C'est-à-dire dépenser son argent. (L. d'A
2. Aurelius Victor, avec les commentaires qu'elle y ajoutait. (L. d'A.)
42 MADAME DACIER
ne m'ait pas fort enrichie, cela n'a pas empêché que je ne l'aye reçue avec toute la reconnoissance que je dois, et que je ne sois persuadée que j'en dois une bonne partie à vos sollicitations.
Au reste, outre les deux mille francs qui m'ont été ordonnés, j'ai encore eu dix pistolles sur les neuf cents livres que M'" de Montausier a fait ordonner pour l'imprimeur, à qui je n'en ai donné que huit cents, suivant ce que vous lui aviez promis et le traité qu'il avoit fait avec moi. Je crois que M'" de Montausier ne sera pas fâché que j'aye eu cette petite douceur, le libraire gagnant assez; aussi est-il le plus content du monde.
Je quitte la maison où je suis et je m'approche de la vôtre. Je souhaite de vous y voir bientôt et de vous y pouvoir assurer que je suis, avec bien du respect, Monsieur, Votre, etc.
MADAME DACIER
A Paris, ce 3i may 1681
Je n'avois garde, Monsieur, de faire imprimer ma préface sans savoir comment vous la trouviez et sans avoir reçu les remarques que je vous avois prié d'y faire. Je connoissois trop le besoin qu'elle avoit que vous vous donnassiez cette peine, et l'avantage qu'il y a de soumettre ses ouvrages à un jugement fin et délicat comme
le vôtre. Je vous rends donc très humbles grâces de vos bons avis et de la manière obligeante dont vous me les donnez, et je vous puis protester, Monsieur, que les marques publiques que j'ai donné de la parfaite estime que je fais de votre mérite ne sont qu'un crayon de ce que je pense. Vous voulez bien que je vous dise que Victor est presqu'achevé d imprimer, et que je vous fasse souvenir que vous m'avez promis d'écrire en ma faveur a M^ le duc de Montausier. Il est tems, s'il vous plaît, de me faire cette grâce. Je vous prie donc de vouloir bien lui mander que c'est vous-même qui avez fait le marche de D/c(ys ■ et de Victor, et que M. Rouland a eu neuf cents livres pour ce premier. C'est sur cela que j'ai entrepris de faire les avances de l'impression, La règle d'un Louis dor par feuille n'a été faite que longtems depuis le marché de ces deux livres, que M^ de Montausier a approuvé. Si l'on me payoit selon cette règle, je ferois une perte considérable qui m'incommoderoit extrêmement, et il y auroit bien de l'injustice de me traiter moins favorablement qu'un imprimeur. M. de Montausier est trop équitable, et vous avez trop de bonté pour moi ; je suis donc très persuadée que vous lui représenterez toutes ces choses, et je me repose entièrement sur votre sollicitude. Je vous prie aussi de parler de VIndke que j'ai fait à F,c(or, et d'avoir la bonté de m'en faire payer, et de représenter a M'- de Montausier que j'ai besoin de retirer l'argent que j'ai avancé. Je vous demande mille pardons, Monsieur,
,, D/dys rfe Crêie, qui, commenté par elle, fait partie, ainsi qu'At-re/ms Victor, de la collection du Dauphin. (L. D'A.)
MADAME DACIER
de la liberté que je prends. Je suis, avec beaucoup de respect, Votre, etc.
P. S. — Je voudrois bien savoir si vous n'avez jamais vu quelques bons manuscrits d'Anacréon.
A Paris, ce 6^ juillet 1681.
11 y a plus d\in mois, Monsieur, que Victor est achevé d'imprimer; mais cela ne me sert de rien, parce que M. Destanchau n'a pas encore fait scéler le privilège que vous prîtes la peine de lui donner il y a plus de quatre mois, et mon imprimeur dit qu'il y aurait du péril pour lui s'il me donnoit des exemplaires pour faire mes présens avant de Tavoir. Ce retardement est cause que je ne me suis pas encore donné l'honneur de vous remercier de la lettre que vous m'avez fait la grâce d'écrire en ma faveur à M'' le Duc de Montausier. J'attendois toujours de vous pouvoir mander le succès de votre recommandation; mais enfin je n'ai pu attendre davantage à m'acquitter de ce devoir, et je ne doute pas que tout n'aille le mieux du monde, puisque vous avez témoigné à M'" de Montausier que vous preniez quelque part à ce qui me regarde. Je vous rends donc mille grâces, Monsieur, de toutes vos bontés, et je vous supplie d'être bien persuadé que personne ne vous honnore plus que moi, et que je suis, avec beaucoup de respect, Votre, etc.
