‹ Un épisodes de la guerre mondiale;Chapitre 33 sur 46 · Rapport du major général Wilson, il février iM · texte numérisé non relu

Rapport du major général Wilson, il février iM

kilomètre 34, abritant le canal, dans cette région, derrière une barrière d'une efficacité absolue ^

En présence de ce succès, on résolut de développer le système des inondations. Les puissantes dragues aspiratrices de la Compagnie de Suez se transformèrent en pompes refoulantes qui s'en vinrent noyer, par-dessus les berges, tous les terrains placés en contre-bas du canal. C'est ainsi qu'on constitua près de la gare de Ballah un véritable lac protégeant le canal sur près de 5 kilomètres de longueur. Au km. 40,560, le Neptune commença de pomper le 17 décembre, puis, le 2 janvier, on pratiqua dans la berge Asie au km. 40,700 une coupure qui permit de noyer une dépression assez vaste s'étendant en profondeur dans le désert : celte nappe d'eau flanqua d'une façon très heureuse la position fortifiée de Kantara. D'autres dépressions furent également remplies au km. 50* et vers le km. 57.

A la suite de ces inondations, la ville de Port-Saïd était devenu pratiquement inaccessible par la terre. On ne pouvait plus y arriver — en dehors des deux berges du canal maritime — que par un étroit cordon littoral, mesurant 30 à 40 mètres de large^ resserré entre la mer et la lagune artificielle créée en Asie du canal, lagune qui s'étendait à près de 25 kilo-

i. L'inondation rétro^rada^ en janvier, jusqu'au km. 24, mais le terrain abandonné par elle resta pratiquement infranchissable pendant de longs jours.

2. Deux coupures furent pratiquées à cet effet dans la berge Asie, au km. 49,700 et au km. 49,800.

mètres dans Test. Ce cordon littoral aboutissait à Port-Saïd exactement vers les nouveaux ateliers de la Compagnie du canal. Un poste militaire y fut installé et des fortifications établies pour barrer complètement cette unique voie d'accès à la ville*.

Aux moyens de la défense terrestre se joignirent bientôt ceux de la défense maritime. A vrai dire, cette défense ne reçut pas immédiatement son organisation définitive. Le Warrior et le Black Prince, qui avaient jusqu'alors été affectés à la défense de rÉgypte, furent rappelés en Angleterre le 6 novembre, leur présence étant indispensable pour combler dans la « Grand Fleet » les trous causés par le départ des croiseurs de bataille lancés à la poursuite de Tamiral von Spee. Deux unités françaises, le Bouvet et V Amiral Chamer^ tinrent provisoirement leur place. Vers la même époque, la destruction du croiseur allemand Emden (9 novembre), qui avait si longtemps inquiété les routes de l'océan Indien, libérait les navires de guerre détachés aux escortes des troupes indiennes. Les croiseurs Gloucester^ Melboume^ Sydney^ Hampshire et Yarmouth^ rappelés en Méditerranée pour y attendre de nouveaux ordres, pourraient au besoin servir d'appoint à la défense du

1. Archives de la Compagnie du canal de Sœz, rapport Béret du 24 décembre 1914.

canal. Le croiseur cuirassé Swiftsure^ le plus puissant de tous, qui escortait alors un convoi de troupes vers Aden, reçut l'ordre de continuer jusqu'à Suez, et l'amiral Peirse, commandant la station des Indes, fut rappelé pour assumer le commandement de la zone de guerre de l'Egypte dont l'importance primait désormais celle de l'océan Indien. L'amiral hissa son pavillon sur le Swiftsure^ à Port-Saïd^ le 2 décembre 1914*.

La marine française, à qui incombait le rôle principal en Méditerranée, ne se désintéressait pas de la défense de l'Egypte. Le Charlemagne et le Saint-- Louis^ détachés à la protection des convois circulant en Méditerranée entre l'Egypte et Marseille, avaient séjourné à plusieurs reprises à Port-Saïd dans l'intervalle de leurs escortes. S'ils quittaient définitivement ce port à la fin de novembre pour les Dardanelles, en retour, le 21 du même mois, un garde-côtes français, le Requin^ arrivait à Port-Saïd avec la mission spéciale de coopérer à la défense du canal. Le croiseur cuirassé Desaix y passait à son tour le 30 novembre, mais continuait vers la mer Rouge, où il allait accomplir pendant plusieurs semaines une mission ingrate devant Hodeida. La petite escadre de l'amiral Peirse* s'accrut dans le courant de janvier 1915 du croiseur russe Askold^ des croiseurs anglais Proserpine et Clio^ du cuirassé anglais

i. Gorbett, NavaloperaUouSy t. I, ckap. xxva.

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