Fragment édité par M. C Trochon
BOSSU ET
lui mander qu'il ne manque pas, s'il lui plaît, de venir ici; s'il peut, dès demain, sinon mardi, ou plus tôt, pour les recevoir, et afin aussi que nous résolvions ce qu'il y aura à faire en exécution.
Mandez-moi des nouvelles de votre santé et croyez. Monsieur, que je suis à vous de tout mon cœur.
Autographe sans date ni signature.
Je vous prie, Monsieur, de ne parler point ni que vous ayez parlé, ni que je vous aye parlé de quoi que ce soit.
A Saint-Germain, dimanche soir
De conseil pris avec M. de Montausier, je ferai la leçon demain; et l'après-midi. Monsieur, nous ferons vaquer Monseigneur. J'envoye dès ce soir un homme pour vous en donner l'avis et vous prier de m'attendre àPAca-
1. Bien que cette lettre soit imprimée, nous la reproduisons, car elle nous semble expliquer la précédente.
K. BOSSUET
demie, où je ne manquerai point de vous voir. On me marque que la brigue est grande contre nous, et qu'on p'est servi du nom de M. de Colbert pour M. de Félibien. Je vous assure positivement que, lui en ayant fait parler par M"" le Duc de Chevreuse, il a dit qu'il ne prenait aucun intérêt à la chose et qu'il estimoit beaucoup Monsieur de Cordemoy K C'est ce que vous pouvez dire en secret à sept ou huit personnes, à condition de le dire à qui ils voudront, avec le même secret. On avoit dit aussi que M. de Paris seroit contre nous. J'ai sçu de lui-même qu'il n'en étoit rien; ainsi, nous n'avons point à craindre l'autorité. Nous verrons le reste. J'espère qu'avec votre secours tout ira bien. Vous n'aurez pas oublié M'" de Segrais.
A Saint-Germain, 22 novembre 1676.
Vous pouvez, Monsieur, vous assurer que dès la première fois que je verrai M'' le cardinal de Bouillon, je lui parlerai de l'affaire de M. Dubois avec toute la chaleur que mérite un homme que vous appuyez. Je suis très fâché de votre mal ; prenez tout le temps qu'il faudra pour
I. M. de Cordemoy fut en effet nommé. Bossuet, qui l'honorait de son amitié, l'avait placé près du Dauphin en qualité de lecteur. On distingue parmi les ouvrages qu'il a laissés un traité de la nécessité de l'histoire, de son usage, et de la manière dont il faut y mêler les sciences en la faisant lire à un prince. (L. d'A.)
BOSSUET
vous guérir. Dieu merci, je suis en état de faire ce qu'il faut sans en être incommodé. Je prie Dieu qu'il bénisse vos bonnes intentions sur le sujet de votre dessein ', et qu'elle les rende utiles à 1 Église, à qui un home comme vous peut rendre de grands services. Je suis à vous de tout mon cœur.
Jeudi matin.
Vous pouvez, Monsieur, différer, si vous l'avez agréable, votre voyage de Versailles à samedy matin. Je m'en retourneray demain et reviendrai samedy ici. Je vous prie de m'excuser.
Du jeudi à deux heures.
Je ne crois pas. Monsieur, pouvoir me rendre à Saint- Germain avant dimanche matin ; ainsi je vous prie de vous tenir prêt à suivre demain monseigneur le Dauphin. Si vous prenez la peine de vous rendre ce soir chez lui, je vous dirai ce qu'il y a à faire.
I . Huet s'occupait de son livre de la démonstration évangélique. (L. d'A.)
B O S S Ll F. T
A Saint-Germain, liindy, à midi.
J ai parlé. 11 n'y a rien à faire pour faire valoir la provision de M. Maruva, donnée contre l'ordre exprès de M'" le cardinal de Bouillon. Conseillez donc à M*" Dubois de céder honnêttement et de se soumettre absolument ; aussi bien, Monsieur, selon la disposition que je vois, il n'y a rien à faire que cela, et je vous assure, toutes fois, que j'ai dit toutes les raisons. Quand il aura fait ce qu'il faut à cet égard, après, s'il est honnête homme comme je n'en doute pas sur votre témoignage, nous tâcherons de raccommoder l'affaire.
XIH
A Paris, ce vendredy matin.
Je pensois, Monsieur, que je pourrois avoir l'honneur de vous voir ce matin. N'en ayant pas le loisir, je vous prie de me mander de vos nouvelles, et aussi de dire à M. Dubois qu'il continue toujours d être sage. J'ai encore parlé aujourd'hui de cette affaire, et je n'oublierai rien pour la faire réussir à votre satisfaction. Je suis à vous de tout mon cœur.