MADAME DACIER
A Paris, ce 27 de juillet 1681.
J'ai enfin eu mon privilège, et jeudy dernier je portai Victor à la cour ; mais , Monsieur, je m'apperçus bien nue vous n'i étiez pas, et je n'ai jamais mieux connu ce que vaut la protection d'un ami tel que vous. M' le duc de Montausier n'entendit point mes raisons sur Tmipression de cet auteur, et si vous n'avez la bonté de lu. écnre encore en ma faveur, je suis à la veille de faire une perte nui m'incommodera extrêmement. Je vous supplie donc. Monsieur, de lui vouloir représenter de nouveau l'mjustice qu'il y auroit à me traiter plus mal qu'un imprimeur, et de le faire souvenir que c'est un marché que vous avez fait et qu'il a approuvé, puisqu'il a fait payer M'' Rouland sur ce pied-lk. Mais j'ai déjà pris la liberté de vous écrire toutes ces choses; il n'est donc pas nécessaire de vous en dire davantage aujourd'hui. Je vous prie, au nom de Dieu, de me faire la grâce d'écrire à M. de Montausier au plutôt et lettre vue, si cela se peut, afin que votre lettre arrive avant qu'il ait parlé à M'' Colbert. M. Destanchau m'a promis de faire tout son possible pour empêcher qu'il ne lui parle avant qu'il ait reçu votre lettre. Faites-moi donc cette grâce, et soyez bien persuade, Monsieur, que vous n'obligerez jamais personne qui soit, avec plus de reconnoissance et de respect, Votre, etc.
MADAME DACIER
MADAME DACIER
A Paris, ce 14 d'août 1681.
Je suis bien persuadée, Monsieur, que vous avez de la bonté pour moi et que mes intérêts ne vous sont pas md.fférens. C'est ce qui m'a fait prendre la liberté de vous prier de vouloir bien solliciter pour moi M-' le duc de Montausier. Vous lavez fait. Monsieur, et quoique je croye bien que je ne gagnerai pas ma cause, je vous ai pourtant toute l'obligation imaginable, et vous rends .très humbles grâces de votre sollicitation et de la peine que vous avez bien voulu prendre pour moi. Cette petite disgrâce me rendra plus soigneuse à l'avenir; elle me fait voir qu'il ne faut pas s'appuyer si fort sur la justice des choses n, sur les apparences, et qu'il n'y a point d'affaires à quoy l'on ne doive apporter toutes les précautions Quoique cette perte m'incommode extrêmement je ne puis pourtant me repentir d'avoir entrepris cette impression. De tous les livres que l'on a fait pour monseigneur le Dauphin, il n'y en a guère de si bien imprimés que Victor, et j'ai bien de l'impatience que vous l'ayez vu Je crois que vous en serez satisfait, et je voudrois bien que vous pussiez l'être autant de ce que j'y ai fait. J'en serois je vous assure, extrêmement glorieuse, car il n'y a point d'approbation que je souhaite si passionnément que la vôtre, et je vous prie, Monsieur, d'être bien persuadé que personne n'est avec plus de véritable estime et de respect que moi. Votre, etc.
A Paris, ce 2 5 septembre 1681
Il n'étoit pas nécessaire, Monsieur, de me mander la réponse de M'' le Duc de Montausier ; il y a longtems que je vous suis très sensiblement obligée de votre sollicitation, et je vous prie de croire que, lorsque je vous en ai rendu grâces, c'étoit du meilleur de mon cœur, et après avoir été fort persuadée de toutes les peines que vous avez bien voulu prendre pour moi. Continuez-moi vos bontés, je vous prie, et me faites la grâce de ne douter jamais de ma reconnoissance.
M. Dacier m'a fait voir la belle ode que vous lui avez envoyé; je vous remercie de la part que vous m^avez donnée à ce présent. Si Aunay est aussi beau que les vers qu'il vous inspire, je ne m'étonne pas que vous y alliez passer les deux tiers de l'année, et que vous abandonniez Paris pour lui.
En vérité, je n'ai jamais rien vu de si charmant que cette ode, et la description que fait Horace de son Tivoli n'a garde d'être aussi belle que celle que vous faite d'Aunay. Quelque plaisir néanmoins que je prenne à lire les belles choses que vous faites dans cet agréable désert, je ne laisse pas d'être fâchée que vous les y fassiez : car cela nous fait voir que vous vous y plaisez fort, et que nous devons appréhender que dorénavant nous ne vous verrons plus ici que lorsque la mauvaise saison vous obligera d'y revenir. Souvenez-vous pourtant que les muses se plaisent
MADAME DACIER
extrêmement dans votre belle bibliothèque. Revenez donc et ne les en privez pas davantage ; mais surtout, Monsieur, croyez bien, je vous prie, que je suis, avec beaucoup de respect,
Votre très humble et très obéissante servante
Anne Le Fèvre.
