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CHAPITRE IV LA GUILLOTINE

Catus. — Dernière lettre. — La bonne compagnie au Luxembourg. — A la galoche. — M"^® Hérault et Lucile Desmoulins. — Le rapport de Saint-Just. — Attitude d'Hérault au Tribunal. — Deux faux au lieu d'un. — La lettre des vingt-deux ans. — Sur la charrette. — Comédien !

Le 15 février, Robespierre se dit malade : il disparut, et Couthon avec lui. Le 13 mars, il réapparaît; Saint-Just parle et les Hébertistes sont arrêtés dans la nuit ; Proly est saisi avec eux; le 15, ce fut le tour d'Hérault de Scchelles, ami de Proly; le 17, on arrêta Chaume tte. Proly c/était la conspiration de l'étranger; Chaumctte l'athéisme ; entre eux, Hérault annonçait Danton.

Un prétexte futile provoqua l'arrestation d'Hérault de Séchelles. Il logeait chez lui un jeune commissaire des guerres, Charles-Ignace Pons de Boutier de Catus, qu'il avait, ainsi que

tu HÉRAULT DE SÉGHELLES

Simond, connu au Mont-Blanc. Catus était originaire de Belfort et savait Tallemand. Hérault lui fil obtenir de Deforgues une mission secrète dans la petite République de Mulhouse, remploya comme interprète pendant sa mission dans le Haut-Rhin et le garda comme secrétaire. La police de Robespierre, s'armant de prétendues révélations du domestique de Catus, affecta devoir en lui un ancien émigré. Sain t-Just avait fait décider, le 13, que quiconque recèlerait chez lui des individus mis hors la loi serait puni comme leur complice. Le 15 mars au matin, Catus fut arrêté par le comité de surveillance de la section Lepeletier. Hérault était absent de chez lui; Simond à la Convention. Prévenus par UD billet de Catus, tous deux se rendirent a la section pour le justifier. Ils demandèrent ensuite au corps de garde la permission de parler au détenu ; on leur répondit qu'aucun ordre ne le défendait. Us s'entretinrent donc avec Catus devant huit ou dix personnes. Un membre du comité vint alors leur observer qu'on ne parlait pas aux prisonniers; ils se retirèrent. En rentrant chez lui, vers onze heures du soir, Hérault trouva sa maison investie. Il fut aussi-

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tôt arrêté en vertu d'un ordre signé des membres du comité de Salut public et du comité de Sûreté générale et conduit à trois heures du matin, au Luxembourg avec Duponchel. Il y retrouva Simond.

D après l'espion que l'Angleterre entretenait au sein du comité de Salut public, et dont nous avons déjà cité les bulletins, l'arrestation d'Hérault de Séchelles aurait été précédée d'une nouvelle altercation avec Saint-Just.

Le 10 mars, Deforgues avait demandé une centaine de millions pour faciliter les négociations avec les puissances neutres, et réclamé l'entière liberté de commerce avec elles ; Hérault Tappuyait. Mais Saint-Just avait combattu avec violence cette proposition^ qui fut rejetée. Hérault furieux aurait dit à tous ses amis que Saint-Just entendait que le Comité abandonnât les puissances neutres et fit, à ce prix, la paix avec les autres. Saint-Just aussitôt livra son discours à Fimpression. Le Comité en arrêta le débit, mais décida de perdre Hérault et son agent Simond. « Le 15, le Comité a resté assemblé tout le jour. Quand Hérault de Séchelles y arriva, Robespierre, président du Comité, lui

signiSa qu'il eût à se retirer parce que le Comité délibérait à ce moment sur des dénoncialious qui le regardaient. Hérault se retira et s'évanouit^ y>. Quoi qu'il en soit, il n'est pas douteux que sa mort ne fût depuis longtemps déjà résolue et préparée par Robespierre et Saint- Just.

je 16, Hérault et Simond écrivirent à la Convention. La lettre d'Hérault a été retrouvée par le D^ Robinet = :

« Enfermé celte nuit dans la prison du Luxembourg, Je frémis d'indignaliùn en vous annonçant de quelle absurde et atroce calomnie je me trouve victime. Est-il possible qu'un représentant du peuple se voie privé de sa liberlo et enlevé à ses fonctions par une simple dénonciation qui ne m'a point été ciimmuniquée, dont jMgnore le lâche auteur, sans que j'aie été appelé ni entendu au Comité de Sûreté générale suivant l'usage qui s*observe entre nous, et surtout suivant le décret qui charge le Comité de Sûreté f^énêrale de prendre connaissance des dénonciations contre les députés.

J'ai vainement réclamé le droit d'en référer avant tout au Comité de Sûreté, Quoiqu'il fût encore d'assez bonne heure et qu'il restât quelques membres^ on m\ fait répondre que te Comité était séparé..»

