‹ Un épisodes de la guerre mondiale;Chapitre 35 sur 46 · Le dCBnlrecasUaax arriva à PorlrSaïd le !•' janvier · texte numérisé non relu

Le dCBnlrecasUaax arriva à PorlrSaïd le !•' janvier

2. Marine, ArchiveSy Section hiitoriqae^ lettre du oommand ant du Requin au ministre de la Marine, 12 janvier 1915.

sud du lac Timsah, et, comme, à Tendroit choisi, il n'existait pas de points d'amarrage, la Compagnie du canal, (c qui, en toutes circonstances, s'efforce d'être agréable et utile à la marine française, » offrit spontanément de creuser gracieusement une fosse munie de coffres d'amarrage, suffisamment longue et large pour permettre au Requin de s'éviter dans toutes les directions et, par suite, de se porter rapidement dans la partie nord ou sud d'ismallia suivant les nécessités militaires ^

La défense maritime disposait également de quelques petits torpilleurs anglais et de canots à vapeur armés en guerre pour patrouiller le canal. Elle demanda à la Compagnie de Suez le concours de trois de ses porteurs, afin de renforcer ce service; «lie les munit de projecteurs et les arma de quelques canons légers ou de mitrailleuses. Les torpilleurs surveillèrent principalement la région des lacs depuis le lac Timsah jusqu'au km. 133, et les canots à vapeur patrouillèrent la nuit dans le reste du canal, joignant leur surveillance à celle des patrouilles qui circulaient sur les berges, d'un poste militaire à l'autre.

Le complément indispensable des dispositions prises pour assurer la protection du canal était l'organisation d'un service d'exploration à grande distance,

1. Marine, Archives^ Section historique y lettre du commandant du Requin au ministre de la Marine, 12 janvier 1915.

qui permit de se rendre compte de ce qui se passait à la surface du désert.

Ce service fut tout d'abord assuré par des patrouilles de chameaux montés et de cavalerie qui n'opérèrent pas sans péril. Le 20 novembre, une patrouille du Bikanir camel corps, commandée par le capitaine Chope, du 2* Gurkha rifles, et comprenant un officier hindou et vingt hommes, patrouillait dans la direction de Katia, aune quarantaine de kilomètres environ de Kantara, quand elle rencontra soudain près de Bir el Nuss une force de deux cents Bédouins et Turcs. L'ennemi usa du drapeau blanc pour attaquer traîtreusement la patrouille indienne qui souffrit cruellement : l'officier hindou et douze hommes furent tués, trois sepoys blessés. Malgré sa position difficile, la patrouille parvint à se dégager en infligeant à l'ennemi une perte de soixante hommes environ*.

Cet engagement incitait à plus de circonspection. Si les détachements de cavalerie ne pouvaient désormais être poussés à une si longue distance du canal, où ils restaient sans soutien, il n'en devenait que plus nécessaire de doter la défense de moyens d'exploration rapides et à grand rayon. L'aviation y pourvut. Le 28 novembre, un détachement du Royal Fling Corps venait s'installer à Ismaïlia et, le 30, la Foudre^ croiseur français, débarquait à Port-Saïd cinq

1. Rapport Wilson, il février 1915. A la suite de cet incident, la navigation fut, par précaution, interrompue dans le canal, dans la nuit du 20 au 21 novembre.

hydra'^ions qui établirent leur base en ce port^ Aéroplanes anglais et hydrayions frâEçaîs entreprirent l'exploration systématique du pays. Plus puissants que les avions britanniques, les bydraTÎons français poussèrent des reconnaissances à grande distance dans le désert, malgré les risques qu'ils couraient au cas où une panne les obligerait d'atterrir. Leur présence permit d explorer les deux routes par lesquelles on s'attendait à voir déboucher Tarmée turque. Au sud, les hydravions prirent leur vol du fond du golfe d'Akaba, où le croiseur Minerva les avait transportés. Le 9 et le H novembre, le lieutenant de vaisseau Destrem survole la région Akaba- Maan, poussant jusqu'à 30 kilomètres de cette dernière ville*. Le 16 décembre, le matelot Levasseur survole la même région et s'élève jusqu'à 2.200 mètres sans parvenir à franchir les montagnes qui forment le rebord du plateau arabique.

Ces reconnaissances, quoique négatives dans leurs résultats, prouvèrent néanmoins que, de ce côté, les Turcs étaient très loin, que la route offrait de grandes difficultés à la marche d'un important contingent; aussi le général Maxwell, estimant que le danger n'était pas immédiat, ordonna-t-il de ne plus essayer

1. Ces cinq sppareUs : iV-7, N-Uf N'42, N-iS, N-iU furent complétés, le 3 janvier, par les /V-/5^ iY-i6, N'i7\ ils étaient placés sous les ordres du lieutenant de vaisseau de TEscaille, commandant l'escadrille.