BOSSUET
Samedi matin, sans autre date.
Je VOUS envoyé , Monsieur, un présent de M"" Gallois ', que j'ai reçu pour vous : vous voyez qu'il vous croit à Saint-Germain. Je vous renvoyé aussi un billet qui pourrait bien être pour vous. J'y ai appris cet important secret qu'on nous cherchoit un carosse ; mais autant seroit s'il y avoit eu autre chose. Je vous le renvoyé, à condition que l'adresse ne vous servira pasde titre contremoi. Vous êtes longtems sans nous venir voir, et, sérieusement, je m'en ennuie. Donnez-nous, du moins, de vos nouvelles,
I. Ce présent était probablement quelque ouvrage de l'abbé Gallois, écrivain très versé dans la connaissance des langues grecque et hébraïque, à qui Colbert avait confié la direction du Journal des Savants. (L. d'A.)
BOSSUET
et surtout revenez entièrement guéri. Personne, Monsieur, ne le souhaite tant ni n'est plus à vous que moi '.
A Saint-Germain, i 3 décembre 1674.
J'ai prié mon frère. Monsieur, d'avoir l'honneur de vous voir pour une affaire où j'espère que vous voudrez bien m'obliger.
Il vous nommera un homme qui postule pour une chaire vacante en droit canon, et je m^intéresse tellement pour lui que vous ne sauriez me faire un plus grand plaisir que de le protéger par vous-même, en lui donnant votre voix et en lui procurant celle de plusieurs personnes que je sais déférer beaucoup à vos sentimens. C'est assurément un fort bon sujet et un homme très capable, que j'ai des raisons si considérables d'affectionner que vous ne m'obligerez jamais davantage que de me donner en cette occasion des marques de votre amitié et de votre crédit.
Je suis. Monsieur, tout à vous, avec la passion et l'estime que vous sçavez.
* Bossuet signe : J. Bénigne B. évéque, de Condom (ou de Meaux), J. Bénigne, évêque de Condom, ou encore L'évêque de Condom.
BOSSUET
A Saint-Germain, le dimanche des Rameaux [iGyS].
J'ai écrit. Monsieur, comme vous l'avez souhaité, à M"" le cardinal de Bouillon, pour le prier de pourvoir M. Du Bois ï d'une manière plus assurée et de décharger le collège des fripons qui en ruinent toute la discipline. Quand J'aurai sa réponse, je ne manquerai pas de vous renvoyer, et cependant je demeurerai toujours, comme vous sçavez, très parfaitement, à vous.
A Versailles, 21 avril 1675.
Je vous supplie. Monsieur, si votre santé vous le permet, toute autre affaire cessante, de vous rendre ici sans tarder: c'est-à-dire, s'il se peut, demain matin avant midi ; mais songez principalement à votre santé. Je suis, Monsieur, très-parfaitement à vous.
1. On verra, par la suite de ces lettres, que ce M. Dubois, que Huet recommanda avec une persévérance infatigable, était assez peu digne de tant de témoignages d'intérêt. (L. d'A.) Ce M. Dubois, le même que celui dont parle Madame de La Fayette dans sa lettre du 19 septembre 1670, n'est évidemment pas le célèbre abbé ; en 1670 celui-ci n'avait que quatorze ans;
BOSSUET
A Saint-Germain, 20 novembre 1675.
Je ferai réponse au Père De la Rue, Monsieur, et je ferai aussi ce qu'il souhaite pour les exemplaires des Bucohques et des Géorgiques, c'est-à-dire que je vous renverrai tant ceux de Monseigneur le Dauphin que les miens, pour y faire ajouter les cartons , puisque vous voulez bien en
prendre la peine.
[Pour ce qui est de M. de Cordemoy, on veut absolument que son affaire soit assurée, et, selon ce qu'on me dit, je n'en doute pas. Je vous supplie de demander à M^ de Segrais son suffrage, dont je lui serai très obligé. Pour vous, Monsieur, vous savez combien je compte sur vos bontés et avec quelle confiance je vous les demande ■ .]
Je suis à vous de tout mon cœur.
A Saint-Germain, dimanche soir
J'ai re(;u. Monsieur, de devant Crambrai, des Provisions pour M . Du Bois. Je suis bien aise qu'il en apprenne de vous la nouvelle , et je vous prie en même temps de