^Lûù. cii^t il» P- E>51.

* Voir celle de Simond dans Robinkt. Le procès des Dan-

LA GUILLOTINE âSl

Il exposait ensuite les faits, racontait le passé de Catus, expliquait ses rapports a^ec lui :

« Je Tai engagé avenir occuper une chambre dans la maison où je demeure, d'une part parce qu'il est absolument sans fortune et que c'était pour lui un léger bénéfice, le seul qu'il ait retiré des travaux auxquels je l'avais employé ; d'une autre part, parce qu'il me rendait le service de mettre en règle mes affaires domestiques, que les affaires publiques m*avaieiit fait négliger. Il a pris soin de faire avec exactitude ma déclaration, besogne vétilleuse par la nature de mes revenus, déclaration (je suis bien aise de le dire en passant) qui constatera pour ceux qui voulaient me croire riche que la partie réelle et effective de ma fortune est de huit mille livres de rente ^. C'est le bien dont je jouis depuis que j'existe ; je ne l'ai jamai s augmenté, ni diminué...

« Pardonnez, citoyens collègues, ces longs détails; ils ne sont point minutieux quand il s'agit d'an patriote et d'un représentant cruellement outragé. Cette injustice navre mon cœur. Dans quel moment Buis-jc arrêté ? A l'époque où Ton saisit tous les conspirateurs. Serais-je donc, ne fut qu'un instant, confondu avec eux par les rumeurs publiques, moi qui n'ai Jamais respiré que le bonheur de mon pays ; moi qui, dans toutes mes pensées comme dans toutes mes actions, n'ai jamais cessé d'être, comme je le devais fermement et irrévocablement, identifié avec la représentation nationale; moi qui devais partager Thonorable et sanglante

^ Hérault, d'après ses comptes, en possédait en réalité dix à douze.

âSî HÉRAULT DE SÉGHELLES

proscription que les traîtres nous destinent à tous? mes collègues, la seule idée d'un tel soupçon, jusqu'à ce que ma justification soit connue de la France, décliire et soulève mon âme. Incapable de trahir mes sermonts, les lois et la patrie, si dans ma vie j'ai commis des fautes, — et quel est Thomme qui n'en cotniuetpas? — soyez certains que mes fautes ne furent jamais que d'excusables erreurs. J'appelle en finissant li3 glaive de la loi sur moi ou sur mon calomniateur. Il n'y a pas de milieu*. »

Cette double arrestation de députés avait causé une profonde émotion à la Convention et dans le public. Les agents de Robespierre répandaient le bruit d'une infernale conspiration. « Hérault de Séchelles était disaient-ils, le régent désigné ; Duponchel était son émissaire dans les départements. » Mais le plus grand nombre, déclare un rapport de police, prétend qu'il ne trempait même pas dans cette conspiration ; on s'étonnait de ce que le Comité n'avait pas encore présenté d'acte d'accusation ^.

Le 17, Saint-Just parut à la tribune de la Convention. [1 qualifia l'innocente intervention d'Hérault de Séchelles et de Simond en faveur

1 A. N, AB XIX 3<3. — Cette lettre a été publiée parla Rêvoiation française, t. Xtl, p. 1112.

- ScHMiDT. Tableaux de la Révolution française^ II, p. 162.

de Catus d' a outrage éclatant à la loi ». 11 affirma que les deux députés avaient « percé à travers les gardes » pour joindre le prisonnier. La protestation de Simond ne fut pas lue ; celle d'Hérault ne fut même pas mentionnée. Depuis longtemps, déclara Saint-Just, ces deux hommes nous étaient suspects. « Nous avons une lettre entre les mains, écrite par Hérault à un prêtre y^ réfractaire, dans laquelle il parle d'une manière indécente de la Révolution et promet à ce prêtre de remploi. Ce prêtre a été guillotiné depuis. » Il dit aux députés pour conclure : « Vous êtes plus grands que vous n'avez jamais été » ; et il compara Hérault de Séchelles à Gatilina.

Adèle de Bellegarde désespérée, écrivit le 18 à Tordonnateur en chef Alexandre, qu'elle avait connu à Chambéry. Elle le suppliait de rendre à la liberté « deux de ses plus zélés défenseurs ». Alexandre n'était pas à Paris et que pouvait-il faire ^?.

En entrant au Luxembourg, Hérault retrouva 1 toute la bonne compagnie, toutes ses connais- / sauces d'autrefois. Le défroqué Simond fut tenu

* Daudet. Op. cit., p. 236, (dans les papiers d'Alexandre).

