‹ Un été à Meudon (volume 2)Chapitre 14 sur 36 · M ^ «LA LAMPE DE SAINT-JOST · texte numérisé non relu

M ^ «LA LAMPE DE SAINT-JOST

main ; je te jure fur mon ftme que je ne Tapproehitt^ pas : seulement que je la voie une dernière fois.

Aussitôt Diana et Jean s'avançaient yen Rasselinde^ qui s'était réfugiée, tremblante, dans les bras de la dame de Lille- Jourdain. La jeune fille considérait Diana avec un effroi insurmontable; Jean lui-même, tout en la retenant violemment par la main, lui obéissait par Une sorte de repentir vague. A ce moment, et lorsqu'un silence profond s'était établi entre toutes ces personnes, Diana, arrivée en face de Rasselinde, leva son voile, et, poussant Jean vers la jeime fille, elle lui cria :

— RasseUnde de La Baume, voici Jean de Lille-Jourdain, votre fiancé, que vous présente Diana Marrechi!

A ces paroles, à ce mouvement, la foudre sembla avoir éclaté sur la tête de ces infortunés. Jean quitta convulsivement la main qu'il tenait, Rassêlinde tomb& à genoux, et la dame de LillenJourdain resta immobile et glacée» Diana se prit à rire.

— - Eh bien! sire de Lille^ourdain, s'écria^t^elle, où ioni tes remparts et ton épée, contre la vengeance d'une pauvre femme? Misérable 1 qui me regardes avec des yeux stupides! oui, c'est vrai, je suis pestiférée, et tu portes en toi les germes de ta mort. Oh! vois donc maintenant comme ta fiancée est belle! Non» Joèz n'était pas si- beau, sur mon âmel

Rasselinde, égarée, voulut se jeter dans les bras de Jean *, mais lui, l'évitant avec terreur^ s'éoria i

— Oh S ne m'approche pas!*, je ne suis plul ton fiancé!'... Va-t'en! va-t'en!

—- C'est mon fiancé^ à moi! dit Diânà en l'élançant vers lui; regarde, Rasselinde, conime je l'aihie!

Et aussitôt, s'attachant à lui eommé un serpent, elle Ten^ laça de ses bras, couvrant son front et les lèvres de baisers hideux, hurlant comme une hyène qui déchire sa proie; et pendant cette Horrible lutte, di la mère ni la maltresse de Jean n'osèrent lui porter secours. -Elles le voyaient se débattre sous ces affreux embrassements, et ne savaient que pleurer et crier. Des valets accoururent, qui^ à l'aspect de Diana, res^ tèrent immobiles sur les portes, n'osant pas s'approcher de

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