Sîr G. Arthur, LifeofKiUhèntr; t. III, p
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sur la côte de Syrie. M. Lloyd George espérait ainsi couper de leurs bases les forces turques qui s'assemblaient dans le désert pour attaquer le canal, et, en portant la guerre en pays ennenai, gagner une victoire signalée qui réconforterait le moral du peuple anglais ^ Mais le Comité de guerre repoussa ces suggestions et décida, dans ses séances du 7 et du 8 janvier, de laisser l'armée anglaise en France* Le 13 du même mois, Kitchener refusa d'affaiblir le front anglais en France et d'enlever des troupes de l'Egypte au profit d'une expédition contre la Turquie. C'était la sagesse même. Tant que le front occidental n'était pas stabilisé, tant que les Allemands pouvaient espérer, par l'entrée en ligne de leurs réserves, y obtenir une décision ou tout au moins s'emparer dans le nord de la France de position^ stratégiques dont la perte eût lourdement pesé sur la suite de la guerre, le principe de l'économie des forces, qu'on ne viole jamais impunément à la guerre, commandait de consacrer à la défense du front occidental toutes les ressources disponibles et imposait sur les autres fronts une attitude défensive. Telle fut la ligne de conduite finalement adoptée par les Anglais et, dès lors, ils travaillèrent à améliorer, en Egypte, la situation naturellement forte qu'ils occupaient sur le canal de Suez, par des dispositions qui devaient augmenter l'efficacité de la défense.
i. Sir G. Arthur, ,Li/e </KMc*€«fr,^ iOt.
Les forces mises à la disposition du major général Wilson comprenaient :
a) 1 divisions d'infanterie indienne, fortes chacune de 3 brigades à 4 bataillons :
iO" division dinfanterie indienne^ major général Wilson :
SS"" brigade, major général Younghusband :
51* Sikhs, 56^ Rifles, 53* Sikhs, 1/5* Gurkhas;
29* brigade, brigadier général Cox : 14* Sikhs, 89' Punjabis, 69' Punjabis, 1/6' Gurkhas;
30' brigade, major général Melliss : 24' Punjabis, 126' Baluchis, 76' Punjabis, 1/7' Gurkhas;
2V division dinfanterie indienne, major général Wallace :
22' brigade, brigadier général Geoghegan : 3' Brahmans, 92* Punjabis, 62* Punjabis, 2/1 0' Gurkhas ;
3r brigade, brigadier général : A. H. Bingley, r Rajputs, 93' Burma infantry, 29' Punjabis, 128' Pioneers ;
32' (Impérial service) brigade, brigadier général H. D. Watson : 33' Punjabis, 4' Gwalior infantry, Alwar infantry, Patiala infantry;
b) Une brigade de cavalerie :
Impérial service cavalry brigade, brigadier général W. A. Watson : Bahawalpur escort, Mysore lancers, Patiala lancers, Idar despatch riders, Hyderabad lancers, Bikanir camel corps.
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c) La V brigade d'artillerie de montagne, comprenant les 2r et 26* batteries, renforcées par quelques pièces d'artillerie égyptienne.
d) Un détachement anglais du génie formé d'une compagnie et de sapeurs-mineurs.
Ces forces furent réparties de la manière suivante : 1 brigade d'infanterie à Port-Saïd, 1 brigade d'infanterie à Kantara, 1 brigade d'infanterie au Chantier VI et au Serapeum,
1 brigade d'infanterie à Suez,
2 brigades d'infanterie et i brigade de cavalerie à Ismaïlia.
Un train blindé stationna en permanence à Kantai a et un deuxième train blindé à Ismaïlia.
Un important matériel de chemin de fer fut tenu prêt à porter rapidement des troupes d'un point à un autre de la voie ferrée qui court le long du canal, sur la rive Afrique, entre Port-Saïd et Suez. Des moyens de transport par eau furent étudiés et tenus également prêts à toute éventualité; ils consistaient essentiellement dans des chalands, des remorqueurs et des appareils de la Compagnie du canal, parmi lesquels^ un bac à vapeur pouvait, à lui seul, porter plusieurs centaines d'hommes. Enfin, on compléta les mesures prises pour assurer la mobilité des troupes par l'établissement de moyens de communication d'une rive à l'autre.
Trois ponts furent prévus : à Kantara, au Chan-
tier VI et àKoubri (bac de la plaine de Suez). On rassembla le maténel nécessaire en ces points et touiMles mesures furent prises pour effectuer lewri lancement rapide* Des exercices nombreux permirent de mettre au point ces installations, et l'on décida de n'installer les ponts qu'en cas de nécessité, de façon à éviter jusqu'au dernier Bornent de causer la moindre entrave à la navigation.
Les communications entre les deux rives furent assurées, en service courant, par des bacs* Aux bacs habituels de Kantara, du Chantier VI et de Koubri vinrent s'ajouter ceux de Ballah, d*El Ferdane, de Toussoum, du Serapeum (km. 91), du Déversoir (km. 95), de Chalouf (km. 138,700). Un bac supplémentaire fut installé au Chantier VI *^.
Sur la rive Asie, on construisit des ouvrages de campagne qui constituèrent de véritables têtes de pont à Kantara, au Chantier VI et à Koubri; ces ouvrages comportaient de l'artillerie. En outre, des postes fortifiés furent établis tout le long de la ligne du canal, dans un but de surveillance et pour le protéger contre les coups de main, notamment à Ballah, El Ferdane, Toussoum, Serapeum, Déversoir, km. 139, km. 143, km. 152, El Chalt (lazaret de Suez). Des tranchées furent creusées sur la rive Afrique pour couvrir les intervalles entre les postes et déjouer toute tentative de traverser le canal. Un système complet de commu-
1. Archives de la Compagnie du canal de Saez, Note sur la défeiise du mmAf par V. Béret, 24 décembre 1914.
nkatidis' par télégraphe, téléphone et télégraphie* sans fil réunit les différents postes aux quartiers généraux. On établit des défenses^pour protéger le chemin de fer, les lignes télégraphiques et le canal d'eau douce*. Des installations spéciales furent créées pour approvisionner en eau les troupes stationnées le long du canal *.
Ainsi, entre Kantara et Suez, toute la ligne du canal était solidement occupée et défendue. De Port- Saïd à Kantara, les conditions topographiques permirent d'assurer l'inviolabilité du canal sans recourir à des fortifications. Dans cette région, en eflfèt, le canal est bordé en Asie par une vaste plaine, dont le sol, sous l'action d'une simple pluie, devient mou et vaseux au point de rendre le passage impraticable. Le niveau de cette plaine étant un peu au-dessous de celui de la mer, on pouvait l'inonder. Au cours d'une inspection des défenses de l'isthme que fit sir John MaxTvell, le 14 novembre, la décision fut prise de tendre des inondations dans le désert, sur la rive Asie. Une coupure fut pratiquée dans la berge sud du canal des Salines, à 300 mètres dans l'est de la ligne d'ea» du canal maritime, et, le 25 novembre, le batardeau ayant été ouvert, l'eau se répandit dans la plaine. Les résultats dépassèrent les espérances. Favorisée par une élévation, anormale pour la saison, des eaux de la Méditerranée, l'inondation atteignit le sud du
1. Le canal d'eau douce longe à quelques mètres de distance- le canal iounriiime entre-Eantara et Fort^Sald.