‹ Un érudit [microform]Chapitre 16 sur 43 · Le mot risque était encore alors du féminin. (L. d'A · texte numérisé non relu

Le mot risque était encore alors du féminin. (L. d'A

2. Voir ci-après une lettre de Bossuet au sujet de ce laquais de Huet qui avait fait partie d'une troupe de voleurs. (L. d'A.)

MADAME DE I. A FAYETTE

Du même jour.

M. de la Rochefoucault vous est sensiblement obligé de Tenvie que vous avez de l'avoir dans votre compagnie'; mais il vous supplie de vous contenter de cette bonne intention, et d'empêcher qu'on ne pense à lui. Je ne saurois assez vous dire quelle est sa reconnoissance. Il me prie de vous en assurer, et il vous conjure aussi de témoigner à tous vos messieurs combien il leur est obligé, et avec quelle joie il recevroit l'honneur qu'ils lui veulent faire s'il s'en croyoit digne. Il est charmé, aussi bien que moi, de l'histoire du Laquais.

Sur Tadresse, elle ajouta ces mots :

Il vous iroit remercier sans qu'il a la Goûte-.

1. Dans ses notes manuscrites, Huet parle de celte démarche faite au nom de plusieurs de ses confrères, auprès de l'auteur des Maximes; et il ajoute : « M. de La Rochefoucault refusa toujours de prendre part à l'Académiej parce qu'il étoit timide et craignoit de parler en public. » (L. D'A.)

2. D'autres billets ou lettres manuscrites de M'"'' de La Vergne La Fayette se trouvaient encore parmi les papiers de l'évèque d'Avranthes; on a dû cependant se borner à ne donner que celles qui pouvoient prétendre à quelque intérêt, ou qui fesaient connaître cette douce aménité, cette sincérité et ce dévouement à ses amis, dont M'"^ de Sévigné et tous les contemporains de M'"^ de La Fayette ont fait un si bel éloge. (L. d'A.)

MADAME DE BELLEFONT

Sans date. [i668.]

Je prévoyois bien, Monsieur, que votre ouvrage ^ me donneroit de nouveaux sujets d'estime pour vous ; mais je n'aurois pas osé me promettre qu'il m'eût engagée à augmenter ma reconnoissance. Je savois que je vous la devrois avec toute l'église, mais je n'espérois pas que vous me voulussiez faire une grâce particulière qui est si fort au-dessus de moi, que j'aurois eu beaucoup de confusion si, en recevant ces illustres livres, j'avois été capable de quelque autre sentiment que de celui de la joie.

Cependant, Monsieur, avant que de vous en écrire, j'ai voulu prendre la liberté d'en lire quelques passages, et je vous dirai sincèrement qu'il m'est arrivé sur cela deux

1. Ce livre est le commentaire d'Origène, écrit en latin, sous ce titre : Origenis commentaria in sacrain scripturam. (L. d'A.) Rouen, i668, 2 vol. in-fo.

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choses merveilleuses. La première, qu'après trois ans j'aye pu m'attacher à un livre sans blesser ma tête malade ; et la seconde, que je puisse seulement le quitter pour me donner l'honneur de vous écrire. L'estime de l'auteur et le mérite de l'ouvrage ont produit le premier effet, et mon devoir m'ordonne l'autre, auquel je satisfais avec beaucoup de ressentiment de l'honneur que vous m'avez fait, dont je vous rends mille grâces très humbles. Je n'ai encore lu qu'une partie de ce qui est proprement de vous, Monsieur. J'y ai vu les marques d'un travail immense^ dont on ne peut assez vous louer dans toutes les circonstances où vous l'avez entrepris et soutenu. Mais il est accompagné par tout d'un discernement si judicieux, qu'un esprit juste vous suit avec plaisir et veut bien que tout ce que vous avez trouvé est précisément ce que l'on auroit voulu chercher.

Je n'ai pas pu me deffendre des imaginations qui m'ont dépeint l'école d'Origène. D'abord je vous y ai regardé entre ses illustres disciples, et j'ai cru qu'il auroit eu un surcroît de joie fort considérable s'il avoit pu prévoir que vous auriez lu ses écrits avec tant d'application. Je ne pense pas même ni me tromper ni lui faire tort, si je vous considère dans une autre qualité. Car, puisque les grands hommes passent quelquefois de l'éloge à la censure, je crois qu'Origène vous auroit volontiers choisi pour juge, et qu'enfin, après avoir eu la gloire de vous avoir pour interprète, il se tiendroit heureux de vous avoir pour protecteur. Vous remplissez toutes ces qualités d'une manière si avantageuse pour lui, si équitable pour la vérité, si sincère pour l'église, qu'à mon avis, l'on n'y peut rien ajouter. Il y a peut-être de la présomption à vous

MADAME DE BELLEFONT

exposer si franchement ce que j'en pense; mais si c'est une faute, vous en êtes complice, puisque vous m'avez tentée d'orgueil en me donnant vos doctes ouvrages; et, si mon approbation leur fait une espèce d'injure, je la réparerai par mon admiration. Toutes les deux sont raisonnables à votre égard ; mais la dernière convient mieux à ce que je suis et à ce qu'on vous doit.

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