S^ HfÏRAULT DK SKCïTELLES

à Técarl, mais Ton fil au cousin de la duchesse de Polignac la réception de Tenfant prodigue* Il put croire qii1l sortait d'un mauvais rêve et que là révolution était finie, I^e Luxembourg était la prison la pins élégante, ce En général, la noblesse faisait bande à part; elle se familiarisait peu avec les citoyens des sections de Paris; les rues de ^Université, de Grenelle, de Saint- Dominique, qui étaient en masse au Luxembourg, conservaient Tétiquette la plus rigoureuse ; on se traitait de et M* le prince, M. le duc, M, le comte, M. le marquis j) ; on faisait salon avec gravité, et on disputait méthodiquement sur les pas et sur les visites. » il y avait là le vieux maréchal de Mouchy et sa femme , la duchesse d*Orléans, la duchesse d'Ayen et ses filles , la vicomtesse de Noailles et M"** de Lafayette, amies inttmes de M^^ Hérault, le duc de Lévis, le marquis de Fleury, le comte de M ire poix. Le duc de Gesvres faisait des épigrammes. Le président de Ni col aï se faisait remarquer par son extrême politesse en passant les portes. On jouait; on faisait de la musique; on plaisantait de la déesse Raison, Sous Tanl d' « un concierge sensible 5), se nouaient des

aventures galantes ; « Tamour avait le plus de part dans le choix des sociétés^ ».

Mais Hérault, quoiqu'il en pensât, ne voulut pas se mêler à cette troupe aimable : il resta toujours isolé et ne fréquenta personne que Duponchel ; on Tavait laissé libre de se promener dans la prison. Il avait cessé de craindre la mort inévitable et l'attendait avec un sang- froid dédaigneux. Sa principale occupation consistait à jouer a la galoche, 11 faisait souvent sa partie avec Simond. La laideur de l'ancien moine rehaussait l'éclat de sa beauté. « On eût dit de l'archange Gabriel jouant avec le diable ^ » Le 31 mars au matin, quand Danton, Lacroix et Camille Desmoulins entrèrent dans la prison, Hérault quitta son bouchon de liège et ses palets et vint les embrasser.

Il relisait, dit-on, son Codicille et travaillait à corriger ce téméraire écrit de sa jeunesse. 11 avait beaucoup à faire. Comment avait-il pratiqué son orgueilleuse maxime : a Crois-toi, connais-toi, respecte-toi?... » 11 écrivait encore en 1788 :

^ Histoire des prisons^ H, p. 42-48.

2 Bailleul. Almanach des bizarreries humaines, p. 25.

Rayon visuel horizontal ; signe d'un caractère égal, constant, sociable; signe dune âme républicaine.

Dépits fréquents, signe de caractère vain ; ce sentiment est la coItTe de la vanité ; il est propre aux femmes et aux liommes féminins ; il enfante les petites el les grandes atrocités.

Cei'faine^ pensées pouvaient lui servir de réconfort :

Les sentiments produisent le courage actif et la philosophie le courage passif.

Si* consoler des malheurs réels par un bonheur idéal : se réfugier de son cœur dans sa tête.

Le puhlir nvait encore accès dans le jardin du Luxembourg. Accourue de Livry, M""® Hérault y passait ses jours. <( On la voyait, dit un prisoniii(M\ dopuiï^ le matin jusqu'au soir, un voile sur les yeuxi assise vis-à-vis la fenêtre de la chambre i}ii'ocL*iipait son fils, élevant quelquefois sa vue i'X prnsquo toujours immobile. Je ne jetais pas une fois les n^gards dans le jardin, ce qui m'arrîvnil h cbaqiip instant, sans apercevoir M™® Hérault. On se ligure difficilement une pareille constance : ell<^ n'était pas partagée par son fils. PcTidanl que la mère était ainsi occupée à épier le moment où elle pourrait l'apercevoir, le fils

était dans la cour de la. prison à jouer au petit palet a\ec un enfant* ». Non loin de M"'" Hérault errait Liicile Desmoulins ; les yeux de Camille étaient constamment fixés sur elle.

Le 1^^ avril, Saint-Just fitàla Convention son réquisitoire de mort, rédigé d'aprcs les notes de Robespierre. Hérault et ail cité le premier comme complice de d'Orléans, de Brissot, de Hébert, de Dumouriez, de Mirabeau. Plus d'un passage le visait sans le nommer :

... On attaqua Tira mortalité de l unie qui coosnlail Socrate mourant. On prétendait plus ; on s'efforça d'ériger l'athéisme en un culte plus intolérant que la superstition. On attaqua l'idée de lu Providence étarnelle, qui sans doute a veillé sur nous,..