%. Située sur la t0Î6 ferrée du Hadj«Z| Blaaa pouvait servir de point de nuMembifiment à Itepéditioo d^stîoée à op^ker eoatre le canal de Suez.

4'aUeiBëre Maaii, « ^e "voulant pas, selftn sedi expres- «#n, pepifaiedes Appaniksi atiles^ ators ^e r^maeimi est hors d'atteifite ».

On n'en continua pas moins à surveiller la i^gioû. Le 3i décembre, le quartier-maître GraU revenait d'une reconnaissance sur Akaba, avec le capitaine anglais Stirling qui lui servait d'observateur, quand une panne de moteur obligea l'hydravion à atterrir dans le sable. La prise de contact avec le sol fut très rade. GraU, projeté à dix mètres en avaat de l'appareil, est gravement contusionné et sent qu'il ne pourra rejoindre que difficilement la côte distante de 30 kilomètres. Il conseille à Stirling de regagner seul le Minerva pour porter le compte rendu de la reconnaissance. Puis, sans oser brûler son appareil de peur que la fumée n'attire l'attention des Bédouins, Grall se met en route et marche péniblement vers la côte. Le loidemain, le Minerva envoie à la recherche du quartiernoiaitre, mais on ne le retrouve pas. Obligé à des détours pour éviter les patrouilles turques, Crall continuait sa marche très lente vers le rivage; il avait épuisé sa provision d'eau : ses forces étaient à bout; à cinq heures du soir, il aperçut enfin le Minerva j mais ne réussit pas à «'en faire reconnaître. Et bientôt il vit le navire appareiller et s'éloigner de la côte pour se soustraire au tir des canons turcs. A minuit seulement le projecteur du Minerva découvrit notre brave pilote exténué : il était sauvé....

Simultanément, des explorations avaient été eatre-

prises du côté du nord, vers la côte de Syrie et la frontière de Palestine. L'une d'elles, en direction d'El Arish, fut poussée jusqu'à Gaza en passant par Rafa, naguère poste frontière; on découvrit des troupes turques à El Arish : une centaine de tentes environ. Le feu qu'elles ouvrirent sur l'hydravion, qui ne volait encore qu'à une faible hauteur, faillit être fatal aux aviateurs. Pendant le trajet, deux pointes furent faites dans l'intérieur, jusqu'à une cinquantaine de kilomètres environ pour visiter les points d'eau. Nulle part, sauf à El Arish, on ne découvrit la présence de forces militaires. Nulle trace non plus de la construction d'un chemin de fer, dont une rumeur qui courait depuis quelque temps annonçait l'établissement à l'orée du désert*.

Ainsi les explorations aériennes n'avaient décelé aucun mouvement important à la surface du désert. L'ennemi viendrait-il jamais? Sur les rives du canal on commençait à en douter. Tout au plus le supposaiton en voie d'organiser ses bases d'opérations, et plusieurs mois s'écouleraient, sans doute, avant qu'il se sentît en état de tenter un effort sérieux contre l'Egypte. La situation des Britanniques allait s'améliorant de jour en jour dans ce pays. Aux vingt-cinq mille hommes de troupes indiennes qui constituaient en propre la défense du canal, étaient venues s'ajouter, au début de décembre, deux divisions d'Australiens et

1. Archivet de la Compagnie du canal de Suez, rapport Béret du 14 décembre 1914.

de Néo-Zélandais*. Ces troupes, arrivées à Suez le !•' et le 2 décembre, débarquaient quelques jours plus tard à Alexandrie, afin de recevoir en Egypte l'éducation et Tentralnement militaires qui leur manquaient. Tout naturellement, elles allaient constituer surplace une réserve de forces à qui Ton pourrait faire appel le cas échéant. La division territoriale East Lancashire et trois régiments de Yeomanry (Herts, Duke of Lancaster et Westminster Dragoons), avaient été également, pour plus de sûreté, arrêtés en Egypte. Ainsi, derrière les troupes de première ligne, c'était une réserve importante de trente à quarante mille hommes, stationnée dans le delta, qui se trouvait à même d'intervenir dans la lutte quelques heures après le début de l'action. En fait TAngleterre disposait maintenant, tant dans l'isthme de Suez qu'en Egypte même, de forces plus considérables que celles que les Turcs pouvaient réunir dans la Syrie tout entière. N'était-il pas probable, dans ces conditions, que l'ennemi, informé par ses espions, retarderait, abandonnerait peut-être une entreprise que l'on pouvait d'ores et déjà considérer vouée à un échec?

