Même observation
LES PRÉPARATIFS MlUT AIRES 81
renforce les troupes de la défense du canal par les l** et 3* brigades de la division East Lancashire qu'il appelle du Caire (20 janvier), et qui se rendent sur des positions préparées à l'avance. Le 22 janvier, de petits détachements prélevés sur les réserves vont garnir les tranchées préparées le long de la rive Afrique.
Le 26, des forces évaluées à deux mille ou trois mille hommes chacune sont repérées à Bir Mabeiuk (est de Suez), à Moïa Harab (est du petit lac Amer) et Ouadi um Muksheib, tandis qu'au nord Tennemi s'avance et engage les troupes indiennes de la brigade du général Cox, près de Kantara. L'engagement est rompu à quinze heures trente. Le général Wilson décide alors de renforcer les secteurs nord et sud : deux bataillons de la 32* brigade, le 33* Punjabis et. le 4* Gwalior infantry, vont garnir les tranchées creusées le long de la rive Afrique, entre le poste de Bench Mark et Ballah, tandis que les généraux commandant les secteurs renforcent le personnel de tranchées de la rive Afrique au moyen de réserves locales ; au sud, le général détache les bataillons Otago et Wellington, appartenant à la brigade d'infanterie New Zealand, qui vient d'arriver du Caire, en renfort à Koubri et garde en réserve à Ismaïlia les bataillons Auckland et Canterbury.
En même temps les navires prennent leurs postes de combat dans le canal. Le Requin^ qui était rentré à Port-Saïd le 24 janvier d'une croisière sur les côtes de Syrie, avait repris son mouillage dans le lae
Timsah, le 25. Les navires de guerre Swiftsure^ Clio, Ocean^ Minerva^ de la marine britannique, entrent dans le canal le 26. Le Swiftsure, battant pavillOTi de l'amiral Peirse, prend position à Kantara, le Clio^ entre Ballah et El Ferdane, VOcean à El Shatt et le Minerva h Chalouf. Le croiseur français (fEntrecasteauœ est mouillé dans le grand lac Amer, près du phare nord, et le Proserpine à Port-Saïd. Le croiseur auxiliaire Himalaya vient à son tour prendre posi^ tion au kilomètre 140. Le transit des navires de cohîmerce, qui avait été interrompu le 25 janvier par ordre de Tautorité militaire, est repris dès le lende^ main. Mais on décide, par mesure de prudence, que la navigation n'aura lieu que de jour et que les navires passeront la nuit dans les lacs. Les chanfiers^ de la rive Afrique sont évacués. Les pompes qui refoulaient de Teau sur la berge Asie cessent le travail. Dans la section de Suez, tout le matériel qui se trouvait sur le canal est évacué, et, le 27, l'on ramène à Timsah la drague qui travaillait à El Ferdane.
Cependant les reconnaissances aériennes se multipliaient. Le 27 janvier, Fhydravion français piloté par le quartier-maître Le Gall et monté par le lieutenant Partridge, observateur, dut amerrir à la suite d'une panne. Les deux hommes gagnèrent le rivage à la nage. Ils se dirigeaient vers Port-Saïd, en suivant la côte, quand, dans la nuit, vers deux heures <iu matin, ils donnèrent dans une patrouille britannique qui ouvrit le feu et les tua tous deux.
Ce même jour, Tennemi reçut des renforts et s'établit sur une position retranchée à 5 milles environ à Test de Kantara, à cheyal sur la route d'El Arish. Le CHOj qui avait pris position la veille au soir au kilomètre 57, ouvrait le feu vers dix heures trente du matin, à l'extrême portée de tir, sur des troupes venant de la direction d'El Mahadah, point où l'ennemi avait été signalé en force le jour précédent. Le navire avait déjà tiré treize coups de canon, quand un télégramme informa le commandant qu'il tirait sur des troupes britanniques parties le matin en patrouille du poste d'Ismaïlia. Le feu cessa aussitôt; il n'avait causé aucun dommage ^ Dans le secteur sud, l'ennemi prononça, le 27, vers trois heures du matin, des attaques sur les postes de Baluchistan et d'El Koubri. Toutes deux furent re poussées sans pertes pour les Britanniques.
Âpres avoir t&té la ligne de défense au snd, l'ennemi effectua, le 28 au matin, une reconnaissance au nord sur Kantara. Marchant le long de la ligne télégraphique, il attaqua vers deux heures quarantecinq du matin un piquet comprenant un détachement du 14'' Sikhs, commandé par le capitaine Channer. L'action dura une demi-heure environ, sans que Tennemi réussit à avancer. Puis le feu cessa graduellement et, au jour, on constata que l'ennemi s'était retiré par étape au point 70 sur la roule de Kantara à El Arish, d'où cinq projectiles chargés
i. Rapport du H. M. S. CUû,
de lyddite tirés par le Swiftsure le délogèrent *.
Les journées du 29 et du 30 se passèrent sans incidents. Le 31, les derniers rapports des reconnaissances donnaient sur remplacement des troupes turques les renseignements suivants :
Dans le secteur nord : à Bir el Mahadah (18 km. au nord-est d'El Ferdane), sept mille hommes et six pièces de montagne; à Bir el Abd, mille cinq cents chameaux; à Katia, deux mille hommes, quatre mitrailleuses et dix canons démontables; à El Arish, trente canons et une force très importante non évaluée.
Dans le secteur sud : à Moïa Harab, huit mille hommes et deux pièces d'artillerie lourde; à Bir Mabeiuk, quatre mille hommes et six pièces de montagne; à Nakhl, une force importante non évaluée.
Au moment où les Britanniques entraient en contact sur les rives du canal avec les éléments avancés du corps expéditionnaire turc, le comité de guerre, réuni à Londres le 28 janvier, prenait la décision, si grosse de conséquences, de lancer les flottes alliées à Tattaque des Dardanelles. Il s'agissait d'opérer une puissante diversion contre la Turquie, en vue d'alléger, sur la demande instante du gouvernement russe, la pression que les Turcs exerçaient dans le Caucase sur l'armée russe*. La défense de l'Egypte