre salle à Stockmann.
HORSTER
Puisque tout le monde a refusé, je...
PÉTRA, qui s'est également assise
Et puis c'est du courage, Horster.
HORSTER
Oh ! il n'en faut pas beaucoup pour cela.
(Hovstad et Aslaksen s'avancent simultanément, mais chacun à part, fendant la foule, jusqu'au premier plan.)
ASLAKSEN, s'approchant de Horster.
Le docteur n'est pas encore là.
HORSTER
Il attend dans la chambre à côté.
(Mouvement devant la porte du fond.) HOVSTAD, à Billing
Regardez donc, voici le maire.
Dieu me damne ! il donne tout de même de sa personne !
(Le maire Stockmann se fraie doucement un passage à travers la foule, saluant poliment de côté et d'autre, et va se placer contre le mur de gauche. Un instant après, par la porte de droite, entre le Dr Stockmann en habit noir, cravaté de blanc. Çàet là, quelques timides applaudissements aussitôt étouffés par des chuts discrets. Le silence s'établit.)
LE Dr STOCKMANN, à demi voix
Gomment ça va-t-il, Catherine ?
Mme STOCKMANN
Oh ! ça va bien. (Plusbîs:) Ne t'emporte pas, Thomas, je t'en prie.
LE Dr STOCKMANN
Bast ! tu vas voir, je sais me contenir.
(Il regarde sa montre, monte sur l'estrade et salue de la tête.)
L'heure est passée depuis quinze minutes. — Je vais donc commencer.
(Il tire son manuscrit.)
ASLAKSEN
Il me semble qu'on devrait commencer par élire un président.
C'est absolument inutile.