Profitant de son rôle ambigu au 31 mai cl au 2 juin, Saint-Just Paccusait, ainsi (]Uft Danton et Lacroix, d'avoir vu ce avec hon'cur ?> la cliute des Girondins, d'avoir calomnié Ilenriot et demandé sa tête ; ses efi^orts pour traiter de la paix avec les puissances par l'entremise d'agents secrets étaient qualifiés de trahison ; ses tentatives, pendant le mois de juillet et d'août 1793,

^ Dauban. Les Prisons de Paris pemlaul kt liëvoliUiofi, p. 219. (Récit de Beaulieu.)

m HERAULT DE SECHELLES

pour négocier rechange de la reine et de son fils étaient perfidement retournées contre lui. Siaiond avait été négligé ; quant à Catus on n'en parlait même plus; il fut libéré un mois après, çans avoir été jugé. Mais la fournée dantoniste avait été complétée à dessein par des étrangers et les agioteurs. D'Espagnac^ figurait parmi ces derniers.

Le même jour eut lieu un premier interrogatoire de pure forme. On demanda aux prisonniers (( s'ils avaient conspiré contre le peuple français, en voulant établir la monarchie, détruire la représentation nationale et le gouvernement républicain. » Hérault répondit ironiquement que c( ces horribles pensées n'étaient jamais entrées ni dans son esprit, ni dans son cœur ».

/ - Le lendemain matin, quand on vint le cher-

i ^ M. de Seilhac affirme, d'après ses papiers de famille,

y ^ ^ qu'il réussit à s'évader du Luxembourg et fut arrêté comme ^ * * il en franchissait la porte. Ses amis firent encore disparailre son dossier sur le bureau de Fouquier-Tinville. Enfin il auiTiit écrit, dès le mois de février, à son oncle, le général Suhuij^uet, pour coopérer avec Dillon à un mouvement contre Hobsjspierre. Le l^*" avril, Tabbé d'Espagnac écrivit à sa mère jMKir Jui faire ses adieux, protester de son innocence et lui recommander « l'être adorable », qui était pour lui, depuis i>ix mois, toute la famille, ainsi que « son aimable enfant. »

cher pour aller au tribunal, il se promenait tranquillement depuis deux heures dans la cour de la prison. « Il fit ses adieux à ses connaissances comme s'il les quittait pour une partie de plaisir, » Duponchel fondait en larmes ; il l'invita à prendre courage et « consolait tous ses amis. » Il partit avec Basire, qu'il embrassa plusieurs fois avec affection.

Il était souriant, quand il s'assit dans l'ancienne grand'chambre du Parlement devant un jury d'assassins. Trois des accusés ajoutèrent quelques mots à l'énoncé de leurs noms, qualité, domicile. Desmoulins fut de mauvais goût, il se compara à Jésus-dhrist : « Trentre-trois ans, dit-il, l'âge du sans-culotte Jésus. » Il en avait en réalité trentre-quatre, Danton fut théâtral et insulta Robespierre, en affirmant son athéisme. « Ma demeure sera bientôt dans le néant ; quant à mon nom, vous le trouverez dans le Panthéon de l'histoire. » Hérault plaisanta: a Je m'appelle Marie- Jean, noms peu saillants même parmi les saints ; je siégeais dans cette salle, où j'étais détesté des parlementaires. » 11 requit LuUier, Simond, Kellermann et Courtois comme témoins à décharge et demanda Simond comme défen-

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seur; la veille il avait choisi Chauveau-Lagarde, Tavocat de la reine. Faut-il ajouter qu'il n'eût ni témoin, ni avocat.

Sur la feuille où les accusés signèrent leur premier interrogatoire, on voit que Danton signe au milieu, prenant toute la place à lui seul. Le D s'étale en panache et le paraphe est lancé comme un coup de sabre ; Hérault signe plus modestement qu'à l'ordinaire, dans le coin à droite, le dernier*.

Danton était entré au tribunal comme le taureau furieux qui surgit dans Tarène, les cornes basses. 11 espérait soulever le peuple. Hérault de Séchelles ne paraît pas s'être associé à ce vigoureux désespoir. Il conserva son attitude calme et dégoûtée. Quand vint son tour, il repoussa du pied les accusations absurdes qu'on lui lançait à la face. Dans l'afTaire de la compagnie des Indes, il fut à peine interrogé. Sur la question de la reine et du dauphin, les notes de ïopino- Lebrun portent simplement : « Hérault, sur le petit Capet, nie le fait». Quant au chef de trahison, il défia qu'on lui en fournît le moindre in-

rt

dice. (( Je ne comprends rien à ce galimatias », dit-il. Le président répliqua qu'il allait lui administrer des preuves complètes et lut deux extraits de documents saisis à l'étranger. Le D^ Robinet a prouvé que ces extraits étaient des faux. Le nom d'Hérault de Séclielles n'est ni mentionné, ni même indiqué dans les pièces originales qui sont encore aux Archives dans le dossier des dantonistes. On va voir qu'im autî^e faux a échappé au D"" Robinet. « Par de pareilles dénonciations s'écria Hérault, vous allez voir disparaître du sol de la liberté les patriotes les plus vrais, les plus utiles à la chose publique. «Il se justifia brièvement de ses rapports avec Proly et Dubuisson et démentit formellement ses prétendues relations avec une femme Chemineau prévenue d'émigration.

