De son exil. (L. d'A
2. Segrais, qui avait suivi M^'" de Montpensier à Saint-Fargeau. (L. d'A.)
MADAME DE LA FAYETTE
du feu artificiel dont on se chauffe tout le jour pour deux sols.
(A Huet, de la main de Segrais ')
J'ai répondu pour vous et pour moi. Trouvez- vous pour midi chez elle, ou me prenez en passant dans l'antichambre de Mademoiselle-.
Ce jeudy au soir, 1664.
Seisrneur Dieu, Monsieur, vous allez et venez comme pois en pot. Qui vous fait donc si bien trotter? Il semblerait quasi que ce seroit l'amour, à vous voir aller si
1. « 11 est à remarquer que parmi plus de trois mille lettres originales retrouvées avec les manuscrits du célèbre évéque d'Avranches, il ne se soit trouvé d'éciiture autographe de Segrais que les deux lignes écrites par lui au bas de ce billet de M""^ de La Fayette, en le renvoyant à Huet, ainsi que la lettre originale de Segrais à l'évêque d'Avranches au sujet de l'interprétation du 287^ vers du IV« livre des Géorgiques de Virgile, que Huet a fait imprimer en tète de sa xi'' dissertation touchant l'opinion des anciens sur l'origine du Nil, et l'explication de ces vers des Géorgiques. Cette pénurie est d'autant plus difficile à expliquer que, dans le journal de Huet, on voit qu'il a écrit plus de cinq cent lettres à Segrais. » — Ces lignes sont barrées et interpolées dans le manuscrit.
2. Segrais avait un logement chez Mademoiselle de Montpensier, en qualité de son gentilhomme ordinaire. (L. d'A.)
MADAME DE LA FAYETTE
vite, et il me semble qu'il n'y a que pour son service que l'on fasse tant de chemin. Je ne veux pourtant pas mettre votre voyage sur son compte, que vous ne m'ayez appris s'il le faut mettre sur le compte des affaires. Je suis très fâchée que vous n'ayez point reçu ma lettre. Je vous parlois d'Horace; je vous parlois de ma science, de mon bel esprit; enfin c'est très grand dommage pour ma vanité que cette lettre soit perdue. M. de Montausier et moi avons parlé de vous d'une manière à satisfaire la vôtre, quand même vous seriez aussi Gascon que vous êtes Normand; en un mot, nous avons dit de vous tout ce que j'en pense.
[Nous avons parlé du Virgile de M. de Segrais, lequel nous n'avons pas tant loué que vous. Assurément cet ouvrage, s'il n'est entièrement corrigé, n'aura pas une grande approbation. J'en viens d'écrire à M. Ménage, et je lui mande de vous en parler sincèrement, et de voir avec vous si on ne doit pas aussi en parler sincèrement avec M. de Segrais. C'est dans ces occasions qu'il faut montrer aux gens qu'on est de leurs amis. '] Cependant , comme je défère à vos sentimens et à ceux de M. Ménage, je ne] dirai que ce que vous jugerez à propos. Je n'ai pas même dit à M. de Montausier tout ce que j'en pense et tout ce que des gens fort connoissans en augurent. Pour n'être pas une amie si tendre ni si flatteuse que de certaines femmes, je n'en suis pas moins une bonne amie.