‹ Un été à la campagneChapitre 3 sur 45 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Les lettres qu'on va lire, correspondance de deux Jeunes filles, n'étaient pas, comme il sera facile de s'en convaincre, destinées à la publicité. Comment et par suite de quelles circonstances elles sont tombées entre nos mains, voilà ce qu'il importe peu défaire connaître au lecteur : V essentiel est qu'elles lui plaisent.

Comme nous ne voulons pas prendre notre monde en traître, nous engageons fort les gens à principes sévères, à mœurs aussi austères — nous l'espérons au moins — que leurs principes; nous engageons fort les chastes, les dévots, les prudes et tous ceux, en un mot, qui ont la prétention de faire leur salut à grand renfort de macérations et de continence, à bien se garder d'ouvrir ce livre, dont la lecture compromettrait gravement, nous les en prévenons, les chances

qu'ils peuvent avoir à une stalle numérotée dans le paradis.

En revanche, nous ne saurions trop recommander ces lettres à ceux qui ne prisent dans la vie que ce qu'elle offre d'agréable et d'attrayant; aux vieillards encore pleins d'imagination, d'ardeur, mais dont les forces, malheureusement défaillantes , ont besoin d'un léger stimulant; nous les prescrivons spécialement aux jeunes gens des deux sexes qui, à peine au seuil de V existence , ont la louable ambition de s'instruire et de dépenser le plus libéralement et le plus lestement possible la somme de jouissance que dame Nature, dans sa magnificence, a bien voulu leur départir.

Cela dit, et sans autre préambule, nous laissons la parole à nos deux aimables correspondantes.

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