Tandis que l'on paraissait s'abandonner, dans l'isthme, à cette pousée d'optimisme, le croiseur anglais Doris ramenait en Egypte un moine dominicain qui avait été chassé de Syrie par les Turcs, avec les autres religieux français. Questionné, le

i. EUes constituaient le fameux corps Anzac, commandé par sir William Birdwood.

30 déejembrey à Tétat-maj^r du général Maxwell, il affirodÂ, sans autce pFéambuIer que lea Tures arriveraieftt jusqu'au canal da Suez, Ses paroles exci^ lèrent rhilarité généEale ; elles heurtaient les préjugés courants sur Le désert du Sinaï : n'était-ce pas un désert sauva^, lui disait-on, sans routes, sans eau^ où. L'infanterie succomberait à la chaleur? L'éclat de rire émoustiUa le moine; iL ordonne à un officier de prendre une plume et dicte : « Avant le début de mars i91S„ Les Anglais verront les Turcs sur le canal*. » Il donna ensuite des raisons de sa conviction.. Il avait vu de ses propres yeux, à Jésusalem d'abord, puis à Damas,, passer, se dirigeant sur le Sinaï, des soldats bien équipés, dont le nombre, disaient ses informateurs arabes, pouvait s'élever à vingt ou vingt-cinq mille hommes. Un matériel considérable et varié de pioches, pelles, fil de fer, barques, appareils téléphoniques et télégraphiques, etc., était transporté sur des chaxiots ou par des caravanes de mulets et de chameaux vers Bir Seba en suivant, une route d'étapes dont il signalait le nombre; du biscuit, préparé à Jérusalem, était envoyé à la limite, du désert pour la nourriture des troupes; les outres en cuir, les vases en fer-blanc avaient été réquisitionnés pour transporter Teau à travers le désert. Ce désert, d'ailleurs, sur lequel on ne parais-

1. Le 28 décembre, le lieutenant de vaisseau de TEscaille adressait de son c6té un rapport contenant ces mots prophétiques : « Les Turcs continuent à. préparer rinvasioa et tout porte à croire qjue, d'ici un mois, ils seront au contact des troupes anglaises. »

sait posséder à rétal-major que de» données vagues et incomplètes, le moine le connaissait pour Tavorr parcouru, accompagné de Bédouins, au cours de ses missions archéologiques. Il insista sur la possibilité p«ruT les Turcs de le traverser, surtout pendant l'hiver, soit par Tune des deux routes traditionnelles, soit par la piste tracée sur le plateau à égale distance de chacune d'elles, piste que, dans son langage tout imprégné de l'esprit biblique, il appelait la route des patriarches. L'accent de conviction, de sincérité qui se dégageait de ses paroles fit une grande impression, et ses déclarations furent le stimulant, le coup de fouet qui réveille l'esprit, lorsqu'une longue et vaine attente commence à l'assoupir.

Dans la première quinzaine de janvier, les autorités militaires reçurent de fréquents rapports sur les préparatifs ennemis en Syrie; elles apprirent que les Turcs avaient établi des postes et des dépôts avancés à Khan Yunis, El Ârish, El Auja et Kosseima. Les hydravions, dont les reconnaissances furent poussées surtout vers cette région, y étaient accueillis par des feux nourris; certains appareils furent atteints dans leurs ailes; il n'y eut heureusement personne de blessé. Cependant le pays situé à Test du canal restait vide de corps ennemis constitués, quoique fréquemment parcouru par des patrouilles de

Bédouins, accompagnées dans certains cas par des officiers allemands habillés à l'arabe*.

Ce n'est qu'à partir du 15 janvier que les Turcs commencèrent à donner des signes sérieux d'activité. Le 19, on signalait l'arrivée à El Arish d'une force ennemie importante. Le 20 janvier, le quartier-maître Trouillet, avec le lieutenant de vaisseau Cintré comme observateur, survolait Katia et y décelait la présence de troupes. Le 22, les lieutenants de vaisseau Delage et Cintré, lançaient des bombes sur Bir el Âbd; au retour, une panne les obligeant à amerrir, ils furent cueillis en mer par un torpilleur. Ce même jour, la présence d'éléments turcs est signalée àMoïa Harab et le renseignement se trouve confirmé le lendemain par une reconnaissance aérienne. A peu près au même moment, des rapports parvenaient à l'autorité militaire annonçant la présence de forces ennemies à Aïn Sudr, dans le secteur sud, tandis que les troupes montées de la défense prenaient contact au nord, avec des patrouilles ennemies près de Bir el Doueidar^

Le 23 janvier, une reconnaissance effectuée par le lieutenant de vaisseau de Saizieu, qui faisait ses premiers vols, signale vers El Auja et Kosseima un rassemblement évalué à quinze mille hommes avec de l'artillerie, et vers Bir Seba la présence d'environ dix mille hommes. En survolant ces localités, l'appareil est soumis à un feu violent. Le général Wilson

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