Quant à la lettre à un prêtre réfractaire, guillotiné depuis, auquel il aurait promis de l'emploi, tout en parlant d'une manière indécente de la Révoluion, Saint-Just, qui en avait fait, le 17 mars, son principal chef d'accusation, n'en soufflait pas mot dans son rapport du l®*" avril. Cependant Robespierre (ses notes le déclarent) avait cette lettre entre les mains. Hérault fut

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d'ailleurs interrogé à ce sujet devant le tribunal, mais la lettre ne lui fut pas lue. Cherchant à rappeler ses souvenirs, il répondit que cette correspondance datait de deux années : ce J'ai connu Tabbé guillotiné à Troyes, dans mon exil; il était chanoine et non réfractaire. C'est donc une plaisanterie. Il n'était pas soumis au serment. Il m'avait assisté dans mon exip. » 11 pensait évidemment à l'abbé de Champagne, prélat lettré, qu'il avait connu à Troyes, en 1787, pendant l'exil du Parlement et qui fut guillotiné en 1793'. 11 crut deviner qu'on avait saisi dans les papiers du mort des lettres de lui. La vérité était tout autre. La lettre dont parlait Saint- Just le 17 mars, et qu'on cherche en vain dans le dossier des dantonistefe, elle existe dans les papiers saisis chez Robespierre après le 9 thermidor. Elle date, non pas de deux années, comme le malheureux Hérault le supposait, mais du ^k janvier 1782. Elle est adressée à l'abbé Massieu, alors curé de Longuesse en Picardie, traducteur estimé de Lucien, depuis constituant, évêque constitutionnel de l'Oise, conventionnel,

^ Notes de Topino-Lebrun.

^ Voirp 77.

ayant le H novembre 1793 abjuré sa foi et renoncé à ses fonctions pour se marier, enfin envoyé en mission dans les Ardennes où il fit promener sur un âne un mannequin représentant le pape. C'est de ce personnage sans doute que Robespierre tenait la lettre d'Hérault, qui remontait à douze années; on ne voit pas autrement parquet mystère elle aurait pu tomber en ses mains. Un faux ne suffisait donc pas pour condamner Hérault de Séchelles ; il y en eut deux. L'un fut lu au tribunal ; l'autre ne se fit qu'en paroles, et pour cause.

Elle est charmante cette lettre, qui dormait innocemment dans les cartons de Robespierre.

Si le président du Tribunal eût osé la lui lire, Hérault s'y serait retrouvé tel qu'il était à vingtdeux ans, dans la joie de ses premiers succès, heureux de vivre, pétillant d'esprit, passionné d'amour pour la Grèce :

Paris, 24 janvier 1782.

Je ne puis vous exprimer, monsieur, combien je suis touché des marques de souvenir que vous vous vouiez bien me donner. Je vous supplie d'être persuadé à votre tour que je me rappellerai toujours avec le plus tendre intérêt le bonheur que j'ai eu de faire connaissance avec vous, et les moments agréables que votre

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entretien m'a procurés. Eh ! comment pourrais-je l'oublier, monsieur? Ne nous sommes-nous pas vus autrefois en Grèce. Les grands hommes étaient vos amis, et vous me présentiez chez eux. C'est à vous que je dois tout l'agrément de mon voyage.

Quoique je n*ai pas l'honneur de payer la taille à Longuesse, regardez-moi, je vous prie, comme votre cent-cinquante-unième brebis. Vous êtes le bon pasteur, et je voudrais pouvoir être toujours sur vos épaules. J'accepte avec la plus vive reconnaissance la parole que vous avez bien voulu me donner, de venir me voir sur la colline, qui n'est pas double. Le seigneur du fief de Cocheret^ vous offrira de très bon cœur un mauvais dîner. Je dirai alors, comme l'écolier d'Archias, musœ rusHcanlur ; mais ce ne sera point assez pour moi, si vous ne me permettez d'ajouter, pernoctant nobiscum. Je vous demande instamment, monsieur, de ne point mettre d'obstacle à ce qu'elles m'accordent celte faveur; vous n'êtes pas fait pour les rendre cruelles.

Nous attendons ici la suite de votre ouvrage avec une extrême impatience. Le commencement fait désirer la fin, c'est-à-dire ce que l'on regrettera de trouver. Je vous remercie au nom des badauds mes compatriotes, de leur faire connaître Lucien, que, malgré toutes nos traductions françaises, ils ne peuvent pas lire en français ^. Qu'il est beau de partager sa vie, comme vous faites, entre les bonnes actions et les beaux discours.

