‹ Un été à Meudon (volume 2)Chapitre 10 sur 36 · LA LAMPE DB SAINT*JUST · texte numérisé non relu

LA LAMPE DB SAINT*JUST

beauté du sang italien ; ses cheveux noirs ruisselaient sur ses épaules; sa poitrine haletait ; ses yeux respiraient une su perbe résolution*

— Ma foi, Joës la trouvera où il pourra^ dit un des hommes d'armes; mais n'oubliez pas, sire Jean, que nous avons treize expéditions pareilles à oelle-ci à faire pour cette nuit, et que nous n'en finirons pas, si nous nous arrêtons aux larmes de tous les Lombards que nous avons à chasser*

— Tu as raison, dit le chevalier pensif. Allons^ jeune fille^ apprêtez-vous : on va vous conduire à la porte de là ville.

— Par la nuit et le froid ! dit Lubiano : c'est tuer cette enfant. Méséricorde pour ellel miséricorde. Monseigneur l ne la chassez pas de la ville !

— Ohl ne me chasse padi s'écria Diana à genoux; laissemoi cette nuit dans Narbonne c je la passerai sur la pierre de notre seuil; muette et couchée comme une morte, je ne dirai rien* Sur le salut de mon âme, j'attendrai Joês, voilà tout ; je l'attendrai toute la nuit ; et s'il n'est pas venu au jour, tomme je serai sans doute tout à fait morte de douleur et de froid. Ton ne pourra vous accuser, en voyant mon cadavrei de ne pas avoir rempli votre devoir et d'avoir eu pitié da moi.

Jean était prêta s'attendrir. Tout à coup un bruit de chevaux se fit entendre. Diana s'élança vers la porte^ mais la lueur des torches la fit rentrer;^et la voix insolente du Galois de La Baume jeta de la rue ces paroles au jeune chevalier :

— Ahl l'on voit bien que nous sotnmes au quartier du sire de Lille-Jourdain : rien ne le presse d'obéir, et il suit l'exemple de son père dans l'exécution des ordres du roi. Que Dieu prenne les traîtres en pitié!

Et il repartit au trot de ses chevaux.

Jean comprit que le Galois de La Baume, qui avait dénoncé son père pom* lui ravir sa lieutenance générale du comté de Narbonne, ne manquerait pas d'ajouter cette accusation à toutes celles qu'il avait inventées. Il détourna donc ses regards de la jeune fille, et cria à ses hommes d'armes d'en finir. Diana, s'attachant à lui, poussait de vifs sanglots, ôt lui de* mandait à genoux de la tuer et de ne pas la chasser ainsi ; mais il la repoussa rudement. Elle tomba presque évanouie

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