A L'ARMÉE
Soldats,
« Le salut de la patrie vous réclame ! C'est une terri-
ble, une cruelle guerre que celle que vous faites aujourd'hui. Rassurez-vous, vous n'êtes point agresseurs: cette fois, du moins, vous n'aurez pas été de tristes instruments de despotisme et de trahison. Courage, soldats, imitez l'exemple intelligent et dévoué de vos concitoyens ; soyez fidèles à la République.
« A vous, à moi, un jour ou l'autre, peut-être aujourd'hui, il nous sera donné de mourir pour elle. Que ce soit à l'instant même, si nous devons survivre à la République. »
Enfin, le général Cavaignac, après avoir justifié par les préparatifs d'une attaque à laquelle tout doit céder, la confiance dont il était investi, tente auprès des insurgés des moyens de persuasion, et cherche, dans la proclamation suivante, à les éclairer sur le caractère de la lutte qu'ils ont engagée et sur ses conséquences inévitables.