* C'était son principal fief à Epone.

^ Massieu, dans sa traduction de J.ucien (1781-87), avait changé les mœurs grecques pour prêter aux personnages la politesse française. On reconnut d'ailleurs plus tard que cette traduction avait été pillée partout.

LA GUILLOTINE Ub

entre le soin des anciens et le soin des modernes! Quand vous voudrez, monsieur, vous repiLser de vos prônes, venez voir à Paris vos prôneurs ; je fais profession d'être du nombre, et vous devez être hmu sûr que si la feuille était entre mes mains, il ne m'en faudrait pas davantage pour vous former une amples bibliothèque ^

Agréez Tassurance sincère de l'estime et du tendre attachement avec lesquels j'ai l'honneur d'être, etc..

Signé : HÉRAULT -.

Traîtreusement frappé par derrière^ Hérault dans un dernier accent, rappela s^a vie toute entière, son courage au 14 juillet, les rigueurs de sa famille, son emprisonnement en Sardaigne, les services rendus à la République, la neutralité de la Suisse sauvant une armée de 60.000 hommes, sa participation à la Constitution de 1793, tous ses enthousiasmes enlin et tous ses rêves, qui retombaient dans le sang.

Quand on prononça la mise hors des débats des accusés, il dit : (c Cette tactitiue ne m*étonne pas; elle est digne de ceux qui otU m\ï de notre sang. » Après la condamnation : a Je

* C'est ainsi que Hérault promettait en 17^2, à un j^TÙive réfractaire de l'emploi.

2 Papiers inédits trouvés chez Robespierre , IMit, tJer ville et Barrière, 11, p. 189.

m'y attendais ». Camille se lamentait : « Mon ami, dit Hérault, montrons que nous savons mourir. »

Les historiens ont décrit le funèbre cortège, un des plus tragiques de l'histoire, qui traversa, le 5 avril 1794, le sillage accoutumé de la mort. Hérault monta dans la même charrette que Danton et Fabre d'Églantine, probablement avec Camille Desmoulins. 11 était placé seul sur la dernière banquette. David, un habitué d'Epone, s'était posté au café de la Régence avec son crayon. Danton lui cria : « Valet! »

Dans ces minutes suprêmes, chacun des condamnés fut ressaisi par la chimère de sa vie. Fabre d'Églantine ne parlait que du manuscrit de sa dernière comédie, saisi dans ses papiers et qu'il craignait que Billaud-Varenne, auteur sifflé, ne lui volât. Camille était tout à sa Lucile ; pour retrouver son amour, il voulait terrasser la mort par des efforts surhumains, qui mettaient à nu sa maigre poitrine. L'orgueilleux Danton cherchait à off*rir jusqu'au bout l'image d'un surhomme ; au fond il enrageait devant la canaille d'avoir été ce escamoté » par un Robespierre.

Sur Tattitude d'Hérault de Séchelles au bord du gouffre, tous les témoignages concordent.

Elle fut pleine de décence et sans forfanterie aucune. (On pourrait lui appliquer la petite phrase de Stendhal sur la mort de Julien Sorel : (( Tout se passa très convenablement. » Il portait c( la tête haute » ; mais « ses regards étaient doux et modestes ; il les promenait autour de lui sans chercher à fixer l'attention ni à inspirer rintérêt ; on eût dit, en le voyant que des idées riantes occupaient son imagination * ))r)l salua quelques connaissances dans la rue Saint-Honoré. Arnault, qui se rendait chez Méhul, rencontra le cortège. « La tranquillité, a-t-il écrit, qui régnait sur la belle figure de Tancien avocat général était d'une autre nature que la tranquillité de Danton... Le calme de Hérault de Séchelles était celui de l'indifférence; le calme de Danton était celui du dédain. La pâleur ne siégeait pas sur le front de ce dernier; mais celui de l'autre était coloré d'une teinte si ardente, qu'il avait moins Tair d'aller à Téchafaudque de revenir d'un banquet ^ » Arnault,

* Desessarts. Procès fameux.

* Arnault. Op. cit. y II, p. 96.

)m UKRAULT DE SECHELLES

((ui mourut académicien, se rappelait ici son Lucrèce :

Cur non, at conviva plenus, vitœ recedis.

Et Lafontaine :

... 11 faudrait qu'à cet âge, On sortît de la vie ainsi que d'un banquet.

Cet épicurien aux joues empourprées n'avait que trente-quatre ans, mais il pensait en avoir vécu quatre-vingts. « II paraissait enfin, dit oncore Arnault, détaché de la vie, dont il avait acheté la conservation par tant de lâchetés, par tant d'atrocités. L'aspect de cet égoïste étonnait lout le monde... » Souillé par la peur, Hérault t lierchait des élégances dernières dans un malérialisme intrépide; le savoir-vivre lui servait ;lu moins à bien mourir ; il se conformait doucement à la nature. Ce n'était pas un monstre; liélas! c'était encore moins un héros que ce beau jeune homme « si harmonieusement fondu, <i heureusement balancé. » C'était surtout un imprudent. « Votre imagination infiniment inQammable, lui écrivait Lavater, fera votre lionheur et votre malheur. » Son maître Lasalle ;ivait construit des tables où îl classait les diffé-

LA GUILLOTINE 'àm

rents tempéraments avec toutes leurs conséquences dans les colonnes. Le bel Hérault ne se logea pas dans la bonne.

Il descendit le premier de la charrette et se tourna du côté du garde-meuble. Une main de femme lui adressait un dernier adieu ^ En regardant périr ses compagnons, son ami d'Espagnac, devant la statue de la Liberté, dégradée maintenant parle dernier hiver et lamentable avoir, il conserva toute son aisance. Quand vint son tour, probablement Tavant-dernier, il voulut embrasser Danton, qui lança sa fameuse apostrophe au bourreau. Puis le couperet broya cet ironiste.

Son ombre, le soir même, ressuscita. On le revit, comme à son plus beau jour, devant la statue de la Liberté, brandir une tondie enflammée au-dessus des spectres et des couronnes, dans une attitude apprise par M"® Claîion. Hérault de Séchelles n'était plus en effet qu'un comédien. Le 5 avril 1794, on jouait à TOpéra national une sans-culottide en 5 actes : La réunion du iO août ou r Inauguration de la République française.

A Campardon. Histoire du tribunal révoltUioniiairc, \,p. 376.

se

La mort d'Hérault de Séchelles exposait aux plus grands dangers tous ceux qui touchaient à lui. Sa grand'mère ne fut pas inquiétée. Sa mère fut emprisonnée à Picpus, puis à la Conciergerie et n'en sortit qu'après le 9 thermidor. Le maréchal de Contades, resté dans son hôtel de la rue d'Anjou, sous la surveillance de deux gardes, n'en fut libéré que le 26 août 1794. Il rejoignit les dames Hérault à Livry, au Grand- Berceau, et mourut le 27 janvier 1795, âgé de quatre-vingt-onze ans. Il était sujet à de violentes colères. Pour l'en punir, ses domestiques se constituèrent un jour en tribunal, le contraignirent à paraître devant eux et le condamnèrent à mort. L'indignation qu'il en ressentit détermina une attaque d'apoplexie, qui l'emporta quelques mois après. Le 5 juin 1795, jyjme Hérault disparut à son tour; elle n'avait

que cinquante-deux ans et succomba, disent les siens, à son chagrin. Sa belle-mère, la veuve du lieutenant-général de police de Louis XV, mourut le 1^^ septembre 1798.

Le 22 juillet, trois mois après Texéculion des dantonistes, MM. Magon de la Balue, Magon de la Blinaye, Magon de la Lande et quatre autres membres de leur famille montèrent sur Téchafaud. Le jeune de Saint-Pern, neveu de M""^ Hérault, âgé de dix-sept ans, fut exécuté par erreur à la place de son père; sa sœur, M""^ de Cornulier, âgée de seize ans, échappa a la mort en se déclarant enceinte.

Saint-Just avait glissé le nom de M™^ de Saint-Amaranlhe dans son foudroyant réquisitoire du H germinal. Elle fut arrêtée le soîr même avec sa lille, la charmante Emilie, son gendre Sartines et son fils Lili. Ils furent tous englobés dans la fameuse conspiration des chemises rouges et exécutés le 29 prairials

Adèle de Bellegarde et sa sœur Aurore fureat arrêtées le 23 avril 1794, dix-neuf jours après Texécution d'Hérault de Séchelles. Elles ne pas-

* Voir le récit de leur mort dans le beau livre de M. LexÔTRE. Le Baron de Balz.

m HÉRAULT DK SÉGHBLLES

ièrent que quelques mois en prison et furent traitées avec Joucenr. u L'échafaud ébloui de leur beauté les refusa />, déclare Lamartine, qui les admira plus tanl et les juge du haut de sou Olympe. Aimée de Coigny, plus pénétrante, a noté Tétrauge complaisanee de ces deux étrangères pour les puissants du jour, a N'éprouvant pas ces haines passionnées, qu'on ressent poiuses persécuteurs, leur porte était ouverte à tout le monde, et leur tjuriosité pour voir les personnes célèbres de cette époque n'étant arrêtée par aucuue répugnance, on peut se figurer lei? gens qui sont entrés dans leur chambre. »

Après la Terreur, elles formèrent un salon.

Comme Joséphine de Beau harnais et M'"' Tallien, elles s'employèrent à « tirer les matériaux de ranoienne société du chaos sanglant où ils étaient tombés... On doit même ajouter que ces matériaux se sont nettoyés chez elles, quoiqu'elles ne soient jamais arrivées à les ranger en ordre* k. Elles posèrent dans Tatelier de David pour VKnlèmmenl de^- Salnnex^ dont elles jouaient si aimablement le rôle, Hérault de Se-

^ AiMÉK fiK CoifiM'. Mémoires ^ publiés par M. EUeiine Lainjr, p. 197.

chelles, sincèremenl pleuré, fut ensuite oublié pour le chanteur Gnrat; Aurore, toujours fille, épousait toutes les aveutures d'Adèle, Tallcy* rand samusa de « leur doux murmure b et se divertit de leur extrême liberté; il dîna quelques années chez elles, uut lois la semaine, avec Gérard, Lemercier, Alexandre Duval, Aimée de Coif^ny et la vicomtesse de LavaL Les deux sœurs fréquentèrent encore chez M'*^' de (îenlis, où Ton aiipreuaît à se taire. M, de Bellegarde reparut sous T Empire, tel une ombre, et fut éconduît. En tBli, Adèle et Aurore étaient d'ardentes royalistes; elles moururent (lévotemeut sous Louis-Philippe.

M"^^ de Morency subit les mêmes épreuves.

On l'arrêta après avoir saisi chez elle une liste de conspirateurs; c^était celle de ses amants ^ Elle reprit sa vie galante dans les temps plus heureux du Directoire, connut desci-devants et des Jacobins, un colonel suisse et un lord anglais. Quinotte était revenu des prisons d'Olmtitz ; il devint même ministre et baron.

^ D'après le policiei- Séuarh (Mémoires ^ p. ^04), deux f<?mnies furent arrt^U^<>s ftf, guîllotinéps parce qu'on avait trouvé dans W.nrn papiers !t? portrait d'Hérault de Séchelles.

M^® de Morency obtint une audience. Mais Quînette avait pris des airs protecteurs ; il baisa la main de la belle et la mit à la porte. Il garda cependant un exemplaire à^Illyr'ine ou les Ecueils de r inexpérience^ a. par vanité ». M"^ de Morency continua d'écrire et d'aimer. Une maladie la défigura. La vieillesse la rendit sage, et elle finit tranquillement dans sa maison natale. Quinquet, son mari, s'était converti sur le tard aux vertus champêtres. La jeune Clarisse donnait les plus douces espérances.

Antoine de Lassalle fit la fin la plus malheureuse. Retiré à Semur, pendant la Terreur, il y traduisit assez heureusement Bacon. En 1795, il publia un volume de vers V Ordre irrégulier. Ce fils des rois de Pologne et des Montmorency traîna vingt ans encore sa misère et sa folie. U attendait l'aumône dans l'antichambre de l'hôtel de Tingry, chez le duc de Luxembourg, et portait cependant la tête haute devant les laquais. Les hôteliers le refusaient pour sa mauvaise mine et son humeur cassante. 11 soupçonnait ses rares amis de vouloir lui voler ses idées et disait qu' « on l'engraissait pour le manger ».

APPENDIGlu 375

Pour lui les hommes étaient des loups- Voici une de ses épigrammes ;

PETIT INCOJfVÈXIBNT

Jl est juste, il est beau d'aimer tous ses semblables. C'est une bienfaisante et douce vérité.

Je n'y vois plus au fond qu'une difliculU? :

C'est qu'ils ne sont pas trop aimablps.

11 regrettait d'avoir ignoté Tiimour et méprisé les femmes :

Sur leurs lèvres est la couronne, Oui c'est leur bouch#quî la donne ; C'est elle qui sait bien répéter un grand nom. Dans leur estime est notre gloirej Entre leur bras est la victoire Et dans leur cœur, le Panlliéoil,

Sous la Restauration, une pension du minisli*e de rinstruclion publique ne le sauva pas de la misère. Il se livrait au calcul des probabilités el perdait au jeu tout son argent. Jusqu'à su morl, qui survint le 21 novembre 1829, il connut (( ces deux fléaux, l'hiver et le mépris >k Quelques-uns de ses vers montrent que ce désespéré avait l'âme bonne :

De la mobile roue êtes-voui^ a\i plus bas.

Et n'avez-vous, dans ce monde d'jïii^rats^

Hi JTKRALÎLT DK SIÏCHELLES

En semant i^amitié récolte que k haine,

Alûii tœur vous offi-L* uu remède bien doux.

C'est en vous oubliant de soulaf;er la peine D'nu plus désespéré que vous.

Souvent le soir d'une longue infortune.

Quand la pitié descend dans mon ccpur désolé ^ Sanft faire entendrr* une plainte importune.

Je console mon frùre^ et j'en suis consola.

INDEX ALPHABETIQUE

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